samedi 31 juillet 2021

Vindicta - Cédric Sire

Résumé : « On entre, on prend le fric, on ressort. Personne ne sera blessé. » Damien, Élie, Audrey et Driss s'imaginaient avoir trouvé le plan parfait et la réponse à tous leurs problème : le bijoutier ne porterait pas plainte pour le vol d'un objet illégal. Mais maintenant, l'irréparable est commis et un monstre vengeur est à leurs trousses.Fraîchement muté dans un groupe de surveillance, Olivier est loin d'imaginer qu'il sera le témoin clé d'un cyclone meurtrier. Des déserts du Moyen-Orient aux villes sombres et silencieuses du territoire français, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut vous sauver. Pur instrument de torture et de mort, il n'a pas de nom, pas de visage, l'habitude de tuer et un cimetière de cadavres derrière lui. Mais dans cette affaire, pas de contrat. Cette fois-ci, c'est personnel.

 

 

 

 

Chronique : Cédric Sire (ou Sire Cédric pour ceux qui le suivent depuis ses débuts) revient avec un thriller efficace !

Je n'ai pas toujours été fan des romans de cet auteur notamment parce que j'ai du mal avec le mélange entre une ambiance fantastique et le polar, je préfère que les thrillers restent dans le domaine réaliste et ne suscitent pas des questionnements sur des phénomènes paranormaux. Néanmoins j'ai été plutôt convaincue par les thrillers de cet auteur et j'ai donc continué de poursuivre ma découverte de son univers avec Vindicta.

Ne tournons pas autour du pot: Vindicta est à mes yeux le meilleur thriller de l'auteur, son bijou, LE titre qui me permet de confirmer que j'avais raison de continuer à lire les romans de cet auteur même si je n'ai pas toujours été satisfaite de l'atmosphère fantastique proposée. Ici nous sommes dans un thriller redoutable !

Les chapitres sont courts et percutants, l'atmosphère est électrique, addictive et sombre, les personnages vont faire face à une avalanche de rebondissements et de violence, ils sont très intéressants surtout l'antagoniste du livre qui est fascinant !

C'est vraiment le thriller idéal à emmener avec vous sur la plage ou à lire dans les transports (vous risquez cependant d'oublier de descendre à votre arrêt), c'est un titre qui se lit d'une traite, qui n'a aucun temps mort et qui ne peut pas se lâcher.

En définitive, j'ai adoré ce thriller qui est (à mes yeux) LE meilleur roman de Cédric Sire.

 


 

jeudi 29 juillet 2021

Numérique - Marina et Sergueï Diatchenko

Traduction : Denis E. Savine 

Résumé : Arsène est un adolescent de 14 ans, issu d'une famille « dysfonctionnelle » moderne : un père obsédé par l'information en continu et une mère accro aux blogs et aux réseaux sociaux. Surdoué que l'école ennuie, il préfère passer son temps devant l'ordinateur, où il gère des alter ego numériques : le docteur Vetti qui élève et vend des chiens virtuels et, surtout, Ministre, un personnage de jeu en ligne massivement multijoueur. Fin stratège et manipulateur, il réussit à mener de front ses vies multiples jusqu'au jour où tout bascule : privé d'ordinateur à un moment crucial dans la vie de Ministre, il fugue et découvre à ses dépens la violence et la dangerosité du monde réel. C'est dans ces circonstances qu'il rencontre Maxime, un homme étrange qui collectionne des souris dont il sectionne les câbles dans les cybercafés où des tenanciers / administrateurs peu scrupuleux volent les données personnelles de leurs clients. Après lui avoir sauvé la mise et sans doute la vie, Maxime propose à Arsène de postuler à un poste de testeur de jeux vidéo au sein de l'entreprise qu'il dirige. Des jeux d'une nouvelle génération, qui projettent le joueur dans l'univers virtuel en immersion totale. Cependant, Arsène n'est pas le seul à briguer le poste : Ils sont cinq à avoir été sélectionnés par Maxime pour leur maîtrise des compétences ludiques. La compétition peut commencer.

Mais qui est réellement Maxime ? Un manipulateur qui exerce une coercition douce sur chacun des candidats ? Un visionnaire du devenir virtuel du monde ? Un charlatan ? De mensonges et de demi-vérités en faux-semblants, Arsène va devoir apprendre à naviguer entre deux mondes dont les frontières s'estompent et s'interroger sur ses motivations et son éthique personnelle, alors que l'enjeu qu'il perçoit derrière les jeux de Maxime peut déboucher sur le contrôle de l'humanité.

 

Chronique : Parmi les parutions incontournables de l'année, voici Numérique!

Comme beaucoup d'autres lecteurs, Vita Nostra a été une vraie claque littéraire, une lecture marquante, très originale et inoubliable. Ainsi j'attendais cette suite avec impatience sachant que chaque livre est indépendant, ils sont réunis sous un triptyque ayant une thématique commune mais peuvent se lire séparément.

Après un premier tome magistral, il était difficile de faire mieux ou de faire aussi bien, cependant même si j'ai préféré Vita Nostra, Numérique est un deuxième tome excellent et addictif.

Tout commence avec le jeune Arsène, un adolescent passionné par l'univers des jeux vidéos. Une passion dévorante pour un être surdoué qui ne suscite pas toujours la sympathie. Sa route va l'amener à être testeur de jeux pour le compte de Maxime, un être mystérieux dont les ambitions sont nébuleuses.

En lisant ce livre j'ai eu l'impression de lire un roman qui mêlait Matrix à La Stratégie Ender tout en y apportant sa propre originalité. Les deux auteurs ont un talent rare pour proposer une intrigue addictive, sombre et prenante mêlée à une analyse riche et travaillée sur des thèmes essentiels.

Ainsi le lecteur est amené à se questionner sur son rapport à la technologie, à l'omniprésence des objets électroniques, des réseaux sociaux, de la télévision. Si de nombreux livres ont abordé le sujet, aucun ne l'a fait comme Marina et Sergueï Diatchenko, ces deux romanciers ont su marquer leur originalité avec force et talent.

En définitive, j'ai adoré ce nouvel opus des Métamorphoses, c'est vraiment une série à découvrir pour sa profondeur, son originalité et son caractère inoubliable.


 

mardi 27 juillet 2021

Les Gardiens du Dessein - Florestan De Moor

Résumé : Il avait suffi d'une voix pour que tout bascule. Une voix pour que les espoirs de Larry Herdson d'accéder à la Chancellerie se brisent. Et quand son concurrent David Paldor tombe le masque, Larry n'a d'autre choix que de s'enfuir. Mais David Paldor n'est pas le seul à avoir plusieurs visages : dans les tréfonds d'une planète gelée, une civilisation pas si disparue, gardienne d'un obscur dessein, pense tirer les ficelles.
Dans cette pièce de théâtre galactique où les traqueurs sont aussi les traqués, Larry deviendra-t-il à son tour le pion dissident ?

 

 

 

 

 

 

Chronique : C'est toujours une joie de découvrir le premier roman d'un jeune auteur, j'attendais avec impatience la parution du roman Les Gardiens du Dessein, voici mon humble avis.

En plongeant dans ces pages une chose est devenue certaine très rapidement : Florestan De Moor est un écrivain talentueux qui possède une plume fluide et addictive ainsi qu'une imagination débordante. Le Livre I du roman permet d'introduire de multiples protagonistes dont les destins vont progressivement se croiser : Larry, un politicien qui rêve d'être élu à la tête de l'Empire, Jordan qui en pleine quête mystérieuse et Cassandre qui fait des recherches scientifiques. Le Livre II se consacre plus  à l'action et aux rebondissements jusqu'au final.

D'autres personnages vont se greffer à cette intrigue qui va aller au-delà de l'Espace et du Temps pour nous faire découvrir ce qu'est le Dessein et qui sont ses Gardiens. Ainsi il y a de nombreuses bonnes idées dans ce premier roman foisonnant, c'est un livre qui possède de multiples qualités mais aussi des bémols.

En effet, malgré le talent indéniable de son auteur, malgré les sérieux atouts de ce premier roman, j'ai trouvé que le potentiel de cette histoire n'avait pas été pleinement mis en valeur.

Tout d'abord, heureusement que la maison d'édition a choisi de sortir ce titre en un seul tome (et non en deux tomes comme cela avait été pensé à l'origine) car le premier livre se révèle trop introductif pour pleinement satisfaire le lecteur et lui donner envie de lire la suite. Il aurait fallu que l'ensemble soit moins descriptif car les moindres faits et gestes des personnages sont décrits avec précision et on a presque l'impression de faire du sur-place pendant un temps.

Ensuite, j'ai trouvé l'intrigue très intéressante, elle propose une réflexion sur l'humanité, la création, notre rôle et place dans l'Univers. Il y a de la politique, de l'action, de la science, de la religion. L'auteur fait preuve d'une grande maturité sur les thèmes abordés. Néanmoins l'exécution de ces différents points est parfois un peu maladroite, les révélations ne sont pas toujours surprenantes, les rebondissements sont assez prévisibles et parfois légèrement stéréotypés.

Ainsi je n'ai pas pu m'empêcher de comparer ce livre à d'autres romans du genre et c'est cela qui m'amène à souligner ces bémols car pris indépendamment c'est un premier roman d'une grande richesse, écrit avec une plume assurée et si on enlève les quelques longueurs/descriptions à outrance cela donne un premier roman avec un univers fascinant, les premiers pas d'un auteur à suivre !

En définitive, j'ai trouvé que ce premier roman avait un gros potentiel, l'auteur a un talent indéniable et j'ai vraiment envie de découvrir ses prochains livres néanmoins ce titre souffre de quelques bémols et surtout de la comparaison avec des œuvres antérieures. 

 

 

samedi 24 juillet 2021

Avant l'été - Claudie Gallay

CHRONIQUE DE SCARLETT

Résumé : Jess a vingt-trois ans et quatre amies de toujours. Pour la fête du Printemps, les cinq filles décident de présenter un défilé de mode : elles vont chiner, coudre et créer des tenues, mais surtout elles vont oser monter sur scène, entrer dans la lumière. Envisager cette audace, c'est déjà changer, or Jess va changer bien plus encore, en quelques mois, au risque de perdre une amie, au risque de se découvrir, au risque de s'envoler. Un roman de la métamorphose, frais, joyeux et enlevé, plein de promesses d'avenir.

 

 

 

 

 

 

Chronique :

« Quoi qu’on fasse, on le sait, on va perdre. On perd tous à ce jeu. Même les plus forts. Même les champions. Même ceux qui font exploser le compteur des points. Dès qu’on commence à jouer, la partie est perdue, la bille finira par être avalée. On joue pourtant. Pour ce moment exaltant où on tient la bille dans les hauteurs, quelques minutes où on la garde dans les lumières, et on a l’illusion qu’elle y restera. Rester dans les lumières, c’est l’enjeu. »

 

Le dernier roman de Claudie Gallay « Avant l’été » nous emmène dans les années 80 dans la région lyonnaise dans une petite ville de province. On y retrouve Jessica dans l’hôtel des géraniums chambre du 6è tout en haut, c’est en fait l’hôtel de ses parents. Jess vivait depuis un an avec Antoine dont elle était très amoureuse mais lui a décidé que c’était terminé alors Jess est revenue dans la petite ville natale. Tout en haut au 6e sans job, sans réelle perspective, elle attend Jess, elle n’est pas vraiment pressée d’y aller, d’avancer alors que tous autour d’elle sont persuadés qu’un ailleurs l’attend, qu’elle a ce quelque chose qui font avancer les êtres. Et puis un concours est proposé, alors Jess et ses 4 meilleures amies décident de se lancer, ce sera un défilé de mode.

Et la jeune femme va nous conter son vécu, son ressenti et nous allons voir tous les personnages de ce roman évoluer ou stagner, s’élever ou tomber. Nous irons à la rencontre de Juliette la meilleure amie de Jessica qui possède la grâce d’une fée et la beauté d’une diva mais aussi la fragilité de savoir que cela ne suffit pas. Il y a Camille la caissière de la superette dont le rêve est de devenir esthéticienne, Boucle d’or qui travaille au guichet de l’anpe et Broussaille la jeune vendeuse rousse, gentille un peu trop parfois qui cherche le grand amour en testant tous les garçons qui l’attirent.

Et en périphérie de ce petit groupe, il y a les autres, Moreno le petit caïd  surement amoureux de Jess et sa bande  qui trainent sur la place et font les marioles. Il y a aussi Tommy le frère de Juliette qui ferait tout pour sa sœur et Mme Barnes aussi qui est revenue s’installer quelques temps dans sa belle maison bourgeoise et qui demande à Jess d’être sa dame de compagnie , Mme Barnes qui jouera un rôle essentiel dans la vie de Jess, et puis il y a les parents, les voisins.

A travers le regard de Jessica, Claudie Gallay nous raconte une histoire d’amitiés enfantines, certaines qui durent et d’autres non, elle nous parle aussi des rêves qui se réalisent et de ceux qui sombrent. Il est aussi question de la vie des gens de cette petite ville, les ambitieux, les vrais gentils, les simples, les prétentieux et ceux qui regardent en commentant.

Les chapitres sont très courts mais le livre se traine un peu en longueur un peu comme la vie de Jess. Il y a quelques moments de grâce dans ce roman mais il semble un peu hors du temps et loin du lecteur. J’ai lu de nombreux livres de l’auteure qui m’ont émus, mais les personnages d’Avant l’été ne m’ont pas convaincus, ni vraiment touchés. Le roman reste malgré tout une agréable lecture d’été.

 

« Je veux tout avoir. Je veux être ici et ailleurs, partir et rester, je veux que les choses changent et que pourtant rien ne change, je veux grandir aussi, continuer a vivre ici , avec vous, et je veux aussi m’en aller, et je pleure de m’en aller, je veux tout garder, ne rien perdre, ne rien quitter, ne rien jeter et tout jeter pourtant, vivre ma vie, et continuer celle de ma mère et celle de ma grand-mère, et tourner le dos et m’en aller.»

 





jeudi 22 juillet 2021

Le magicien quantique - Derek Künsken

Traduction : Gilles Goullet

Résumé : Belisarius Arjona est un homme quantique. Ses pairs ont été créés pour pousser les capacités cognitives de l'humain à un niveau extrême. En fugue quantique, Belisarius est capable de transformer la probabilité en réalité. Toujours sur le fil, de par sa nature-même, il a trouvé un équilibre précaire en tant qu'escroc. Et quand un client lui offre une immense richesse pour déplacer une flotte de vaisseaux de guerre à travers un trou de ver ennemi, Belisarius accepte la mission et se met en quête d'un équipage composé de post-humains comme lui, mais aussi d'une Intelligence Artificielle surpuissante répondant au doux nom de saint Mathieu. Réussiront-ils leur mission, au risque de déclencher une guerre interstellaire ?

 

 

 

 

Chronique : La collection Imaginaire des éditions Albin Michel a su s'imposer comme une collection incontournable pour tous les amoureux de SFFF et Le Magicien quantique faisait partie des parutions que j'avais le plus envie de lire.

Imaginez un mélange entre La Casa de Papel et de la SF : voici Le Magicien quantique. Tout commence avec Belisarius, un homme quantique, un homme "amélioré" qui a des possibilités intellectuelles inimaginables et une soif inextinguible de connaissances. Un homme qui cherche à lutter contre sa nature imposée et est devenu un escroc réputé. C'est alors qu'on lui propose l'escroquerie du siècle : un plan dangereux voire impossible et pour le réussir Bel doit réunir la plus fine équipe.

Derek Künsken nous propose un univers complexe où les trous de ver sont utilisés, les modifications scientifiques et les créations biologiques ont amené des changements radicaux dans la perception de la notion d'humanité. Un monde où des hommes quantiques existent mais aussi bien d'autres êtres comme les Fantoches, créations effrayantes, des êtres créés pour vénérer les Numen jusqu'à ce que la création se retourne contre le créateur, jusqu'à ce que le Dieu devienne lui-même esclave. Les limites de l'Espace ont été étendues, des mystères demeurent mais l'Univers semble bien plus vaste et fascinant dans ce roman.

Ce roman possède deux qualités majeures. En premier lieu elle nous présente une brochette de personnages tous fascinants à leur manière. J'ai bien sûr apprécié Arjona qui cherche à aller au-delà de sa nature mais j'ai aussi beaucoup aimé Marie, Saint Matthieu et Stills qui sont tous uniques en leur genre, certains pour leur franc-parler d'autres pour leur capacité à comprendre les autres mieux qu'ils ne se comprennent eux-mêmes. La seconde qualité repose sur les réflexions engendrées par cette lecture, l'auteur fait preuve d'une grande rigueur scientifique et cherche à nous faire percevoir des possibles a priori impossibles.

Après je n'ai pas eu de coup de cœur pour ce livre car je n'ai pas été pleinement emportée par cette lecture. J'aime beaucoup la Hard Science-fiction donc en général je n'ai pas peur que les auteurs abordent des domaines scientifiques que je ne connais pas en profondeur, néanmoins j'apprécie lorsque les auteurs arrivent à harmoniser l'intrigue avec les réflexions d'ordre scientifique. Ici j'ai trouvé que Derek Künsken perdait parfois de vue son histoire ou n'arrivait pas à mélanger cela avec ses questionnements quantiques. De surcroit au regard du potentiel de cet univers, j'aurais aimé que l'auteur soit plus ambitieux dans son intrigue et aille au-delà de la mise en place d'un plan et de son exécution. L'auteur voit grand dans les théories scientifiques, il aurait fallu qu'il en soit de même pour son histoire.

En définitive, j'ai beaucoup aimé cette lecture dans l'ensemble, c'est un très bon premier roman mais j'aurais aimé que les théories scientifiques s'harmonisent plus avec l'histoire et que cette dernière ait une envergure plus importante.