jeudi 22 août 2019

La Débâcle - Romain Slocombe


































LA DÉBÂCLE
de Romain SLOCOMBE
Éditions Robert Laffont

Du 10 juin 1940, quand le gouvernement s’enfuit de Paris, au 17, où Pétain annonce la demande d’armistice, huit jours qui ont défait la France. 

« Le niveau d’essence dans le réservoir baissait dangereusement. Mme Perret se plaignait en permanence, se disputait avec Bernard qui voulait lui prendre la carte. À l’horizon en face de la colonne montaient de grandes lueurs orangées : un bombardement ? Des dépôts de carburant en flammes ? Exténuée, sentant le mal au cœur revenir, gênée dans ses vêtements moites de transpiration, sa combinaison trop serrée, Jacqueline a fini par s’endormir, la tête sur l’épaule de la domestique et le chien sur ses genoux, bercée par les grincements d’essieux, les hennissements et le claquement des sabots, et un chœur de filles qui, quelque part derrière, chantaient du Tino Rossi… »
Jetés sur les routes de l’exode, une famille de grands bourgeois, un soldat, un avocat fasciste, une femme seule et beaucoup d’autres, dans une vaste chasse à courre à l’échelle d’un pays où nul ne sait encore qui sonnera l’hallali.
Avec 
La Débâcle, tout à la fois fresque au vitriol, road-trip hyperréaliste, chronique d’une débandade et récit initiatique, Romain Slocombe ajoute une pièce maîtresse à son grand roman noir national.

Romain SLOCOMBE,

Né à Paris dans une famille franco-britannique, Romain Slocombe a écrit plus de vingt romans, dont Monsieur le Commandant (prix Nice-Baie des Anges, prix Jean d'Heurs, Trophée 813, sélection du prix Goncourt), Première station avant l'abattoir (prix Mystère de la critique, prix Arsène Lupin) et L'Affaire Léon Sadorski, qui a reçu le prix Libr'à Nous et a également figuré sur la liste du Goncourt.

Grybouille,

« Roman noir national » 

Roman, oui, puisque les personnages sont imaginés par l’auteur.

Noir, je dirais plutôt réaliste, très proche de ce que nos anciens nous ont rapporté de ces jours terribles.
Mais, le réalisme n’est pas une couleur alors…
Alors, la couleur, plutôt les couleurs, bien sûr la couleur noire fait partie du tableau dépeint par Romain Slocombe en ces heures sombres de notre histoire.
Mais, il y a aussi du rouge par le sang versé, du bleu pour ce ciel d’été d’où l’aviation allemande surgit pour bombarder le peuple de France. Du rose, car au milieu de cette folie l’Amour reste un refuge.
En fait, le lecteur passera au rythme de ses émotions par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel…

National, au sens large du terme, dans cette « Débâcle », tous les peuples de France sont mêlés, entremêlés dans ce destin tragique. Car les bombes et les balles fauchent sans distinctions hommes, femmes, enfants et peu importe leurs origines.

Un Romain Slocombe à son meilleur, l’auteur nous raconte au temps présent un passé où les comportements des individus sont exacerbés.

Et qui pouvait le mieux nous plonger dans ces moments de notre histoire, après nous avoir déjà livré des romans tel que « Monsieur la Commandant » ?
Qui, depuis des années, nous embarque dans ces moments terribles, ou le bien et le mal se livrent une lutte acharnée dans cette France de la seconde guerre mondiale ?
Qui consulte autant de documents pour nous livrer des écrits si réalistes ?  (voir les dernières pages du livre).

Romain Slocombe, bien évidemment.

Alors allons-y, laissons-nous embarquer.

L’histoire dans la grande Histoire…
Les lecteurs (trices) vont suivre plusieurs destins. La route, entendez la direction vers le sud, est la même, mais les personnages vont vivre des expériences bien différentes…

Paris, les dépôts d’essence aux portes de la capitale brulent, les allemands ont traversé la Seine.
« Ils sont à Mantes… »
Chassés par les brumes nauséabondes, les parisiens rejoignent sur la route de l’exode la longue colonne des réfugiés venant des autres régions où des combats se déroulent encore.

Une studebaker noire quitte l’avenue d’Eylau, quartier du Trocadéro.  
Le but ? Rejoindre Châteauneuf s/Loire, direction la Route Nationale 20.
A son bord, une famille de la bourgeoisie parisienne avec arme et bagages, la famille Perret :
 Le père Jean-Frédéric qui travaille pour une société allemande, « Eh oui… Nous avons été, et sommes toujours, gouvernés par des incapables… »
La mère Laure, « Nous avons enfin réussi à obtenir la communication avec Châteauneuf… »
Jacqueline, adolescente de 14 ans aux yeux verts ravageurs « Mais qu’est-ce que cette guerre va faire de moi ? », son journal vous le dira peut être ?
Son frère ainé Bernard que son père qualifie de « Le jeune imbécile… »
Sans oublier « Mounette », la domestique et « Zig », le  chien…

L’armée française bat en retraite depuis chez les Belges.
Alors que certaines unités font face, sans l’appui de l’aviation, sans moyens, dépendant d’un état-major et de politiciens prompt à se replier derrière la Loire, les soldats français vont craquer face au rouleau compresseur allemand…
Un sentiment va naitre au sein de ces français en uniforme, et qui va justifier certains  comportements : « On a été vendus, trahis, les généraux et les politiciens vont s’arranger entre eux… sur le dos du français de base ! »

Au milieu de  cette armée qui se liquéfie, Lucien Schraut, photographe dans le civile, fait son devoir, loin d’Hortense sa compagne… Puis coupé de son unité, devenu gibier, un but, rejoindre son aimée. Paris…

Et puis, il y a ceux qui ont choisi leur camp dans les méandres du monde des décideurs… Paul Guirlande, avocat a choisi le sien, celui des vainqueurs dans ce nouveau gouvernement qui se dessine. Partir ou rester à Paris ? Marie-Louise, son épouse, le suivra quoi qu’il décide. Alors…


Pom, pom, pom, pôm, Romain Slocombe vous parlera également :

des français formidables qui n’ont rien lâchés
de ceux qui ont subis, mais qu’aurions-nous fait ?
des salauds
des généraux de la Cagoule
des arrangements politiciens
d’un monde qui a existé…

Alors ?
Rejoignez Romain Slocombe, qui nous livre un roman sans concession, poignant, réaliste, un voyage porté par le talent du romancier.

« Haut les cœurs, patience et espoir toujours. »

« Vive La France »

Grybouillement vôtre,
Et bisous à la petite Odette… Ceux qui liront, comprendront…



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