vendredi 18 août 2017

La beauté des jours - Claudie Gallay

Chronique de Scarlett 
Résumé :Jeanne mène une vie rythmée par la douceur de l’habitude. Elle était jeune quand elle a épousé Rémy, ils ont eu des jumelles, sont heureux ensemble et font des projets raisonnables. Mais Jeanne aime aussi le hasard, les surprises de l’inattendu. L’année du bac, un professeur lui avait fait découvrir l’artiste serbe Marina Abramović. Fascinée par cette femme qui engage son existence dans son travail, Jeanne a toujours gardé une photographie de sa célèbre performance de Naples : comme un porte-bonheur, la promesse qu’il est possible de risquer une part de soi pour vivre autrement. Quand Jeanne s’amuse à suivre tel ou tel inconnu dans la rue ou quand elle calcule le nombre de bougies soufflées depuis son premier anniversaire, c’est à cet esprit audacieux qu’elle pense. Surtout cet été-là. Peut-être parce que, les filles étant parties, la maison paraît vide ? Ou parce que sa meilleure amie, qui s’est fait plaquer, lui rappelle que rien ne dure ? Ou parce qu’elle recroise un homme qu’elle a aimé, adolescente ? Jeanne se révèle plus que jamais songeuse et fantasque, prête à laisser les courants d’air bousculer la quiétude des jours.


Je remercie les éditions Actes Sud pour cette lecture !

Chronique :




« Au début les beaux ont l’avantage, ils gagnent toujours sur les autres. Mais au début seulement, Zoé, parce qu’après, les lignes de force se modifient…L’image, l ‘apparence, ça se contourne et, sur la durée, les chances se répartissent autrement. A force de vouloir ressembler aux autres, on disparaît dans le paysage.»

Claudie Gallay , souvenez-vous ce sont les merveilleux livres « Une part de ciel » et « Les déferlantes » , je dis souvenez-vous parce qu’en moyenne il faut attendre entre trois et quatre années pour pouvoir lire un nouveau roman de cette auteur que j’affectionne particulièrement.

 Ici dans « La beauté des jours » nous allons cheminer avec Jeanne, la quarantaine, épouse de Rémy et mère de jumelles. Jeanne qui aime les habitudes, les choses simples, qui pose un regard heureux sur chaque petit évènement plaisant de sa vie : le train de 18h01 qui passe au fond de son jardin,  les étés à Dunkerque. Mais Jeanne, c’est aussi une grande admiratrice de l’artiste serbe Marina Abramovic, cette artiste qui repousse les limites de son corps et de son esprit et par la même aide le commun des mortels comme Jeanne à se transcender. Et durant cet été chaud dans la région lyonnaise on va sentir frémir en elle un souffle d’énergie qui pourrait être à la fois libérateur et dévastateur, le souffle de cette Jeanne qui sommeille et qui s’éveille en écrivant à Marina Abramovic ou en retrouvant par hasard un  ancien camarade Martin.

On rencontre durant cet été de Jeanne, son mari Rémy, installé solidement dans sa vie, dans son amour sincère et simple pour sa famille. Rémy, qui tous les mardis apporte à son épouse un macaron au gout différent dans un ordre bien précis : les jumelles Chloé et Elsa parties faire leurs études à Lyon. On rencontre les parents de Jeanne, le père taiseux dont le drame existentiel est de ne pas avoir eu de fils, la mère discrète et la m’mé , tous les trois vivant dans la ferme pas très loin de chez Jeanne et qu’elle retrouve tous les dimanche avec Emma une de ses sœurs .Il y a Zoé , la petite nièce si poétique dans sa différence. Et puis l’amie Suzanne qui vient de se faire larguer et qui sous ses dehors bravaches souffre terriblement de cette rupture.

On croise aussi les frères Combe, des jeunes désœuvrés qui squattent dans la rue de Jeanne, Monsieur Nicolas son collègue coincé et sans fantaisie. Et puis Martin, un souvenir de jeunesse avec qui Jeanne aurait pu avoir un possible et qui bouscule ses habitudes et trouble les eaux de cet été paisible.

Ce livre de Claudie Gallay est un roman aux chapitres très courts au rythme tranquille d’un moment de vie. C’est un livre qui parle de transmissions, de choix, des choses simples de la vie, des moins simples aussi, des frémissements et réveils du cœur et du temps qui passe. 

Claudie Gallay a cette extraordinaire capacité à trouver les mots justes, les phrases qui ressemblent à la vie, aux petites choses de notre quotidien, aux grandes émotions aussi, le talent de pouvoir écrire ce qui se ressent.
Ce roman est paisible, émouvant, nostalgique parfois comme « sur la route de Madison »

Et parfois les professeurs élégants rencontrent les dames au chapeau bleu (mais cela il faut lire le livre pour le comprendre)
Merci Madame, pour ce beau moment de lecture.

P.S. : j’aime beaucoup la couverture du livre.

« Elle le sait, il y a les grandes et les petites choses, les grandes modifient profondément nos vies, les petites ne font que les effleurer, mais les petites nous aident à attendre les grandes. Elles nous aident à les atteindre. »




jeudi 17 août 2017

Par le vent pleuré - Ron Rash

Lu en : V.F.
Traduction : Isabelle Reinharez
Résumé :  Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle. 1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue. À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.



Je remercie les éditions du Seuil pour cette lecture !


Chronique : Ron Rash est un des plus grands romanciers américains de tous les temps, Par le vent pleuré est encore la preuve de son immense talent.

Un titre sublime, une couverture magnifique, un résumé intriguant; tout est fait pour mettre dans un très bel écrin ce texte fort, poétique et puissant à l'image de l'ensemble de l'œuvre de cet auteur. Même si Une terre d'ombre et Le Monde à l'endroit restent mes deux livres préférés de ce romancier chacune des partitions de sa symphonie littéraire est un chef d'œuvre en soi.

Par le vent pleuré raconte l'histoire de deux frères qui possèdent des caractères bien différents, deux êtres diamétralement opposés : l'un est sensible, un artiste; l'autre est solide, un scientifique. Une rencontre par un bel été au bord de la rivière va complètement bouleverser l'équilibre fraternel mais aussi celui de l'ensemble de la communauté. Le personnage-narrateur, le plus jeune des deux frères est hanté par cet été, hanté par cette jeune adolescente, hanté par ses erreurs, par un accident, par les secrets, par l'alcool... Hanté par les eaux ? Tout remonte un beau jour à la surface et dès lors les souvenirs vont rejoindre le présent...

Ron Rash a le talent incroyable de mélanger la tragédie grecque au nature writing américain, le roman noir à la poésie. Les paysages sont magnifiés, le drame est omniprésent, les personnages sont riches, complexes et fascinants. Tout est fait pour qu'en moins de 200 pages le lecteur puisse sans contexte y voir un grand moment de littérature.

En définitive, j'ai adoré ce roman qui confirme mon amour pour les mots et l'univers de Ron Rash...



mercredi 16 août 2017

Une histoire des loups - Emily Fridlund


Lu en : V.F.
Traduction : Juliane Nivelt
Résumé :Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu'il soit trop tard.

Je remercie les éditions Gallmeister pour cette lecture !






Chronique : Commençons le bal de cette rentrée littéraire avec un titre qui marquera cet événement au travers de son originalité...

Une histoire des loups est un premier roman unique en son genre, tellement unique que le lecteur adorera ou sera perplexe face à une telle narration, à une telle héroïne. Emily Fridlund nous conte une histoire sombre, presque malsaine celle d'une jeune adolescente qui est loin d'être innocente, d'une adolescente qui cache de nombreux secrets, de nombreuses pensées...  Ce protagoniste est absolument fascinant !

La romancière décide de plonger doucement mais sûrement le lecteur dans son récit, elle tisse sa toile sans chercher les révélations, les rebondissements à outrance; elle amène une contre-atmosphère où les non-dits sont omniprésents, où l'ambiance pesante et intimiste nous entoure, nous submerge et nous prend au piège. Vous ne sortirez pas indemne d'une telle lecture...

Je m'attendais à un rebondissement, un retournement de situation similaire à l'ensemble de l'œuvre de David Vann mais l'auteure d'Une histoire des loups décide de tout contrôler, sans aucune explosion, avec un sentiment de malaise qui est continu, persiste jusqu'au final. Il faut être prêt pour un tel roman, il faut être prêt à s'immerger dans les eaux sombres et poétiques de l'univers d'Emily Fridlund...

En définitive, Une histoire des loups est un premier roman qui est extrêmement original, un récit d'ombres et de mystères où le simple fait de penser peut avoir autant de conséquences que le fait d'agir...




vendredi 11 août 2017

Crinoline [Tome 1] - Carrère & Saint-Félix

Lu en : V.F.
Résumé :Une BD féerique qui raconte le quotidien et les aventures de petites filles presque comme les autres (Cendrillon, Mulan, Blanche Neige) qui apprennent à devenir de vraies princesses à l’école Crinoline ! Pocahontas vient de perdre sa grand-mère « Fleur des Bois » qu’elle adorait. Les princesses du club des « Étoiles filantes » vont comprendre que l’amitié est un bien précieux qui permet de se soutenir les unes les autres… malgré les petites jalousies qui peuvent se révéler lors d’évènements importants

Je remercie les éditions Le Gâteau sur la cerise pour cette lecture !







Chronique : Crinoline fait partie de ces albums incontournables du fait d'un univers addictif, enchanteur et très prometteur !

Dès la couverture j'ai senti que j'allais me régaler à cette lecture et tel fût le cas ! Voici ma deuxième découverte dans la très jeune maison d'édition Le Gâteau sur la cerise et c'est encore une fois une belle surprise ! Déjà j'aime l'idée de rajouter en plus de l'album un petit carnet personnalisé qui permettra à l'enfant de lire et de s'amuser avec ses nouveaux amis littéraires.

Crinoline est une école de princesses où l'enfant va faire connaissance avec Pocahontas, Draculette, Blanche-Neige ou encore Cendrillon. Des héroïnes au caractère bien trempé, à l'énergie débordante et qui vont amuser les petits comme les grands. L'album est composé de différentes petites histoires qui sont liées par une thématique générale pour chaque tome. Ici ce premier volume traite de l'importance de l'amitié et de la perte d'un être cher : tout est amené de façon intelligente, ce sont de belles leçons de vie !

En plus du contenu, il faut rendre hommage aux illustrations qui sont tout simplement géniales. J'ai accroché immédiatement à ces tons vifs et pétillants, à ces petits personnages touchants et malicieux. L'harmonie est totale entre le texte et l'image : un magnifique travail de collaboration entre Serge Carrère et Grégory Saint-Félix !

En définitive, ce premier tome est excellent et j'ai hâte de lire la suite. N'hésitez pas à découvrir Crinoline!


mercredi 9 août 2017

Harper in Summer - Hannah Bennett

Lu en : V.F.
Résumé : À cause d’une erreur de réservation, Harper,   bientôt 15 ans, passe l’été avec sa famille bobo, ses détestables cousines et son meilleur ami Josh dans une maison pourrie au bord d’un lac glacé du Montana. Face à eux, les somptueuses demeures des millionnaires dont les enfants, d’une beauté rare, sillonnent le lac en hors-bord. Invités à une fête, Harper et Josh font face à Quinn et à Tristan. Face à tant de nouveauté et de liberté, va-t-elle succomber au charme de cet été d’exception  ?

Je remercie les éditions Rageot pour cette lecture !









Chronique : Quoi de mieux pour l'été qu'une belle romance Young Adult ? Harper in Summer est une vraie belle surprise dans ce genre littéraire.

J'aime énormément les personnages qui possèdent un humour entre l'ironie et le sarcasme, qui savent râler, rire d'eux-mêmes et des situations les plus burlesques. Harper est une adolescente très attachante, une héroïne comme on les aime : un brin de naïveté du fait de son âge, beaucoup d'humour et de nombreuses autres qualités ! 

Les vacances commencent mal pour la jeune fille : la promesse d'un séjour californien inoubliable se transforme en séjour dans un chalet loin de tout conforme moderne, dans un coin paumé du Montana. Si je rêve pour ma part de passer quelques jours dans cet Etat, tel n'est pas le cas de Summer qui va devoir pourtant réussir à apprécier ces instants passés en famille et en compagnie aussi de son meilleur ami.

Ce roman instaure des situations touchantes, émouvantes, amusantes,  j'ai eu très souvent le sourire aux lèvres, j'ai ri parfois car l'auteure a su utiliser la narration interne à bon escient : les pensées de Summer sont tout simplement hilarantes. L'aspect romance est aussi bien amené, certes nous avons un trio amoureux mais tout se termine de façon intelligente et ce n'est pas le cœur essentiel de l'histoire.

En résumé, une bonne lecture Young Adult, un livre idéal à dévorer sous le soleil !