jeudi 12 octobre 2017

Et soudain, la liberté - Pisier et Laurent

Chronique de Scarlett
Résumé : Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie. À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté. De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...



Chronique :



« Certaines rencontres nous précèdent, suspendues au fil de nos vies ; elles sont, j’hésite à écrire le mot car ni elle ni moi ne croyons plus en Dieu, inscrites quelque part. Notre moment était venu...»

« Et soudain, la liberté » est un roman écrit à deux voix, l’une s’est tue en chemin mais la seconde a continué avec beaucoup d’amour en essayant de rester fidèle à celle qui n’était plus.

Ce livre qui alterne d’une part le récit d’une vie, celle de Lucie, l’histoire de ses parents, de sa mère Mona qui fut si importante et d’autre part la voix de Caroline l’éditrice du roman qui nous parle d’Evelyne, Evelyne Pisier alias Lucie dans le roman. Caroline qui nous raconte cette si belle amitié qui nait entre elles deux au fil de la construction du roman.

Ce roman qui nous permet de côtoyer bien évidement à la fois Lucie, ses parents, leur passion qui va et vient et la violence parfois de leurs échanges. Lucie de Saïgon à Nice en passant par Nouméa et Cuba. Lucie et les rencontres phares comme celle avec Fidel Castro, Lucie et ses engagements politiques et en faveur des homosexuels.

Il y a bien sur Mona, sa mère, séduisante, fascinée par son père Yvon puis ensuite soumise à André son époux et qui plus tard découvre d’autres passions, d’autres combats aussi.

Il y a aussi André le père, haut fonctionnaire à Saïgon, pétainiste convaincu, superbement assuré de sa supériorité sociale et « raciale » et qui vit mal l’arrivée au pouvoir du Général De Gaulle et la disparition des colonies. Il est à lui seul une caricature du colonialiste intolérant et imbu de lui-même.
On croise les nounous de Lucie, Tibaïe en Indochine et Rosalie en Nouvelle Calédonie, ainsi que les grands-parents de Lucie dont une grand-mère qui se fait appeler Guillemette parce qu’elle déteste son Adèle de prénom et un grand-père Yvon parti de rien et devenu directeur de banque. Et bien d’autres personnages bien sur comme Marthe qui fera découvrir à Mona la mère de Lucie Simone de Beauvoir, ou Fidel Castro que Lucie aimera à Cuba.

Il y aura des combats menés contre l’avortement, des idéaux politiques, des engagements de société notamment en faveur des femmes.
Et évidement nous cheminons avec Caroline  qui par amour et par besoin terminera ce livre afin de combler les vides, de rendre un très bel hommage à Evelyne et qui laisse dans ce roman un sillage un peu plus personnel.

Les chapitres sont très courts à lire et l’écriture est fluide.
C’est un livre où Evelyne croise la plus jeune Lucie, où Caroline rencontre Evelyne, où Mona embrasse Lucie, et où Evelyne pleure Mona et Caroline pleure Evelyne.

Merci à vous Mesdames pour ce beau moment.

« Elle n’était pas de celles qui regardent en arrière ; une vie se construit devant soi. Les pèlerinages n’étaient pas de son gout. »
                                             


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