vendredi 16 novembre 2018

Le Pêcheur à l'honneur aux éditions Gallmeister !


Le Pêcheur à l'honneur aux éditions Gallmeister !


Sur la tombe du pêcheur inconnu - John Gierach [Traduction : Anatole Pons]

Itinéraire d'un pêcheur à la mouche / Testament d'un pêcheur à la mouche - John D. Voelker [Traduction : Jacques Mailhos] [Illustré par Glenn Wolff]


Tous les amoureux de nature writing le savent, le bonheur vous attend aux éditions Gallmeister !
J'avais ainsi envie de mettre en avant ces trois titres ensemble, trois titres qui ont la pêche en commun mais aussi : la philosophie, des leçons de vie, des anecdotes amusantes, une beauté dans la prose, une traduction magnifique, des paysages inoubliables, une plume unique...

Je ne suis pas pêcheur mais depuis ma lecture du magnifique récit Et au milieu coule une rivière, j'ai une fascination pour cette activité qui demande de la patience et une capacité à contempler le monde qui nous entoure, à apprécier le moment présent. Chaque pêcheur est un philosophe (qui s'ignore ou non).


John Gierach et John D. Voelker sont ainsi deux écrivains-pêcheurs incontournables, deux monuments de la littérature américaine qui méritaient cette belle mise à l'honneur au sein des éditions Gallmeister. Deux auteurs que j'aime énormément, deux auteurs qui savent nous toucher, nous interpeller. 

Avec Sur la tombe du pêcheur inconnu, John Gierach nous apporte un peu de sagesse dans notre quotidien, il nous permet de nous poser dans une société qui ne s'arrête jamais. Il nous permet de remettre en perspective ce qui est essentiel et de nous faire comprendre le véritable sens de l'importance. C'est un témoin de son temps, de son époque, un être en mouvement et qui nous tend la main pour l'accompagner quelques temps au cœur des paysages sauvages.

John D. Voelker est plus malicieux, l'humour se mêle à la philosophie, les questionnements s'entrecroisent aux anecdotes décalées. On peut penser un peu à Bill Bryson en lisant Voelker. Son itinéraire et son testament sont deux récits à lire ensemble, deux textes complémentaires, deux odes à la nature, à la pêche à la mouche. Ce sont deux livres que je vais lire et relire, que je vais offrir aussi. Deux textes dont on aime redécouvrir certaines citations, deux œuvres qui restent avec nous même après la fin de leur lecture.

Amoureux de la littérature nord-américaine, amoureux du nature writing, je vous invite à découvrir ou redécouvrir deux auteurs incontournables. Venez à la rencontre de John D. Voelker et John Gierach. Avec les deux John, vous ne verrez plus jamais la nature et la vie de la même manière !



jeudi 15 novembre 2018

Actes Noirs : Dura Lex & Écorces vives !


Actes Noirs à l'honneur sur le blog avec...:


Dura Lex - Bruce Desilva 


Traduction : Laure Manceau
Résumé : À la fin des années 1980, Kwame Diggs, le plus jeune tueur en série de l’histoire, a sauvagement assassiné deux femmes et trois petites filles avec des couteaux de cuisine avant même d’être en âge de conduire. Lors de son arres­tation, il y a dix-huit ans, le Code pénal de Rhode Island prévoyait que tout délinquant juvénile, quel que soit son crime, soit libéré à vingt et un ans. Il devrait donc être sorti de prison depuis des années mais il est toujours derrière les barreaux, à cause de condamnations supplémentaires pour possession de drogue et agression de deux gardiens. Le fait que ces accusations soient montées de toutes pièces est un secret de Polichinelle, mais ça ne gêne personne, et surtout pas Mulligan, qui avait enquêté pour le Dispatch à l’époque des faits et qui redoute d’autres meurtres si le tueur est re­mis en liberté. La direction du journal, en revanche, n’est pas du même avis : si l’administration n’est pas inquiétée pour ce coup monté contre un tueur, elle pourra se per­mettre le même type d’agissements avec n’importe qui.
Peut-on prendre des libertés avec la loi au nom de la sé­curité ? C’est autour de ce dilemme éthique que le journal, et l’opinion, se déchirent. Mulligan, de son côté, reprend ses investigations et se lance dans une course contre la montre pour maintenir le criminel en détention. Parce que si le meurtrier est relâché, partisans du droit et défenseurs de l’éthique risquent de se retrouver dans le même camp : celui des proies.


Chronique : Je découvre enfin la plume de Bruce Desilva et après la lecture de Dura Lex, une chose est sûre, je vais lire ses autres romans !

Dura Lex est un polar extrêmement intelligent, très bien ficelé, addictif et qui mérite vraiment d'être mis en avant !

Tout commence dans le sang et la violence, tout commence dans le meurtre. La première partie du livre nous plonge immédiatement dans une atmosphère sombre, angoissante et très prenante. Les pages défilent et le lecteur ne peut que saluer le style addictif de Bruce Desilva, traduit par Laure Manceau (une très grande traductrice ! Elle a notamment traduit Bull Mountain, mon "Actes Noirs" préféré).

Mais la première partie se termine et voilà que l'intrigue principale commence. Dura Lex n'est pas un thriller sur un tueur en série mais un thriller qui traite de la morale, de l'éthique. De la difficulté à différencier le bien et le mal, de savoir ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Ce roman est ainsi passionnant car il permet au lecteur de se questionner, de remettre en question ses certitudes au profit d'un raisonnement moins manichéen.

J'ai lu ce livre d'une seule traite, du fait d'un style très fluide, de chapitres courts et efficaces, Dura Lex est à la fois un véritable page turner et un thriller incontournable et très intéressant.

Enfin, même si ce livre est le troisième livre avec le personnage de Liam Mulligan, je n'ai pas été dérangée, ce roman peut ainsi parfaitement se lire sans avoir lu les deux précédents (je lirai très prochainement les deux premiers pour voir si j'ai raté des clins d'œil ou des informations essentielles). 

En définitive, Dura Lex est un des meilleurs polars de cette année !














Écorces vives - Alexandre Lenot


Résumé : C’est une région de montagnes et de forêts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent éviter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espérait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaît dans les bois. La rumeur trouble bientôt l’hiver : un rôdeur hante les lieux et mettrait en péril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection à la franche hostilité, à l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivée, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas né ici.
Écorces vives est construit sur une tension souterraine, un entrelacs de préjugés définitifs et de rancœurs séculaires. De ce roman noir – qui est aussi fable sociale, western rural, hommage aux âmes mélancoliques et révoltées – sourd une menace : il faut se méfier de la terre qui dort…






Chronique : Écorces vives est un roman qui signe les premiers pas prometteurs d'un nouvel écrivain sur la scène littéraire française !

Dans la tradition du country noir américain, dans la lignée du rural noir français, Alexandre Lenot s'inscrit dans cette nouvelle vague d'auteurs français qui dépeignent une intrigue au cœur des coins reculés, permettant ainsi aux lecteurs de découvrir des paysages loin des cartes postales, permettant ainsi de donner une voix à ceux que l'on a trop souvent ignoré.

Si vous avez aimé Rural noir de Benoit Minville, Aux animaux la guerre de Nicolas Mathieu ou encore les romans de Franck Bouysse ou ceux de l'Américain David Joy, ce livre est fait pour vous ! Sans renouveler le genre, l'auteur imprègne sa plume et son univers, apporte sa propre marque et s'inscrit dans un genre que j'aime énormément.

Entre le polar et le roman social, ce livre est à la fois très addictif du fait de son atmosphère, de son histoire mais est aussi profondément humain du fait de cette description de chaque personnage, des êtres brisés, des êtres violents, des êtres perdus et des êtres nourris de préjugés, de haine et de désillusions.

J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, j'ai beaucoup aimé cette montée angoissante de l'ambiance. Après si je devais émettre un bémol je dirai que les protagonistes manquaient de nuances, ils étaient trop manichéens voire caricaturaux. Je préfère un style moins parfait, moins travaillé au profit de protagonistes plus complexes et ambigus.

En définitive, un bon premier roman, j'ai hâte de lire le prochain de l'auteur !



lundi 12 novembre 2018

Le Meurtre du Commandeur - Haruki Murakami



Lu en : V.F.
Traduction : Hélène Morita
Résumé : Quand sa femme lui a annoncé qu’elle voulait divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d’inspiration, a voyagé seul à travers le Japon. Et puis, il s’est installé dans la montagne dans une maison isolée, ancienne propriété d’un artiste de génie, Tomohiko Amada.
Un jour, le narrateur reçoit une proposition alléchante : faire le portrait de Wataru Menshiki, un riche homme d’affaires. Tandis que celui-ci pose comme modèle, le narrateur a du mal à se concentrer. Quelque chose chez Menshiki résiste à la représentation.
Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une œuvre d’une grande violence, le meurtre d’un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C’est Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges se produisent, comme si un autre monde s’était entrouvert. À qui se confier ? À Menshiki ? Mais peut-il vraiment lui faire confiance ?


Chronique : Haruki Murakami est le plus grand écrivain japonais de son temps, un écrivain connu de tous, son nouveau roman Le Meurtre du Commandeur était donc très attendu !

Après avoir lu Kafka sur le rivage, 1Q84 ou encore Écoute le chant du vent; je suis très heureuse de retrouver la plume de cet auteur. Je ne lis pas énormément de littérature asiatique, je dois encore agrandir ma culture générale en la matière mais chaque lecture en compagnie d'Haruki Murakami est un beau voyage.

Le Meurtre du Commandeur est un livre unique, original et qui possède un souffle onirique sublime. L'écriture de ce romancier est absolument magnifique et ce d'autant plus que la traduction d'Hélène Morita met en lumière toutes les nuances et toute la beauté du style Murakami.

En entrant dans ce roman, le lecteur va complètement oublier tout ce qui l'entoure, il va plonger au cœur d'une histoire fascinante, étrange. C'est comme un rêve éveillé, une fiction éblouissante qui ne peut que nous surprendre.

Ce roman met en exergue la thématique de la création artistique. "Une idée apparaît" et "la métaphore se déplace". Comment une idée prend forme, comment elle se nourrit de son créateur pour prendre vie sous sa plume, son pinceau ou autre.

En quête de réponses, en perpétuel questionnement existentiel, au cœur de la solitude, le protagoniste principal est un être perdu, un artiste en panne d'inspiration. Haruki Murakami possède le don de nous conter une histoire entre la fiction et la vérité, entre le rêve et la réalité, une histoire que seul lui peut nous raconter.

En définitive, Le Meurtre du Commandeur est un des meilleurs romans de cet auteur. Que vous soyez ou non un connaisseur de son œuvre, vous adorerez ce livre !


Le Monde de Christina - Christina Baker Kline

Lu en : V.F.
Traduction : Marieke Merand-Surtel
Résumé : Du monde, Christina Olson n’a rien vu. Paralysée depuis l’enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l’extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d’aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d’ailleurs.
L’arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu’une amitié naît entre elle et le couple, Christina s’interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d’Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l’objet d’étude d’un artiste, d’un homme ?
L’art est le reflet de l’âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu’elle aurait tant désiré être…






Chronique : Après ma très bonne lecture du Train des orphelins, j'avais hâte de lire Le Monde de Christina, le nouveau roman de l'auteure américaine Christina Baker Kline.

J'aime énormément les publications de la collection Le Cercle chez Belfond, chaque publication possède son propre charme et un personnage principal inoubliable

Avec ce roman, Christina Baker Kline nous raconte une histoire qui a eu lieu, une histoire dans la Grande Histoire, une histoire qui se cache derrière un tableau, une histoire qui permettra au lecteur d'en apprendre plus sur le monde de l'art et de la peinture américaine.

Je ne connaissais pas Andrew Wyeth avant cette lecture mais je me suis empressée en terminant ce livre de regarder son œuvre et plus particulièrement son tableau Le Monde de Christina (que je trouve magnifique).

Ce roman est très émouvant et ce grâce à cette héroïne. Christina est une femme incroyable, elle est forte, courageuse, elle possède une force de caractère qui inspire l'admiration. Au travers du regard d'un artiste, cette femme va se révéler, se dévoiler, se mettre à nue.

J'ai énormément aimé ce livre car j'y ai énormément appris mais j'ai aussi été très touchée par ce destin, par cette femme, par cette rencontre entre une femme au corps brisé et un artiste passionné. Une rencontre qui va changer leur vie, qui va leur apporter mutuellement.

En définitive, une très belle lecture qui confirme tout le talent de Christina Baker Kline !



samedi 10 novembre 2018

The Regiment - Brugeas & Legrain



































The Regiment_ L’histoire vraie du SAS_ Tome 1

L'histoire vraie du SAS, les forces spéciales de l'armée britannique.
Pour faire face à l'écrasante supériorité de l'Afrikakorps de Rommel, des officiers ont l'idée de créer un petit régiment d'hommes surentraînés, voué à combattre exclusivement derrière les lignes ennemies.

The Regiment_ L’histoire vraie du SAS_ Tome 2

Après une période d'entraînement et de missions de reconnaissance, le SAS lance ses premiers raids sur les aérodromes allemands.  

Dessinateur_ Thomas LEGRAIN
Son goût pour le réalisme et les décors méticuleux, son cursus en histoire et en criminologie, l’emmène vers la bande dessinée historique.
Scénariste_ Vincent BRUGEAS
Passioné d’histoire, Vincent est historien de formation. En attendant de pouvoir être publié, il tient un poste de bibliothécaire. Plutôt que d’enseigner l’histoire, il choisit de la raconter.

Grybouille,

Une époque où les renards du désert se livraient une guerre sans merci.
Dans ce vaste espace, où les déplacements se comptaient en centaines de kilomètres les règles liées à l’engagement des unités allaient devoir être réinventées.

Pour l’infiltration et la destruction des infrastructures de l’ennemi, rien ne vaut de petites unités mobiles, constituées de guerriers plutôt que de militaires.
Leurs constitutions :
·         Le Long Range Desert Group était une unité de l'armée britannique, sur le théâtre
 d’opérations d’Afrique du Nord. Cette unité spécialisée dans la reconnaissance s’infiltrait derrière les lignes ennemies pour des opérations commandos.
·         Le Special Air Service est une unité de forces spéciales des forces armées britanniques,
mise au point en 1941 en Égypte par le lieutenant David Stirling alors qu'il séjournait à l'hôpital après un accident de parachute.

Dans ces bandes dessinées, le lecteur partage la vie de ces hommes hors normes qui loin de leur pays vont engager le combat avec les armées allemandes et italiennes qui jusqu’à là,  n’avaient connues que des victoires.

Pour ne rien gâcher, dans ces unités des « frenchies » étaient présents, Cocoricoooooooo 

L’histoire, qui relate l’aventure de héros, les personnages et les évènements ont existé.

En septembre 1940, l’armée italienne envahie l’Égypte. En face, une armée anglaise qui se remet difficilement de la campagne de France.
David Stirling est un officier dont le tact et la diplomatie ne sont pas les points forts.
Il réussit à obtenir le commandement d’une toute nouvelle unité, la L Détachement du Special Air Service.
Le général Ritchie lui confie, six officiers, soixante hommes, un grade de Capitaine, et la nécessité de réussir comme feuille de route.
Et évidemment, le recrutement va être à la hauteur de la tâche.. .

Les albums,

Les deux bandes dessinées, que j’ai lues, sont superbes.
L’histoire de ces hommes se doit d’être relatée et la manière dont elle nous est contée est une grande réussite. Les bulles et l’organisation du scénario sont tout simplement parfaits.
Les dessins, la mise en couleurs renforcent le plaisir  de la lecture.
La qualité des matériaux employés, couverture solide et planches en papier glacé, renforcent la sensation d’avoir en main un très beau produit.

Le p’tit Duc tire son chapeau à toute l’équipe qui est  intervenue dans la réalisation de « The Regiment ». Et bien sur, un grand MERCI aux éditions Le Lombard pour leur confiance.

Le tome 1 m’a été offert par Léa au Noël dernier et depuis je guettais la suite. Et bien, le plaisir est intact, même grandissant je vous l’avoue. Le plus dur ? Attendre la suite.. .

Amis (ies) lecteurs (trices), à l’approche de la Noël, vous voulez faire plaisir à un de vos êtres chers qui aiment les bandes dessinées ?
Et bien, voilà une collection qui est à la hauteur de vos recherches.

A bientôt,
N’oubliez pas, « La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté » F. Mauriac
Alors continuez à rêver.. .