samedi 23 juin 2018

Alex Verus [Tome 1 : Destinée] - Benedict Jacka

Lu en : V.F.
Traduction : Marie de Prémonville
Résumé :  Alex Verus vit à Londres et il est devin. Il peut voir le futur comme un faisceau de probabilités. Pour le commun des mortels, c’est un don impressionnant, mais pour les autres mages, c’est le bas de l’échelle des arts occultes. De toute façon, Alex a tourné le dos à cette confrérie. Trop de rivalités, de secrets, de complots, trop de morts… Sa seule ambition est de mener une existence sans histoires, caché dans sa petite boutique d’accessoires pour magiciens amateurs. Dans l’arrière-salle, il continue à faire un peu de marché noir, c’est risqué mais le commerce des vrais objets magiques lui permet de payer le loyer. Quand une relique puissante échoue entre ses mains, il se retrouve la proie des forces auxquelles il avait essayé d’échapper, forcé de choisir un camp dans une bataille qui le dépasse. Voir le futur n’est pas toujours drôle, surtout quand le sien semble à ce point compromis. Alex Verus est un prodigieux cocktail de fantasy et de thriller. Porté par des personnages complexes et attachants, son intrigue est un concentré d’aventures, de drôlerie et d’émotion. On y retrouve les classiques du genre (bestiaire fantastique, batailles de sortilèges) mais le talent de l’auteur est de combiner tous ces éléments en un suspense haletant.





Chronique : Magie et Angleterre. Nous pensons immédiatement à Harry Potter, Bartiméus, Jonathan Strange et Mr Norrell. Nous penserons aussi maintenant à Alex Verus !
 
Si vous êtes nostalgique de tous les romans susmentionnés, vous allez trouver votre bonheur avec ce premier tome. Benedict Jacka a parfaitement réussi à rendre hommage à ces différents univers tout en s'appropriant ce genre littéraire, tout en apportant sa propre pierre à l'édifice.

Il est vrai que cette saga aurait pu souffrir d'un manque d'originalité mais en vérité même si Alex Verus ne renouvelle pas le genre, il s'inscrit idéalement dans sa lignée et nous fait passer un bon moment de lecture.

Je vais attendre de lire les prochains tomes pour me fixer sur cette saga car si ce premier tome est addictif il reste tout de même introductif. On découvre l'univers de l'auteur où les magiciens sont en compétition permanente, où la force et la puissance sont les qualités les plus importantes; où le fait d'être devin est considéré comme un don mineur. 

Alex Verus est un personnage principal très intéressant car il n'est pas considéré comme une légende ou un magicien puissant, il aimerait seulement qu'on le laisse agir tranquillement, sans s'afficher sur le devant de la scène. Le destin en décidera autrement...

En définitive, j'ai bien aimé ce premier tome et j'attends beaucoup de la suite pour me fixer définitivement.




vendredi 22 juin 2018

L'Irrésistible histoire du Café Myrtille - Mary Simses

Lu en : V.F.
Traduction : Julie Groleau
Résumé : Ellen Branford, ravissante avocate new-yorkaise, se doit d’exaucer le vœu qu’a formulé sa grand-mère avant de mourir : retrouver son amour de jeunesse et lui remettre sa dernière lettre. Ellen part sur la route, pour s’arrêter à Beacon, petite ville côtière du Maine. Alors qu’elle explore les lieux, elle manque de se noyer – une mésaventure qui fait d’elle une célébrité locale et la pousse littéralement dans les bras d’un certain Roy. Et tandis qu’elle lève le voile sur le passé de sa grand-mère et qu’elle poursuit sa quête, Ellen comprend qu’elle n’aura pas assez d’un séjour de vingt-quatre heures. Mais lorsque son fiancé vient jusqu’à Beacon à sa rescousse, la jeune femme doit repenser la vie qu’elle veut vraiment avoir...Une irrésistible comédie romantique qui prône les plaisirs d’une vie simple.





Chronique : Dès le départ je suis tombée sous le charme de cette couverture, de ce résumé; j'avais envie d'une lecture pétillante et émouvante. Quel est mon sentiment après lecture ?

J'ai beaucoup aimé ce livre qui correspondait parfaitement à mes attentes de lecture. En effet, je voulais une belle romance, une intrigue addictive sans pour autant être originale, une histoire agréable avec des personnages attachants. 

Ainsi Mary Simses reprend tous les ingrédients qui font le succès de ce genre littéraire, il n'y a donc pas d'histoire unique en son genre mais cette romancière maitrise parfaitement sa partition et dès lors on prend grand plaisir à lire ce roman.

Avec ce livre je retrouve le Nil qui a découvert Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, je retrouve cette ambiance si lumineuse, si passionnante et si addictive. Je retrouve ces personnages qui sont comme des amis et dont on aime suivre les péripéties. C'est vraiment une lecture idéale si on souhaite s'évader, se régaler, prendre plaisir à lire sans se prendre la tête.

Tout le long de ma lecture j'ai souri, j'ai ri et j'ai été émue. C'est un vrai régal de se plonger dans ce genre de roman après la lecture d'un énorme pavé ou après la lecture d'un roman noir/thriller afin de varier les plaisirs littéraires. C'est un roman qui fait du bien.

En définitive, une comédie romantique très agréable à lire et que je recommande vivement pour les beaux jours à venir !



Un Manoir en Cornouailles - Eve Chase

Lu en : V.F.
Traduction : Aline Oudoul
Résumé :Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.
Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?
Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l’amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.






Chronique : Je suis véritablement fan de cette refonte graphique du Nil, cette nouvelle charte graphique permet de donner une personnalité très originale à ces parutions, cela ne donne qu'une envie : dévorer ces livres avec gourmandise !

Un Manoir en Cornouailles est un roman assez classique dans l'intrigue mais qui se révèle très plaisant à lire. Il faut souligner que le début est un peu lent à démarrer, il faut laisser du temps aux différentes intrigues de se mettre en place mais j'ai aimé cet hommage aux romans dans la lignée de Kate Morton.

Dans ce livre nous suivons deux personnages, deux époques. Cette construction entre passé et présent devient assez récurrente dans ce type de roman mais j'aime ce genre de narration car elle apporte deux rythmes différents qui s'alternent parfaitement.

J'ai aimé cette lecture mais il manquait un certain souffle romanesque à l'ensemble. En effet Eve Chase reprend les codes du genre, les deux histoires sont intéressantes mais pas toujours passionnantes surtout à cause de ce début assez long car il faut que l'auteure puisse mettre en place les deux intrigues, la personnalité des deux personnages.

En définitive, une lecture agréable mais avec le bémol d'un début qui est assez lent.



Neuf contes - Margaret Atwood

Lu en : V.F.
Traduction : Patrick Dusoulier
Résumé : Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite. Une femme née avec une malformation génétique passe pour un vampire. Un crime commis il y a longtemps se voit vengé dans l’Arctique par un stromatolithe vieux de 1,9 milliard d’années… Dans ce recueil composé de neuf contes poétiques et satiriques empreints d’une ambiance gothique, Margaret Atwood, la grande dame des lettres canadiennes, s’aventure dans des ténèbres explorées avant elle par des auteurs tels que Robert Louis Stevenson, Daphné Du Maurier ou Arthur Conan Doyle – ainsi que par elle-même, dans son roman adapté en une série TV unanimement saluée par la critique, Captive.



Chronique : Margaret Atwood, auteure du grand classique La Servante écarlate, revient avec un recueil de nouvelles !
 
Sur le blog, nous avions adoré son dernier roman C'est le cœur qui lâche en dernier, un roman dans la lignée de La Servante écarlate car étant ancré dans le genre de la dystopie. Ici nous retrouvons Margaret Atwood avec des nouvelles imprégnées d'une ambiance gothique.

Le genre de la nouvelle n'est pas forcément reconnu en France mais aux Etats-Unis c'est un genre extrêmement important car la plupart des grands auteurs américains ont commencé par là. Si vous n'avez jamais lu de nouvelles et que vous souhaitez vous lancer, ce recueil peut être une bonne idée notamment si vous aimez les ambiances à la Edgar Allan Poe, à la Daphné du Maurier.

Ce recueil nous parle des souvenirs, du deuil, de la vieillesse et tout cela avec un humour noir, un ton satirique.

J'ai apprécié ce recueil pour certaines nouvelles qui engendrent des émotions fortes : l'effroi, la compassion, l'empathie ou l'angoisse. Il y a certaines nouvelles qui n'ont pas su me convaincre. Ce n'est pas un recueil parfait mais c'est un recueil intéressant par ces thématiques, par la plume de l'auteure et pour en apprendre plus sur l'univers de cette grande écrivaine.

En définitive, j'ai adoré certaines nouvelles, je suis plus mitigée sur d'autres. Un recueil idéal pour les fans de l'auteure ou pour ceux qui souhaitent la découvrir.




jeudi 21 juin 2018

La symphonie du hasard [Tome 2 & Tome 3] - Douglas Kennedy



























Lu en : V.F.
Traduction : Chloé Royer
Résumé :
Deuxième tome : Pas évident d’échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande.
D’abord déstabilisée par l’accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d’une autre vie.
Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l’IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu’Alice aurait préféré oublier à jamais…

Troisième tome : On ne peut jamais vraiment prévoir l’avenir ni savoir ce qui nous attend. On peut échafauder des projets, entretenir des espoirs. Mais la symphonie du hasard égrène toujours ses notes, et ses variations incessantes nous rappellent que tout ce que la vie a d’intéressant, de bon, de merveilleux, sera éternellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable. C’est le prix à payer pour ce cadeau extraordinaire qui nous est fait : l’absence de certitudes… Sinon celle, absolue, que la présence de chacun de nous dans cet espace grand ouvert touchera un jour à sa fin.
Mais pour ceux d’entre nous qui sont toujours là, sur le chemin, que dire de ce qui nous attend ? Quels mots suffiraient à résumer ce qui s’étend devant nous ?

Chroniques :

Deuxième tome : Lorsque j'ai commencé ce deuxième tome de la trilogie La symphonie du hasard je me demandais comment l'auteur allait réussir cette transition entre New York et Dublin et je peux vous dire que la transition est opérée avec brio !

 Si le premier tome souffrait de quelques longueurs pour installer l'intrigue, ce voyage nécessaire à Alice pour se (re)trouver, est aussi une excellente idée pour donner un souffle romanesque supplémentaire à cette histoire.

Ce deuxième tome est vraiment une très bonne lecture car il permet de faire plus ample connaissance avec Alice, il permet de changer de cadre spatial, de découvrir l'Irlande de l'époque et d'en apprendre plus sur ce pays.

En effet Douglas Kennedy a toujours eu le don de mélanger fiction et grande Histoire comme le souligne cette suite qui met en avant une Irlande où l'IRA voit le jour. Un tournant décisif se met donc en place pour l'Histoire de ce pays. D'autres événements historiques importants vont être traités tout au long de ce livre : Douglas Kennedy maitrise parfaitement le genre du roman historique.

J'ai aussi beaucoup aimé cette suite car Alice réussit enfin à s'épanouir, à étudier. C'est donc un tome primordial pour l'évolution de ce personnage.

En définitive, une suite excellente qui permet d'approfondir le personnage d'Alice.














Troisième tome : Après un premier tome agréable à lire, après un deuxième tome passionnant, voici le troisième tome. 

Cette fresque historique a su véritablement me plaire notamment du fait de ce mélange harmonieux entre la grande Histoire et l'histoire des différents personnages présents dans cette trilogie. J'ai aimé cette faculté du romancier à nous plonger au cœur d'une intrigue passionnante, de nous faire rencontrer une héroïne fascinante, de suivre toutes ses aventures en même temps que les chamboulements historiques.

Suite à un drame terrible survenu à la fin du deuxième tome, Alice revient aux Etats-Unis. Nous retrouvons une héroïne qui a subi une tragédie, une héroïne brisée qui va devoir trouver sa voie et continuer à avancer.

Ce tome-ci est pour moi légèrement moins addictif que les deux premiers.  Si pour le premier il y avait le souffle de la découverte, si pour le deuxième il y avait l'épanouissement d'Alice et la découverte de l'Irlande; ce troisième opus entraîne une sorte de résignation de la part de l'héroïne pendant une grande partie du livre.

Cette suite est passionnante du fait du cadre historique mais j'aurais aimé que le drame ne soit pas omniprésent constamment, il y a certes des instants de lumière mais il est vrai que la famille Burns n'a pas le don de trouver le bonheur...

Avec une plume toujours aussi belle et fluide, nous continuons à suivre la vie d'Alice tout en faisant plus ample connaissance avec la personnalité des autres membres de la famille Burns. 

Je tiens particulièrement à saluer la traduction de Chloé Royer, une traduction vraiment excellente qui retranscrit parfaitement la poésie des mots de Douglas Kennedy.

En définitive, une belle conclusion même si ce troisième tome n'est pas le meilleur de la trilogie. Cependant Douglas Kennedy laisse la porte ouverte : "à suivre..."?


Le magasin jaune - Marc Trévidic






















Le magasin jaune
Au début de l’année 1929, un jeune couple rachète un magasin de jouets en faillite dans le quartier de Pigalle. Gustave et Valentine pensent qu’à vendre le bonheur, on ne peut que le trouver soi-même. Ils repeignent la boutique couleur mimosa  : le magasin jaune naît. C’est un soleil. Les parents et les enfants tournent autour  ; les jouets s’animent  ; la vitrine s’illumine. Les odeurs et les bruits de la rue meurent à sa porte.
Mais au-dehors, le monde change. La crise financière puis politique obscurcit tout. Arrivent la guerre, l’Occupation allemande.
Le Magasin jaune sera-t-il préservé de la violence et de l’horreur ? Ou n’est-il qu’une prison d’illusions et de mensonges ? Gustave s’y enferme et y garde ses secrets. Valentine veut s’en échapper. Les enfants, seuls, continuent de jouer le jeu, avec à leur tête la princesse du Magasin jaune. Ils recréent le monde, l’imitent parfois, mais toujours préfèrent l’innocence du rêve à la violence du cauchemar.
De 1929 à 1942, de l’Art déco aux chars d’assaut, de Cole Porter à la musique militaire, Le Magasin jaune retrace l’histoire d’un lieu où joies et désespoirs se succèdent, où la résignation fait place à la résistance, tandis que le regard énigmatique et froid d’Arlequin nous met en garde  : le bonheur est fragile comme une poupée de porcelaine.

Marc Trévidic
Ancien juge d’instruction au pôle antiterroriste du Tribunal de Grande Instance de Paris, aujourd’hui premier vice-président au Tribunal de Grande Instance de Lille, Marc Trévidic est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués, tous parus chez Lattès : Au cœur de l’antiterrorisme (essai, 2010), Terroristes (essai, 2013) et Ahlam (roman, prix 2016 Maison de la presse).

Grybouille

Injuste, oui, c’est trop injuste d’avoir du talent à la hauteur de M. Marc Trévidic.
Après « Alham », son premier livre hors de sa zone de confort, qu’est la lutte contre le terrorisme. Nous retrouvons notre juge/écrivain préféré dans un roman qui retrace la vie d’une famille de commerçants pendant une période noire de notre histoire.
Gustave et Valentine tiennent le « Magasin Jaune » où ils vendent des jouets… Comment en sont-ils arrivés là ? C’est sur le 4ème de couverture, ci-dessus.

Le p’tit Duc va vous parler de ce qu’il a vu entre les lignes de cette histoire sans concession à plusieurs étages. Il y a le récit propre au roman, les entrées des chapitres qui ressemblent à un journal intime de Valentine et puis des paragraphes en italique où la magie se doit de prendre entre le monde féerique des jouets et la dure réalité de la vie courante en ces temps troublés…

Le récit, c’est Gustave et Valentine issus d’univers très différents. Gustave qui vient d’une famille d’ébéniste jurassienne, trop tôt orphelin. La première guerre mondiale est passée par là… Et Valentine qui vit seule avec sa mère,  une bigoudène devenue bigote et qui fait tourner les guéridons pour rester en contact avec ses êtres chers...

L’Amour, ce lien qui brise les barrières passe par là et un projet, celui de reprendre un magasin de jouets finit de lier les deux jeunes gens.

Les entrées des chapitres, Valentine fait le point sur sa vie et ses rapports avec Gustave : « Mes deux rêves prennent forme… »

Les paragraphes en italique, la magie : « Dans le magasin jaune, l’atelier est un lieu de mystère et de miracles… »

Et puis, un 25 décembre, le fruit de cet Amour voit le jour. Elle devait s’appeler Noëlle, elle s’appellera Germaine Pilon. Mais très vite un surnom vient la baptiser, définitivement, ce sera « 15 », du chiffre que porte le « Magasin Jaune ».
« Le bonheur s’installe. On ne le reconnait même plus et on oublie qu’il peut disparaitre en un instant. »

Très vite, la vitrine du magasin devient le lieu de passage pour les enfants du quartier…
« Les miracles ne se monnaient pas. Pour les enfants… »

Mais, l’histoire va les rattraper… Tous, Léa, Pierre, Edouard, Socrate, Grand Louis, Manon, la bande des enfants, Karl, les habitants de la rue Germain-Pilon, Francine, Raoul, M. Roland…

Certains vont me dire : « Et… »

Et bien voilà, ce « Magasin jaune », c’est un soleil qui rayonne et repousse les ténèbres de l’occupation. Tel un Dieu égyptien auréolé de chaleur qu’il dispense à toute la rue.

Alors ? Peut-être suivrez-vous le papillon blanc de la dame en noire, vous verrez peut-être la jeune fille avec son vélo rouge à coté du canard aux yeux verts… Une énigme ? La réponse est peut-être donnée par la poupée à bouche de mercure ? Cherchez, le monde des jouets est magique et soigne de Tout.

Un seul mot « Merci » à M. Marc Trévidic pour ce magnifique roman. Nous sommes, pour notre plus grand plaisir, en train de découvrir un « jeune » auteur qui va compter dans les années à venir. Un style bien à lui enrichissant le paysage de la littérature française.

Bon, c’est quand le prochain ?
Et puis celui-là mérite d’être porté à l’écran, non ?
En attendant, bonne lecture à Tous…



Les Brumes de Key West - Vanessa Lafaye

Lu en : V.F.
Traduction : Laurence Videloup
Résumé : 1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan.  1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l’Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl’s, l’une des maisons closes les plus fréquentées de Key West. Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire d’un bar voisin, Alicia va jusqu’à organiser la contrebande d’alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance. Mais la menace du Klan gronde dans l’archipel... Et le rapprochement entre une métisse à la réputation sulfureuse et un héros de guerre blanc ne passe pas inaperçu. Et ne saurait être toléré.
Dans les brumes de Key West, un drame se prépare…
 


Chronique : Vanessa Lafaye est une grande romancière américaine, j'avais adoré Dans la chaleur de l'été et j'avais hâte de lire Les Brumes de Key West.

Ce roman est aussi beau et passionnant que le premier. Tout commence en 1993 : une vieille femme assassine un membre du Ku Klux Klan. Dès lors la question se pose : qui est cette femme ? 

J'ai aimé le fait que Vanessa Lafaye commence par la fin pour nous faire remonter le temps jusqu'en 1919. Dès lors nous allons découvrir la vie riche, passionnante et dramatique d'Alicia Cortez, jeune Cubaine qui a dû quitter tous ses repères pour rejoindre l'Amérique.

Cette histoire est une magnifique épopée qui traite de nombreuses thématiques : l'amour, la violence, le racisme, la ségrégation... Cette histoire intime d'une jeune femme courageuse et opiniâtre va rejoindre l'histoire des Etats-Unis : prohibition, Ku Klux Klan... 

Vanessa Lafaye a le don de nous faire entrer dans la tête de l'ensemble de ses protagonistes : les personnages principaux sont absolument fascinants mais c'est aussi le cas des personnages secondaires. 

Elle réussit aussi à dépeindre parfaitement l'atmosphère de l'époque, la peur liée à la présence du Ku Klux Klan; on ressent tout le travail de documentation, de recherche savamment distillé au cœur de la fiction. Un roman qui résonne encore dans l'Amérique d'aujourd'hui.

En définitive, un roman fort, émouvant et très bien écrit par Vanessa Lafaye. 



mercredi 20 juin 2018

Le Vent de la plaine - Alan Le May

Lu en : V.F.
Traduction : Fabienne Duvigneau
Résumé : Alan Le May, l’auteur de La Prisonnière du désert, raconte dans ce western puissant et violent l’histoire des Zachary, une famille de ranchers du Texas. En 1874, alors que les habitants de la région et les Indiens s’affrontent pour les terres, un vieil ennemi des Zachary répand la rumeur selon laquelle leur fille ne serait pas leur enfant biologique mais une Kiowa volée à sa tribu. Bientôt, les Zachary sont rejetés par leur propre communauté et doivent se préparer à une âpre bataille contre les Kiowas, venus réclamer leur enfant… Grâce à sa connaissance de la culture indienne, l’auteur nous immerge dans une situation extrême tout en évitant les clichés.
Un roman noir et haletant, porté à l’écran en 1960 par John Huston et dans lequel Burt Lancaster et Audrey Hepburn incarnent Ben et Rachel Zachary. La mise en scène remarquable et les thèmes abordés – la famille, le racisme, l’intolérance – ont fait de ce western un film très apprécié.



Chronique : La nouvelle parution de la collection Western d'Actes Sud met en lumière un grand écrivain du genre : Alan Le May.

J'avais lu et adoré La Prisonnière du désert et il en fût de même avec cet autre roman. Bien entendu nous connaissons pour la plupart des grands films dans le genre western mais la collection L'Ouest, le vrai redonne ses lettres de noblesse aux livres qui en sont à l'origine. 

Le Vent de la plaine est un roman sublime, un roman d'aventure fabuleux qui met en lumière un personnage féminin fort et intrépide. Si Alan Le May décide d'installer son intrigue dans un cadre spatial assez restreint, les paysages sont sublimés par une écriture d'une grande beauté : le nature writing se mêle aux moments d'action avec maestria.

La force de ce roman repose sur cette tension constante liée à la certitude d'une confrontation à venir entre les Zachary et les Indiens. Cette confrontation étant subséquente au secret inhérent à la naissance de Rachel.

Rachel est une héroïne comme je les aime : courageuse, sincère et avec une volonté incroyable. Confrontée à des moments difficiles voire violents, ce personnage va faire preuve d'un sang froid qui suscite indéniablement l'admiration et le respect.

Alan Le May nous entraîne au cœur d'une région sauvage où la nature est reine, au cœur d'une intrigue palpitante et nous amène à faire la connaissance de protagonistes charismatiques et émouvants.

En définitive, Le Vent de la plaine est un très beau western que je recommande pour les lecteurs en quête d'aventure au sein des grands espaces américains.