dimanche 22 janvier 2017

Je m'appelle Nathan Lucius - Mark Winkler





















Je remercie les éditions Métailié pour cette lecture !


Je m'appelle Nathan Lucius
Titre original : Wasted
Traduit par : Céline Schwaller


Nathan Lucius est un jeune homme ordinaire. Il dort avec la lumière allumée. Il collectionne les vieilles photos anonymes. Il vend des encarts publicitaires dans un journal. Il s’entend plutôt bien avec sa chef. Parfois ils vont boire des bières. Il a une amie plus âgée, Madge, une antiquaire un peu fantasque. Il aime que chaque jour ressemble exactement à la veille. Il déteste les souvenirs. Un type banal. Parfois, il ne se souvient plus de rien. Il est un peu confus.
Un jour, Madge le supplie de l’aider à en finir. Elle a un cancer, elle n’en a plus pour longtemps, elle souffre trop.
Mais peut-on demander ce genre de choses à Nathan ?
Écrit au cordeau, drôle, glaçant, fascinant, ce scénario implacable est un tour de force vertigineux dont on se gardera de livrer le secret : on ne plonge pas impunément dans l’esprit de Nathan Lucius.
« Il y a un moment dans le livre qui vous prend à l’estomac et vous fait prendre conscience que, waouh, ce type sait vraiment écrire. » Annetje van Wynegaard, Sunday Times

Mark WINKLER a grandi dans la province du Mpumalanga, à l’est de Johannesburg. Il travaille actuellement comme directeur artistique dans une agence de publicité, au Cap, où il vit avec sa femme et ses deux filles. Je m'appelle Nathan Lucius (Wasted en anglais) est son deuxième roman.

(source le Éditions Métailié)

Grybouille,

Second roman, Mark Winkler a des prédispositions, c’est une certitude.
L’Afrique du Sud est une énigme pour le P’tit Duc, des décors de rêve, une population qui est politiquement libérée de ses anciens démons et pourtant toujours les fantômes de la Violence avec un grand « V » qui planent…

Mais aujourd’hui une autre approche nous attend pour ce livre que je qualifie, même pas peur, de roman « coup de poing ».
Comme un bonbon qui a fait sa renommée sur son effet double couche.

Le roman commence « gentiment », nous suivons Nathan Lucius, sa vie professionnelle, ses amis (es), ses footings, son « toc » qui lui fait acheter de vieilles photos pour se recréer un arbre généalogique imaginaire.
Jusque là, une belle écriture, une histoire captivante, des relations qui sont amusantes et touchantes, les pages défilent… Et badaboum, on tourne une page et sans prévenir une trappe s’ouvre sous nos pieds, euh…non, sous nos yeux et nous nous retrouvons aspirés dans un univers que nous que connaissons pas…
Bien joué, pris au jeu, nous sommes captivés.

Le style,

C’est une découverte pour le P’tit Duc, ne connaissant pas l’auteur. La lecture est plaisante, nous sommes emmenés rapidement dans le monde de Mark Winkler. C’est du sérieux.
L’humour y est présent, donnant ainsi plus de relief dans l’écriture de notre romancier Sud-Africain.

L’histoire,

Une solide étude a dû être nécessaire pour que l’histoire soit crédible. Vous comprendrez en le lisant, sans un investissement total de l’auteur le roman n’aurait pas été d’un tel niveau.
Les traumatismes qui sont jamais refermés, l’alcool, le sexe…

Les personnages,

Sonia, sa responsable au journal
Eric, le barman
Dino, le reporter
Salie, propriétaire d’un vieux café où l’on vend de tout
Mme Du Toit, sa voisine
Madge, sa meilleure amie qui tient une boutique d’antiquité
Les autres, je ne les cite pas pour préserver l’effet double couche…

En conclusion, ce livre pour l’apprécier il faut se laisser prendre au jeu.
J’ai aimé découvrir cet auteur et j’espère pouvoir lire d’autres livres qui porteront sa signature.

En partant n’oubliez pas d‘éteindre la lumière, Nathan s’endort la lampe allumée…

@ Bientôt chers Tous,



jeudi 19 janvier 2017

Heimska - Eiríkur Örn NORÐDAHL

Lu en : V.F.
Traduction : Eric Boury
Résumé : Futur proche, bienvenue dans la surVeillance : les caméras sont partout, impossible de se déconnecter. Au royaume de la transparence, tout ce qui est caché est suspect.
Áki et Lenita viennent de se séparer et se vengent par personnes interposées en se livrant à toutes sortes d’expériences sexuelles sous l’œil attentif des webcams. Tous deux écrivains, ils achèvent chacun leur roman. Un roman unique. Qui fera date.
À Isafjördur, le soleil de minuit commence à pâlir et les mystérieuses coupures d’électricité se multiplient, privant les habitants des joies du voyeurisme ; un groupe d’étudiants en arts squatte une ancienne usine de crevettes en cultivant des projets louches ; les autorités sévissent, pas toujours raisonnables.

Je remercie les éditions Métailié pour cette lecture !




Chronique : Illska avait été une très belle découverte grâce aux éditions Métailié, j'étais donc heureuse de voir que son auteur allait publier un autre roman. Voici mon avis sur Heimska...

Si Illska était dense, Heimska est un roman beaucoup plus court et rapide à lire. Si Illska est contemporain, Heimska représente un futur proche dans la lignée du Big Brother de George Orwell. Nous sommes tous surveillés les uns par les autres, toutes nos webcams connectées, vivant à la merci du regard de son voisin, d'autrui. Un voyeurisme exacerbé où la téléréalité devient simplement la réalité.

Cette dystopie contemporaine est livrée via deux personnages qui se mènent une guerre sans précédent : cherchant à blesser l'autre en couchant avec le plus de partenaires possibles. Le monde est ainsi complètement "libéré" des convenances, des mœurs, de la vie privée, de l'intime. Tout semble possible et tout manque de saveur à la fois... Tout semble n'être qu'illusoire, digne de dérision et de critique. Par la même l'écrivain fait un constat féroce de ce que peut devenir notre futur.

J'ai aimé cette lecture même si elle n'est pas du même acabit que son livre précédent. Je pense que cela manquait d'approfondissement du fait de chapitres extrêmement courts (une page environ) qui sont le reflet de la taille du roman. Mais il n'en reste pas moins que cela est très addictif à lire, le ton mordant est très intelligent, l'auteur ose et le lecteur se délecte de son sarcasme et sa vision désabusée d'un éventuel futur.

En définitive, Heimska est une dystopie contemporaine très bien menée ! 


mercredi 18 janvier 2017

Nocturnal Animals - Austin Wright


Lu en : V.F.
Traduction : Philippe Rouard
Résumé :Alors qu’elle mène une vie paisible, Susan reçoit un manuscrit de son premier mari, Edward. Le roman raconte l’histoire de Tony, kidnappé sur l’autoroute avec sa femme et sa fille, tandis qu’ils se rendaient dans leur maison du Maine. Or Susan a, elle aussi, une maison dans le Maine. Que veut réellement lui révéler Edward ? Au fur et à mesure de sa lecture, Susan va plonger dans une spirale infernale…


Je remercie les éditions Points pour cette lecture !







 
Chronique : Avec l'adaptation de ce livre avec Amy Adams et Jake Gyllenhaal je souhaitais absolument lire ce roman avant de voir le film : voici mon ressenti !

La première partie du roman qui représente les 140 premières pages est vraiment parfaite : c'est un vrai page turner, une histoire où l'angoisse monte progressivement et où le lecteur est happé dans le récit. Le fait de créer une mise en abyme où l'héroïne du roman lit elle-même un manuscrit est une construction intelligente et originale, on s'identifie à Susan et à sa découverte de l'histoire écrite par son ex-mari.

Après cette première partie digne d'un chef d'œuvre du thriller, le rythme de Nocturnal Animals ralentit, devient plus lent tant dans la partie réservée à Susan que dans celle réservée à Tony. Mais la lecture reste fascinante car l'on souhaite savoir ce que souhaite faire, transmettre Edward à son ex-femme au travers de ce livre. J'étais impatiente de lire le dénouement et de comprendre où tout cela va mener Susan.

Cette dernière est une femme assez antipathique, elle se permet de juger assez facilement sans pour autant se remettre en question, une femme qui reste dans son confort bourgeois, qui analyse sans cesse sa vie et les gens qui l'entourent et se permet parfois de les regarder de haut. Dès lors je comprends le choix du final par Austin Wright mais je dois avouer que ce n'était absolument pas ce à quoi je m'attendais. [Spoiler] Je pensais vraiment que ce livre était un thriller en soi et que la fin serait en conséquence alors qu'il s'agit plus d'un roman contemporain [Fin Spoiler]. L'auteur se questionne réellement sur la littérature et son pouvoir, son influence sur le lecteur.

En définitive, une lecture très addictive au départ, qui s'apaise progressivement mais qui reste très intéressante à lire ! 



mardi 17 janvier 2017

Les animaux - Christian Kiefer

Lu en : V.F.
Traduction : Marina Boraso
Résumé : Niché au fin fond de l’Idaho, au cœur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reedrecueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours. Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région. Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait ternir sa réputation. Rick est le seul à connaître le sombre passé de Bill, que ce dernier s’est acharné à cacher pendant toutes ces années. Pour préserver son secret et la vie qu’il a bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante…



Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture !




Chronique : La collection Terres d'Amérique nous offre une pépite de la littérature américaine, Les Animaux est un des meilleurs romans de la rentrée d'hiver 2017  !

Deux histoires et un même fil conducteur, deux personnalités et un seul être. Les animaux raconte l'histoire de Bill Reed anciennement appelé Nat, alternant le passé et le présent l'auteur nous fait découvrir un personnage complexe et très charismatique. D'un côté il y a Nat, un petit délinquant sans envergure, un joueur de Casino minable, un ami peu fiable; de l'autre il y a Bill Reed, un homme responsable, gardien d'un refuge pour animaux sauvages, être fidèle et amoureux à une belle vétérinaire.

C'est ainsi que je suis tombée sous le charme de Bill Reed, de sa tendresse, de sa volonté de bien faire, de son combat pour la cause animale et que j'ai détesté Nat pour sa lâcheté et son manque de caractère. J'ai trouvé que Christian Kiefer retranscrivait à merveille cette évolution, cette quête de rédemption et met en lumière la controverse de la seconde chance : peut-on devenir meilleur, peut-on changer ? 

Au-delà de cette question de rédemption, la question écologique/animale est aussi très présente et ce notamment au travers d'une problématique : vaut-il mieux garder des animaux sauvages en cage pour les maintenir en vie ou les libérer malgré leur handicap au risque qu'ils meurent dans les semaines à venir ? Bill Reed se pose cette question car elle définit, détermine si son combat est ou non justifié, si sa rédemption est ou non acquise.

Cela est sans compter le retour de son passé avec Rick, son ancien ami. Ce dernier va ainsi bousculer le quotidien du héros, chercher vengeance mais pourquoi ? C'est ainsi que le lecteur va découvrir progressivement pourquoi cette haine entre ces deux êtres qui étaient pourtant liés par des épreuves terribles. Tout cela traité de façon magistrale et une traduction sublime de Marina Boraso : entre descriptions magnifiques et dialogues puissants, la traductrice a rendu un très bel hommage à la plume de l'auteur.

En définitive, un coup de cœur indéniable et un incontournable de 2017 !