lundi 18 octobre 2021

Les Promises - Jean-Christophe Grangé

Chronique de SCARLETT

Résumé : Dans un Berlin incandescent, frémissant comme le cratère d’un volcan, trois êtres singuliers vont s’atteler à l’enquête. Simon Kraus, psychanalyste surdoué, gigolo sur les bords, toujours prêt à faire chanter ses patientes. Franz Beewen, colosse de la Gestapo, brutal et sans pitié, parti en guerre contre le monde. Mina von Hassel, riche héritière et psychiatre dévouée s'efforçant de sauver les oubliés de Reich. Ces enquêteurs que tout oppose vont suivre les traces du Monstre et découvrir une vérité stupéfiante. Le Mal n’est pas toujours là où on l'attend.

 

 

 

 

 

Chronique

« Minna baissa les yeux et vit, par la portière restée ouverte, que la neige ici avait des reflets argentés- pas seulement des reflets, elle était, véritablement moirée. En se penchant, elle se rendit compte qu’elle était incrustée de fines particules. Des cendres. »

Lontano et Congo Requiem étaient les derniers romans de Jean-Christophe Grangé qui m’avaient offert un vrai plaisir de lecture. Je viens de terminer le tout dernier bébé de l’auteur et ma foi je me suis régalée. Les promises allie tous les bons ingrédients d’un roman riche, complet avec une enquête haletante et des personnages fascinants.

L’auteur nous emmène dans le Berlin de la fin des années 30 qui se précipite vers la guerre avec un Reich en construction avancée, des soldats, des « SS », des femmes de notables oisives et aussi des cibles apeurées, angoissées. Dans ce Berlin trouble, on voit apparaître trois personnages très différents que l’auteur va amener à se croiser et interagir.

On rencontre Franz Beeween enquêteur de la gestapo, trentenaire au physique imposant empli d’une haine féroce contre les Français qu’il juge responsable de la déchéance de son père durant la première guerre. C’est plutôt un type bourru qui s’est forgé une carapace pour grimper dans les échelons de la hiérarchie nazie afin de pouvoir un jour partir sur le front d’une guerre en gestation et venger son père. Ses supérieurs le mettent sur une enquête de femme de sommité tuée à la dague et horriblement mutilée, il doit trouver rapidement un coupable. Ses recherches un peu tâtonnantes l’amènent à contacter un psychiatre berlinois, Simon Kraus dandy qui côtoie dans son des femmes déprimées, angoissées de la haute société. Malgré un physique avantageux il est complexé par sa petite taille  ce qui en fait un type plutôt cynique et autocentré. La troisième protagoniste de ce trio improbable  se nomme Minna Von Hassel, cette psychiatre d’origine très aristocratique noie ses désillusions sur l’avenir de son pays dans l’alcool. Elle dirige l’établissement en charge du père de Beeween et se trouvera mêlée très vite aux investigations menées par celui-ci. L’enquête s’accélère avec les meurtres répétés de nouvelles femmes de notables et une interaction incroyable s’installe entre les trois personnages afin de retrouver l’assassin. Parfois admiratif, méprisant, amical, le regard qu’ils se portent oscille au fil de l’évolution de l’enquête et de leur propre cheminement .

En parallèle, nous voyons s’installer en Allemagne les programmes d’extermination des Tziganes, des Juifs et des handicapés, l’eugénisme poussé au paroxysme, l’entrée en guerre contre la Pologne. Et pendant ce temps à Berlin, de riches femmes élégantes se prélassent dans des salons mondains. Les « SS » sont craints, la première guerre a laissé des traces qui justifient chez certains les choix en cours. L’auteur nous fait découvrir le nazisme dans une terrible banalité de vie berlinoise vécu par certains comme un changement bienvenu et nécessaire et pour d’autres comme un chemin tracé vers la mort avec la peur au ventre.

L’écriture de ce roman est agréable et fluide, après une mise en perspective assez lente, le livre prend vraiment son essor avec des personnages très attachants, tourmentés, humains et qui évoluent dans le temps.

Un très bon cru de Jean Christophe Grangé vraiment.

 

« …Ecouter la pluie résonner aux quatre coins de l’espace, variant les rythmes et les timbres, mais qui toujours chantait le même thème- celui de la vie, de la fertilité, de la purification. Elle ferma les yeux. La pluie sur Berlin…Dans ces moments-là, elle reprenait espoir. La force de vie serait toujours là, insufflant une énergie nouvelle aux survivants de cette période atroce et balayant la tourbe nazie.».

 



 

mardi 5 octobre 2021

Où vivaient les gens heureux - Joyce Maynard

 

Où vivaient les gens heureux

Joyce Maynard

Traduction Lévy-Paoloni

 

Lorsque Eleanor, jeune artiste à succès, achète une maison dans la campagne du New Hampshire, elle cherche à oublier un passé difficile. Sa rencontre avec le séduisant Cam lui ouvre un nouvel univers, animé par la venue de trois enfants : la secrète Alison, l’optimiste Ursula, et le doux Toby. Comblée, Eleanor vit l’accomplissement d’un rêve. Très tôt laissée à elle-même par des parents indifférents, elle semble prête à tous les sacrifices pour ses enfants. Cette vie au cœur de la nature, tissée de fantaisie et d’imagination, lui offre un bonheur inespéré. Et si entre Cam et Eleanor la passion n’est plus aussi vibrante, ils possèdent quelque chose de plus important : leur famille. Jusqu’au jour où survient un terrible accident…

Source BABELIO

Joyce Maynard,

 

 « Raconter ma vie a toujours été ce qui lui donne du sens »

L’écrivaine américaine s’est fait connaître par le récit de sa passion avec J. D. Salinger. Mais d’autres événements et épreuves ont façonné son œuvre, pleine d’empathie – ce dont témoigne de nouveau « Où vivaient les gens heureux ».

Source Le Monde

 

Grybouille,

En lisant le nouveau livre de Mme Joyce Maynard des images me sont rapidement  venues en tête :

 

·         L’histoire d’une « mère courage », pleine d’Amour pour sa famille, prête à accepter certains sacrifices pour le bonheur des siens

·         Et aussi un roman qui m’a fait penser dans sa construction à ce merveilleux film « Forrest Gump ». Le parcours du personnage principal face à ce qu’il va devoir supporter sur son chemin de vie.

En prime, les petits clins d’œil sur les événements principaux de la société américaine lors des époques traversées.

Bon d’accord, je vous l’accorde Eleanor ne joue pas au ping-pong…

 

Le thème principal reste la famille.

Lorsque Eleanor veut construire SA famille, elle ne sait pas encore qu’il n’existe pas d’école pour devenir parents, ni de boule de Crystal pour savoir ce que l’avenir nous réserve.

Après une enfance sans amour véritable dans une famille où Martin et Vivian, ses parents, sont restés centrés  sur eux-mêmes, et qui vont très vite disparaitre…

Puis vient les étés chez les Halliman, les enfants de la famille Patty et Matt, sont des moments où elle retrouve une vie de famille.

A 19 ans, Eleanor commence son parcours d’adulte.

Jeune artiste à succès, elle va pouvoir très vite s’acheter son nid, une ferme dans le New Hampshire au bout d’un chemin de terre.

Une vie en pleine nature, au rythme des saisons, non loin d’une cascade et d’une rivière.

De charmants voisins « Si vous avez besoin d’un petit coup de main… », une amie de confidence/confiance Darla, et une compagnie Charlie le chien « …il était mon meilleur ami. »

Et puis très rapidement Eleanor va rencontrer l’amour à travers Cam lors d’une foire expositions.

Sa philosophie ? « J’ai pour principe que si j’ai envie de faire quelque chose, je le fais, sauf si ça dérange quelqu’un. »

Les trois enfants de la famille vont être les fruits de cet amour : Alison, Ursula et Toby.

A partir de maintenant, la réalité va s’imposer à eux...

En tant que lecteur et père j’ai été bouleversé par le roman de Mme Joyce Maynard.

Il y a un peu une part de nous tous, de nos expériences, de cette vie qui reste une grande école, de ce courage qu’il faut pour faire un pas de plus jour après jour.

Superbement écrit, c’est Mme Joyce Maynard qui est à la plume.

@ Bientôt pour de nouvelles lectures,

 



 

dimanche 3 octobre 2021

La Prophétie des abeilles - Bernard Werber

Résumé :  

 

Depuis la nuit des temps, les abeilles détiennent le secret du destin de l’Humanité.
Ce secret est annoncé dans une prophétie écrite à Jérusalem il y 1000 ans par un chevalier Templier.
Mais sa trace est perdue, et pour la retrouver, il faudra remonter dans le temps, traverser époques et continents, affronter tous les dangers.

Êtes-vous prêts à payer ce prix pour sauver votre futur ?

 

 

 


Chronique : J'ai déjà eu l'occasion de lire (et d'aimer) des romans de Bernard Werber comme la trilogie des Fourmis ou celle des Dieux, cela faisait cependant quelques années que je ne m'étais plus plongée au cœur d'un de ses livres. La Prophétie des abeilles a su m'interpeller en raison de ses différentes thématiques, verdict ? Une énorme déception malheureusement...

Lorsqu'on me parle de l'avenir de l'humanité, de l'importance des abeilles, de Templiers et d'un voyage dans le temps et dans l'espace, j'imagine un roman flamboyant et palpitant. Lorsqu'on me parle d'un mélange entre roman historique, roman ésotérique, roman d'aventure, j'espère une intrigue aussi passionnante que le visionnage d'un film à la Indiana Jones, pourtant cette lecture n'a pas su répondre à mes attentes...

Ce roman avait tous les ingrédients pour offrir un bon moment : l'idée de départ est excellente, les personnages sont plantés, l'alternance temporelle est prometteuse alors pourquoi la magie n'opère pas ? Il y a un élément qui n'est pas précisé dans la quatrième de couverture : cette intrigue repose quasi essentiellement sur l'hypnose et dès lors tout perd énormément en crédibilité. De plus, j'ai malheureusement appris tardivement que ce titre s'inscrivait dans la suite d'un livre précédent de l'auteur, La Boîte de Pandore (il aurait été appréciable que cela soit indiqué sur le livre même si ce roman peut se lire de manière indépendante).

Il aurait été si simple de commencer de manière réaliste en amenant un ancien professeur d'Histoire à découvrir un document mystérieux mais l'auteur fait le choix de justifier la plupart des découvertes et rebondissements sur l'hypnose. Même si je ne suis pas une experte sur le sujet,  j'ai beaucoup de mal à croire qu'un homme puisse revivre de nombreuses vies passées (ou plonger dans son avenir) en s'asseyant calmement en position de yoga sur ses toilettes, j'ai été encore plus dubitative en voyant un personnage réfractaire à l'hypnose réussir à plonger dans une vie antérieure en cinq secondes et enfin la goutte qui a fait déborder le vase : la capacité des personnages à communiquer avec leurs vies antérieures (ou futures) pour changer le cours de l'Histoire pendant leurs séances d'hypnose.

Autant je ne suis pas contre une touche de "surnaturel" ou de fantastique dans une aventure historique (comme dans Indiana Jones), autant lorsque tout repose sur ça, le château de cartes s'effondre très vite. C'est simple : si on enlève l'hypnose, il n'y a plus de récit. Dès lors il aurait été préférable de l'indiquer dès le départ plutôt que d'amener les lecteurs à penser qu'il s'agirait d'un roman historique/ésotérique plus classique. Les seules parties qui ont su me plaire sont les intermèdes où l'auteur prend le temps de nous offrir ses connaissances sur le passé de manière pédagogique.

Au-delà de ce gros bémol, je n'ai pas été convaincue par le style notamment dans les parties historiques : il y avait un semblant d'anachronisme/décalage dans les dialogues, on ne percevait pas forcément la différence entre le passé et le présent aussi l'immersion n'était pas totale. De plus, je n'ai pas du tout réussi à m'attacher aux personnages : René est un homme immature et agaçant, Alexandre l'est tout autant surtout que la petite compétition de prophétie entre les deux hommes n'est pas à la hauteur des enjeux, quant aux femmes elles ne sont pas particulièrement mises en valeur dans leurs agissements.

En définitive, La Prophétie des abeilles est un titre que j'attendais avec une immense impatience mais le côté "fantastique" de l'intrigue a pris trop le pas sur le reste, les multiples invraisemblances dans les faits et les réactions des protagonistes annihilent tout le potentiel du roman. Je suis sûre que ce titre trouvera son public mais pour ma part je suis passée à côté, j'ai largement préféré en comparaison les trilogies susmentionnées ou encore Le Miroir de Cassandre.

 



 

samedi 2 octobre 2021

Le Cimeterre et l'épée - Simon Scarrow

 

Le Cimeterre et l’Épée

Simon SCARROW

Traduit par Benoit DOMIS

 

Malte, 1565 : un avant-poste vital entre les nations divisées d’Europe et l’Empire ottoman en constante expansion. Les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem affrontent les Turcs en de violents combats qui pourraient bien conduire à leur anéantissement.

Parmi les hommes venus les soutenir, se trouve sir Thomas Barrett, un ancien soldat en disgrâce. Bien que sa loyauté et son instinct le poussent à faire passer l’Ordre avant tout, son allégeance est partagée. Sur ordre de la reine Élisabeth, il doit retrouver un manuscrit caché, gardé par les chevaliers, qui menace le règne de la souveraine. Alors que sir Thomas affronte un passé qui lui a coûté son honneur et un secret resté longtemps enfoui, une vaste armée ennemie se prépare à assiéger l’île…

 

Simon SCARROW

 

À la suite d’une enfance passée à parcourir le monde, Simon Scarrow s’est adonné à sa passion de l’histoire en tant qu’enseignant, avant de vivre de sa plume et de devenir l’une des figures de proue de la fiction historique. Outre la série bestseller des Aigles de l’Empire qui l’a rendu célèbre, on lui doit en effet de nombreux autres romans palpitants qui explorent différentes périodes de l’Histoire. Simon Scarrow vit dans le Norfolk.

 

Grybouille

A l’origine de ce roman l’Amour d’un jeune chevalier et d’une jeune femme d’une lignée noble promise à un autre.

Au milieu ?

Malte au XVIème siècle, la parole donnée à un ordre chevaleresque Chrétien, un conflit qui se transmettait de génération en génération, la fin d’une amitié, des secrets,  des secrets, des secrets….

Le jeune chevalier anglais c’est Sir Thomas Barett de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, la belle se nomme  Maria de Venici.

Ils se sont rencontrés lors d’un combat naval entre une galère de l’Ordre et une galère pirate du sultan Soliman.

Thomas découvre Maria prisonnière et la délivre.

De retour sur l’île de Malte, Maria et Thomas vont se rapprocher….

La Valette, le commandant de Thomas va prévenir Thomas « … je me dois de vous mettre en garde… », peine perdue !

L’avenir les attend…

En tant que lecteur j’ai passé un très bon moment en compagnie de Sir Thomas. L’histoire du siège de Malte, cette île au milieu de la mer blanche, la méditerranée, est un moment critique de la guerre entre le monde Chrétien et Musulman au XVIème siècle.

Il  se doit d’être connu, et un roman est une bonne manière d’aborder un sujet qui pourrait rebuter certains (aines) lecteurs (trices)… Mais, ne pas connaitre son histoire c’est prendre le risque de voir l’histoire bégayer.

Et Simon SCARROW possède ce talent d’écrivain pour captiver ses lecteurs (trices), alternant  des scènes de combats qui sont un modèle du genre, des moments relatant l’histoire des forces en présence et les relations humaines entre les personnages.

Et puis, les secrets qui sont distillés au compte goutte… Bien vu !

Bonne lecture à tous et à toutes,

Votre Grybouille,