lundi 20 mai 2019

Surface - Olivier Norek

Chronique de Scarlett

Résumé :
ICI, PERSONNE NE VEUT PLUS DE CETTE CAPITAINE DE POLICE. 
 
LÀ-BAS, PERSONNE NE VEUT DE SON ENQUÊTE.














Chronique :


  
L’enfer reste toujours le regard que les autres portent sur nous. Comme un jugement. Le regard qui nous examine, celui qui nous empêche d’oser, celui qui nous freine, celui qui nous peine, celui qui nous fait nous aimer ou nous détester. 


Le dernier roman d’Olivier Norek nous amène au côté de Noémie Chastain en Aveyron. Noémie, c’est cet officier de police à la brigade des stups qui après une opération de police violente s’est retrouvée le visage fracassé et la psyché en errance. Quittant Paris et le cauchemar qu’est devenu sa vie, Noémie est débarquée par sa hiérarchie sous un prétexte bidon, et débarque à Decazeville , une ancienne ville minière près d’Avalone , vieux village englouti volontairement dans les années 90 afin de relancer l’économie par un barrage électrique. A la suite de la découverte d’un squelette, la jeune policière se retrouve plongée dans une enquête non résolue de disparitions d’enfants et son retour sur Paris est compromis lorsqu’on lui confie la responsabilité de cette histoire vieille de plus de vingt ans.
Voilà la trame simplifiée de ce roman dont la lecture a été pour moi un vrai moment de plaisir et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, parce que l’auteur comme à son habitude nous permet de rencontrer des personnages émouvants, humains, fragiles et forts de leurs blessures comme Noémie qui lutte pour retrouver sa dignité de femme, de policière et apprend courageusement à affronter le regard souvent curieux parfois dégouté des autres. 

On croise aussi son psy Melchior qui l’aide dans sa reconquête d’elle-même, un psy à l’écoute, un psy comme on voudrait en rencontrer plus souvent. Olivier Norek nous donne dans ce roman une belle brochette de collègues policiers qu’il s’agisse de  ceux de Paris les uns fidèles , les autres lâches et traitres ou bien ceux de l’Aveyron comme Romain lieutenant de police dont le père est maire du village, Milk le petit jeune et Bousquet le mec un peu lourd mais fiable et on sent chez l’écrivain une compréhension et une attention particulière envers ses anciens collègues. Il y a aussi les familles touchées par la disparition des enfants d’Avalone avec leurs secrets , leurs liens, et puis Hugo le flic de la fluviale  qui ne laisse pas Noémie indifférente.

Comme d’habitude avec Olivier Norek, l’écriture est rythmée, nerveuse et suit le tempo de l’enquête. L’auteur du fait de son empathie envers ses personnages nous offre des femmes et des hommes que l’on suit avec bienveillance et que l’on peine à quitter tant ils sont présents, humains. De plus, l’auteur nous donne toujours matière à réflexion sur divers sujets de société. Dans ce roman, il est question des déserts économiques que deviennent les petites villes de province vidées de leur substance sociale, démographique. 

Il y a eu chez l’auteur des livres sur des problématiques sociétales importantes comme l’immigration, les banlieues, ce polar est plus intime et parle de l’humain, de ce qui nous permet ou nous empêche d’être nous-même. Du courage qu’il faut pour vivre sans se cacher, sans paraître, de l’énergie que cela demande  et j’ai vraiment aimé   le sujet et la façon dont Olivier Norek en parle.

Merci Monsieur pour ce très bon moment de lecture et vos personnages toujours attachants.


« Le constat le plus désolant, c’est que nous ne sommes « nous » qu’à trente pour cent. Certains à dix, d’autres à quarante, mais jamais totalement, Nous trainons nos blessures, nos secrets, nos complexes et tout cela nous interdit d’être entiers, d’être merveilleux. »



vendredi 17 mai 2019

Bad Man - Dathan Auerbach


























BAD MAN
De Dathan AUERBACH
Traduction de Nathalie PERONNY

Révélation ! Bad Man signe l’entrée fracassante de Dathan Auerbach dans l’arène des maîtres du suspense et de l’angoisse en successeur de Stephen King.

On dit que, passé quarante-huit heures, les chances de retrouver une personne disparue sont quasi nulles. Deux jours pour ratisser les bois alentour, frapper à toutes les portes, remuer ciel et terre. Passé ce délai, l’espoir n’est plus permis.

Eric, trois ans, a disparu il y a cinq ans. Peu à peu, les affichettes ont jauni, les policiers se sont désintéressés de l’affaire, la vie a repris son cours dans cette petite ville désaffectée de Floride.

Pas pour Ben, le grand frère de la victime. Qui ne s’est jamais remis du drame. Qui a vu sa famille sombrer. Mais qui n’a jamais cessé ses recherches.

Recruté en tant que magasinier de nuit dans le supermarché même où Eric a disparu, Ben sent que les lieux ont quelque chose à lui révéler. Quelqu’un sait où est son frère, une personne qui prend un malin plaisir à se jouer de lui. Qui ? Le directeur qui n’a jamais collaboré à l’enquête ? Ses collègues auxquels il a accordé trop vite sa confiance ? Mais il y a plus que ça, une présence impalpable, diffuse, qui brouille ses pensées… Qui est ce Bad Man dont l’ombre inquiétante plane sur la ville ?

Dathan AUERBACH

Dathan Auerbach vit actuellement en Floride. Après PenpalBad Man est son deuxième roman, le premier à être publié en France.
Lors de ses études, Dathan a occupé un petit boulot… dans un magasin où il gérait des stocks.

Grybouille

Bonjour à Toutes et à Tous,

Le printemps est là, la nature fait éclore ses nouveaux bourgeons. Et pour nous lectrices et lecteurs, il est temps de découvrir de nouveaux auteurs…

Et vous me direz : « ça tombe bien, on en tient Un » J

Dathan AUERBACH, un nouveau venu dans nos rayonnages, une place à trouver, cela va être facile vu le niveau dès son premier roman traduit en français…

Le p’tit nouveau qui a un visage d’ange, voir sa photo. Mais ne vous y trompez pas, il va vous faire voyager dans un monde noir, de chez noir.

L’histoire,

Une visite dans le supermarché du quartier qui tourne mal.
Ils n'étaient que des gamins… Ben le grand frère, et Éric le petit frère
« Un jeu. Ce n’est qu’un jeu… il adore se cacher, pourquoi pas ici ? » 

Cinq ans plus tard, ses études terminées, nous retrouvons Ben à la recherche d’un emploi.
Bill Palmer, le directeur du supermarché où tout a basculé, reçoit Ben.
« Je te demande pas de signer à vie dans un sous-marin, p’tit gars. Il faut juste remplir des étagères. »
Ce job est une aubaine. Même si…

Nuit après nuit, questionnements après questionnements, surpris par ce magasin qui semble être en train de faire quelque chose tout en cherchant à prétendre le contraire… Toc…Toc…Toc.

Des personnages,

Ben, « …crispé, empêtré, ballonné… »
Les parents,  Deirdra et Clint, une famille dans la douleur
Éric, « Éric devenait de plus en plus futé. »
Stampie, le doudou, le rhinocéros, la peluche
Martie, le copain et le collègue, issu d’une famille du coin…
Franck, « On s’en fout… », le collègue de travail
Chelsea, la caissière, une voix douce qui marque le début du travail
Madame Beverly, du pain chaud tous les matins
Le Lieutenant James Duchaine, « J’ai essayé. »
Le compacteur à cartons
Le supermarché
Les autres ? A découvrir…

Des passages, certifiés sans  « spoiler »

« Mais le monde, il ne connait jamais d’erreur…Son truc, c’est de piéger les imbéciles qui se croient plus forts que la malchance. »

« Ben n’avait aucun moyen de savoir où il aurait dû arrêter ses recherches. »

Ecrit par la main d’un Maitre en devenir, haletant, efficace, j’y ai vu du KING.

Un régal :)

@ Bientôt,




mercredi 15 mai 2019

Les Imposteurs - John Grisham






















Les Imposteurs
De John GRISHAM
Traduit par Dominique DEFERT

À leur arrivée dans leur école de droit, Mark, Todd et Zola voulaient changer le monde, le rendre meilleur. Mais aujourd’hui, alors étudiants en dernière année, les trois amis s’aperçoivent qu’ils ont été dupés. Ils ont contractés de lourds emprunts pour financer des études dans une école qui n’est qu’une vulgaire usine à fric, un établissement de troisième zone dispensant un enseignement si médiocre qu’à la sortie, personne, ou presque, ne pourra réussir l’examen du barreau, et encore moins trouver un travail décent. Et quand ils découvrent que leur école, comme d’autres, appartient à un financier de New York qui tire les ficelles dans l’ombre et a aussi dans son escarcelle une banque spécialisée dans les prêts étudiants, les trois amis comprennent qu’ils ont été pris dans la «  Grande arnaque des écoles de droit  ». 
Mais il existe peut-être une échappatoire, un moyen de se libérer du joug de cette dette écrasante, de révéler les magouilles de cette banque, et même de gagner quelques dollars au passage. Pour ce faire, toutefois, ils doivent quitter l’école. Bien sûr, abandonner ses études si près de l’examen final est une folie. Pourtant, dans leur cas, cela pourrait être une preuve de sagesse…

John Grisham est l’auteur de trente et un romans tous best-sellers dont La Firme et Le Cas Fitzgerald, d’une œuvre de non-fiction, et de six livres pour la jeunesse.

Grybouille,

Pour ce nouveau roman John Grisham s’attaque à un des monuments de la société américaine. Je veux parler du fameux « business is business ».
Et qu’est-ce qui peut être le comble pour une banque ?
C’est de prêter de l’argent à ceux qui n’en ont pas, les étudiants qui se retrouvent aliénés pour de nombreuses années à rembourser, s’ils trouvent du travail…
Et du travail, pour cela, il faut sortir d’une des  bonnes facultés qui sont réservées aux… riches.
Le serpent se mord la queue !

Insoluble situation pour nos trois héros qui étudient le Droit, Mark l’ainé d’une famille en perdition, Todd qui occupe un petit boulot de barman pendant ses études et Zola jeune femme américaine mais dont les parents africains sont en situation irrégulière sur le territoire…

Pour que la révolte sonne, il faudra :

·         Un système injuste
·         Une université de « merde »
·         Un relent d’escroquerie
·         Un drame
·         Une amitié nouée dans la douleur
·         Un amour brisé
·         Une administration inflexible
·         La volonté, l’intelligence, le tout saupoudré d’un brin d’inconscience…
·         Et John Grisham aux manettes J

« En 2006, nos génies du Congrès ont décidé que le péquin moyen devait pouvoir entrer à l’université et espérer avoir une vie meilleure…ils ont décrété que n’importe quel jeune…pourrait contracter un emprunt pour financer ses études. Crédits pour tous, argent à gogo…Crédit illimité !...avec la bénédiction du gouvernement fédéral…on est dans ce marasme parce qu’on a voulu poursuivre un rêve plus grand que nous…on nous a menti…on est prisonniers du système. »

C’est sans compter sur une volonté farouche de s’en sortir. Pour cela Mark Frazier, Todd Lucero et Zola Maal ne devaient plus exister… Et se préparer à détourner le Droit !
Mais dans un monde de fou, où avant d’avoir commencé à travailler on doit déjà de l’argent, tout  est permis  à ceux qui veulent s’en sortir !

L’histoire est super bien montée par John Grisham, qui nous embarque dans les méandres des combines de la nation où le dollar est roi.

A lire en urgence, l' « American way of life » en prend un coup…

John Grisham à son meilleur niveau pour nous ses lecteurs. Merci à lui !