mercredi 10 avril 2019

À la ligne - Joseph Ponthus

Résumé : À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.
Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.






Chronique :



Je me lance, je m'élance
Je vais essayer, tenter
d'expliquer en quoi ce livre est d'une telle beauté
À la ligne est un roman ou un poème ? Peu importe car je l'aime.
J'aime chaque mot prononcé, apposé par l'auteur
J'aime cette originalité de forme qui sublime le tout
Performance
Je me laisse porter, emporter par les mots
Les sonorités
Le rythme
Tel un hymne à mon cœur
Un délice, un pur bonheur
Un livre d'une telle saveur
C'est aussi la réalité, la dure réalité
C'est le constat d'un univers
Fracassé, brisé mais toujours le poing levé
Qui se mêle, s'entremêle à l'art
Littérature, musique et crevettes
Une antithèse ? Bien au contraire. Tout est complémentaire !
C'est un monde qu'on ne veut pas voir, qu'on nous laisse entrevoir.
Ce sont des hommes et des femmes, tous uniques, tous pour un.
C'est la voix d'un immense écrivain qu'il prête, offre à ceux que l'on n'écoute point
C'est une ligne de vie, un destin, un homme qui démontre qu'on est bien plus qu'un travail
Un travail qui permet d'extérioriser, la catharsis des peurs par les mots.
C'est un message d'amour, d'espoir et de courage.
Une force indestructible qui nous fait avancer.
La rage.
Rage de vivre et d'écrire.
De dénoncer, d'énoncer, de dire.
C'est un chef d'œuvre, un premier roman formidable
Admirable.
Un premier roman percutant
Bouleversant.
Saint Joseph, patron des ouvriers
Des battants, des écrivains nés
Du premier roman français de l'année
Merci
J'aurais voulu dire plus... Trouver les mots, échos, bravo.
Un livre unique, original, un classique.
Point à la ligne.


mardi 9 avril 2019

Avant [Tome 1] - Yann & Lereculey
























AVANT
Tome 1_ Mumu la bâtarde
Lereculey et Yann

Dans le clan du Smilodon, les jours passent paisiblement entre les jalousies féminines qui se règlent par des soupes de ciguë, les batailles entre gamins à coups de de bouses de rhinocéros, les négociations sauvages à dos d'aurochs pour des histoires de rapt amoureux... Musaraigne, la fille que le chef Smilodon a eue avec la terrifiante Goana, a elle aussi envie de montrer de quoi elle est capable. Ras-le-bol d'être la bâtarde que personne n'écoute ! Flanquée de son frère P'tit Mulot et de son ignoble roquet Crox, elle chassera le tigre à dents de sabre, s'initiera au chamanisme et apprendra même de nouveaux mots... Quel pied, la Préhistoire !


Lereculey dessinait plein de barbus torse poil.
Yann, lui, aime l'Histoire, l'humour et les filles avec du caractère. Ensemble, ils ont donc créé Avant, une série préhistorique poilante, poilue et portée par une nouvelle héroïne à forte tête : Mumu !

(Source Éditions DUPUIS)

Grybouille,

En entrée, sur la couverture de ce très bel album :
« ATTENTION_  Cet album contient des scènes Bestiales ; Sanglantes ; Poilues ; Fessues ; Mammelues, qui pourraient réjouir certains enfants de plus de 12 ans. »
Un clin d’œil qui est bien trouvé. Une synthèse de ce que vont découvrir les lecteurs en ouvrant le tome 1 des aventures de Mumu.

Un peu comme Rahan, un peu de chaperon rouge, un peu la guerre des boutons, un peu de bataille mais pas trop, un peu de courbes féminines mais pas trop, de l’humour tout plein et beaucoup de beaux dessins pour une belle histoire. Voilà, le décor est planté…

Notre p’tite Mumu est bien née.

Allez tout le monde à « Choual ».
Suivre la piste… Et trouver refuge sur « le gros caillou à six poiles »

Les ancêtres à nous : Pas tous, les autres ne courraient pas assez vite…

Smilodon, PAPA, « Oh, moi, je ne me mêle jamais des histoires des filles !! »
Goana, M’MAN, « Bâtarde tu es ! Bâtarde toujours tu seras ! Tu dois l’accepter ! » à Mumu.
Mumu, « Entre toi et moi c’est plus comme avant… » à son papa ; « La guerre !? C’est quoi déjà ? » ; « Ils vont s’entr’étripailler ! »
Petit Mulot, le p’tit frère, « Faut aller les prévenir ! »
Grox, le … c’est quoi cette bestiole, « Wax ! Wax ! Wax ! Grrr ! Grox ! »
Koudou, « Un arc-en-ciel ! Un arc-en-ciel ! »
Vieux Pangolin, un vieux, « Mais bouge, sale bête ! Bouge ! »
Yeux-en-dehors, la vieille folle, « Dans la vie, il existe une seule loi.. »
Yeux de ténèbres, le sorcier, « Sacrilèges »
La déesse Soôl-Lambaâ, en pierre c’est mieux, non ?

Le reste vous le découvrirez en lisant, relisant, rerelisant car on ne se lasse pas d’une telle bande dessinée… MUUMMMUUUU revient !

Une question aux auteurs, en fin de compte les femmes de Smilodon, la hutte, elles vont la mettre où ?

Que souhaiter à nos deux créateurs ? Longue vie à Mumu, elle est si mimi avec ses grands yeux verts, et tout ça pour notre plus grand plaisir  J

A bientôt les bédéphiles !




lundi 8 avril 2019

1793 - Niklas Natt och Dag



















1793
Niklas Natt och Dag
Rémi Cassaigne (Traducteur)

Un roman phénomène qui renouvelle le roman historique et le thriller nordique.
 
1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable. Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence. C’est dans cette atmosphère irrespirable que  Jean Michael Cardell, un vétéran de guerre Russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d’un inconnu. L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux. Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre au jour une sombre et terrible réalité.

Niklas Natt och Dag
Né en 1979, Niklas Natt och Dag est le descendant d’une des plus anciennes familles de la noblesse suédoise. Il vit à Stockholm.


Grybouille

Idag bjuder vi dig att upptäcka en ny författare fylld av talang...
Heu, désolé, votre p’tit Duc s’est laissé aller... Je disais donc, aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir un nouvel écrivain bourré de talent.
Car, comment expliquer le roman que je viens de terminer. Un premier roman... Incroyable, tout est déjà en place, les décors, les personnages, l’intrigue, le dénouement.

Depuis 19......, heu, depuis quelque années, j’ai pu lire quelque livres, et ce roman fait partie des romans qui m’ont scotché de la première à la dernière page.

Chapeau bas et bienvenue à Mister Niklas Natt och Dagg dans le monde des polars historiques.

L’histoire,

Bon, déjà gros transport temporel, car qui a étudié le XVIIIème siècle en Suède ? à Stockholm ?
On s’est compris.
Chaque page nous fait découvrir un monde chahuté où la royauté est en crise faisant écho à la Révolution Française, les institutions sont malades, une sortie de guerre avec la Russie, l’omniprésence des pasteurs dans la vie des habitants et l’environnement un brin pollué.  

Dans un Stockholm où un mort de plus ou de moins ne fait pas grande différence, un membre de la garde intérieure, un « boudin » va être sollicité pour repêcher un corps.
« Michael doit venir ! Il y a un mort dans Fatburen ! »
Dans l’eau froide, Michael va repêcher l’horreur…

Cette histoire ce n’est pas un conte de fées.  C’est un roman sans concession, noir, époustouflant, qui vous laissera rempli d’émotions.
Une bien belle réalisation que nous livre ce nouveau venu qu’est Niklas Natt och Dagg.



Des personnages,

Cecil Winge, homme de loi, chargé de mission par le Chef de la Police de Stockholm, sa femme enceinte, sa maladie qui le tient éloigné de l’être aimé, sa volonté inébranlable d’aller au bout de cette enquête…
« Personne ne le pleurera. Seul, je crains que ce ne soit pas assez….Si tu veux m’aider… » Cecil à Michael

 Michael Cardell, de taverne en taverne il traine ses fantômes, devenu un « boudin » emploi donné aux estropiés de guerre dans la garde séparée, ivre la plus part du temps, mais surtout éclairé par cette petite flamme d’humanité qui donne de l’espoir même dans les nuits les plus noires.

« Cardell se maitrise. Il a l’habitude. La colère le brûle depuis tant d’année que chaque instant a été un exercice pour la contrôler. »

Petter Petterson, gardien chef de la filature, gaillard énorme, son outil se nomme « Maitre Erik »

« Bienvenue dans notre pauvre masure, mes petites poulettes ! »

Anna Spina Knapp, la maison de correction pour avoir refusé les avances d’un « ami », la filature c’est un bagne qui ne dit pas son nom.

« Je ne peux pas rester ici…Il doit bien y avoir une façon de s’enfuir. »

Et puis, bien sur, ceux que je vous laisse découvrir : La victime, le fossoyeur, le chef de police, les tenanciers de taverne, le papa de substitution, le secrétaire de la maison de la police, la mère maquerelle, les confréries, les boudins, la pauvreté qui est un personnage dans ce roman, et…le monstre.

Tout au long de cette lecture, une phrase m’est venue en tête, d’où venait-elle ?
« Souvenez-vous que la Bienveillance est une vertu, mais que ceux qui la portent ne sont que… des hommes ou des femmes. »

« Voyez-le se lever, voici le jour des comptes
Et avec lui de Dieu tombera la sentence :
Pour la noble amitié l’honneur en récompense
Et la bassesse aura des ténèbres la honte. » C.M. Bellman

Un conseil avant de vous laisser ?
Lecteurs, lectrices ne laissez pas passer ce livre. C’est une découverte, un premier roman qui porte des fruits prometteurs.
Un vœu ?
Que le roman soit porté à l’écran.

Assurément le nom de Niklas Natt och Dagg est à retenir.

Enfin, dans une année littéraire des romans de ce niveau il n’en existe que très très peu… Donc à ne pas laisser passer :)



dimanche 7 avril 2019

Le Dernier Atlas - Vehlmann & De Bonneval & Tanquerelle & Blanchard




















Le dernier Atlas T1/3
Editions DUPUIS

Ismaël Tayeb est lieutenant dans un gang criminel. Son grand patron lui donne un ordre qu'il ne peut refuser : trouver une pile nucléaire... Pour cela il va devoir remettre en marche et voler le dernier Atlas, un de ces immenses robots français qui géraient des constructions titanesques jusqu'au milieu des années 70, mais qui, suite à un grave incident à Batna durant la guerre d'Algérie, ont tous été démantelés… à l'exception du George Sand. Au même moment, Françoise Halfort, ex- reporter de guerre, se retrouve confrontée dans le parc de Tassili à un phénomène écologique et sismique sans précédent qui va bouleverser l'équilibre du monde... Un récit-fleuve, intensément feuilletonnant, à lire d'urgence !

Blanchard
Dessin
Issu des rangs de l'ESAG Penninghen, Fred Blanchard a connu une carrière d'illustrateur de presse avant de devenir directeur de collection pour les Éditions Delcourt, défendant une bande dessinée de genre exigeante.
C'est lui qui donne le design général du Dernier Atlas.

de Bonneval (Gwen)
Scénario
Gwen de Bonneval aime diversifier les approches de la BD : tantôt auteur complet, tantôt dessinateur sur des scénarios de F. Vehlmann, ou encore scénariste.
C'est en tant que co-scénariste qu'il intervient sur Le Dernier Atlas.

Tanquerelle
Dessin
Son travail évolue aussi bien dans la bande dessinée dite de genre, que dans l’adaptation littéraire ou le récit de témoignage que l’autofiction.
Son dernier ouvrage en date est Le petit livre de la french pop avec Hervé Bourhis.
C'est lui qui dessine et donne vie aux personnages du Dernier Atlas.

Vehlmann
Scénario
Curieux et enthousiaste, Vehlmann touche à tous les genres : humour, science-fiction, aventure, conte,... Il multiplie les collaborations avec des dessinateurs aux styles divers.
C'est lui qui co-scénarise "Le Dernier Atlas", avec Gwen de Bonneval.

(Source Éditions DUPUIS)

Grybouille,

Un personnage principal qui m’a fait penser à «XIII », ou à Roschdy Zem dans « Go Fast », ou encore Tomer Sisley dans « Largo Winch »… Autant dire que j’ai bien aimé !

Un scénario qui dorlote les lecteurs entre des scènes d’actions et un côté science-fiction.

L’Europe, l’Afrique et l’Inde sont les coins de la planète que nous visitons.

Un voyage dans Le milieu du banditisme, des policiers, des scientifiques, des narco-djihadistes, des robots, et…une histoire qui plonge ses racines dans ce qui aurait pu être notre Histoire…
Les Éditions DUPUIS ont le chic pour dénicher des équipes qui ont la faculté de créer de nouveaux univers. Et là, force est de constater, que c’est une réussite.

Plongeons dans le cœur de la « bête », lorsque votre Grybouille a reçu cet album de 232 pages, je me suis dit : « Waaooouuuu, ils n’ont pas chômé… »
Le volume à l’extérieur comme à l’intérieur est somptueux. Les planches en couleur mettent en valeur le scénario qui lui pourrait servir de story-board à un film.
Les pages défilent.
Les lecteurs sont happés par l’histoire.

L’histoire c’est celle d’Ismaël Tayeb, né en France de parents algériens, il rêvait enfant de piloter un jour un de ces monstres d’acier, un « Atlas ».
L’occasion va lui être donné lorsque « Dieu le Père » veut récupérer une source nucléaire et qu’il lui confit la mission d’en récupérer une.
Alors pourquoi, ne pas voler le dernier Atlas le « George Sand » qui rouille en Inde après la catastrophe de Batna…

Les personnages :

Elena Tayeb, femme au passé mystérieux, soutien sans faille d’Ismaël…
Jea Legoff, surnommé « Dieu le Père », un parrain d’envergure internationale
Roland Fabre, ex-ingénieur nucléaire
Françoise Halfort, journaliste qui travaille sur la catastrophe de Batna
Madame Seghal, ingénieure hydraulique qui travaille pour la mafia de Bombay
Gregor et Hamid, des lieutenants de Legoff et Tayeb

De la guerre d’Algérie à la mondialisation, voilà l’Aventure avec un grand « A »…

L’avenir pour cette histoire hors norme ?
Deux autres tomes de 232 pages, ces artistes sont fous pour notre plus grand bonheur de bédéphiles J

Bonne lecture à tous (tes)
Et @ bientôt,