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jeudi 8 juin 2023

Par-delà la magie - Tom Felton


Traduction
: Benjamin Peylet

Résumé :  Ils ont aligné une trentaine d’entre nous.

Un des adultes, dont je découvrirais plus tard qu’il s’agissait du réalisateur, Chris Columbus, a longé cette ligne en demandant à chaque enfant quelle était la partie du livre qu’il ou elle préférait. Je me rappelle n’avoir pas été emballé par cette question. Les réponses fusaient, nettes et précises, Hagrid ! Crockdur ! Quidditch !, et moi je restais planté là à me demander quand je rentrerais chez moi. Ce n’est que quand le tour de mon voisin est venu que j’ai pris conscience de mon absence totale d’idée sur la question. Je n’y avais pas pensé une seconde, or, je ne savais pas du tout de quoi on parlait. Qui était cet Hagrid ? Qu’est-ce que c’était le Quidditch ? Mon voisin a annoncé que c’était surtout Gringotts qui l’enthousiasmait, et j’ai pensé : « Mais de quoi s’agit-il ? Des animaux volants, peut-être ? »
Je n’avais pas le temps de me renseigner. Chris Columbus s’est tourné vers moi. « Quelle partie du livre as-tu le plus hâte de découvrir à l’écran, Tom ? »
J’ai laissé passer un instant. Il y a eu un long silence gêné dans la salle. J’ai dégainé mon sourire de vainqueur et j’ai pointé du doigt mon voisin. « Pareil que lui ! » Et puis j’ai mimé un petit battement d’ailes. « J’ai hâte de voir des Gringotts ! »
Une pause. Pesante.
« Tu veux dire que tu as hâte de voir Gringotts ? La banque ? » a demandé Columbus.
« C’est ça ! ai-je rapidement tenté pour me raccrocher aux branches. La banque ! J’ai hâte ! »
 
 

Chronique : Je n'ai pas pour habitude de lire des autobiographies et encore moins sur des stars de cinéma mais là je ne pouvais que faire une exception avec Tom Felton !

On ne peut nier que ce livre s'adresse avant tout aux nostalgiques d'Harry Potter, aux lecteurs qui ont été marqués par cette série littéraire, par son adaptation cinématographique et qui souhaitent retrouver pour quelques instants la magie des premiers moments. Ce titre plaira aussi à ceux qui veulent en apprendre plus sur l'acteur (j'ai été notamment heureuse d'avoir quelques informations sur le tournage du film Anna et le roi que j'aime énormément notamment en raison de la présence de Jodie Foster, mon actrice préférée). Bref vous l'aurez compris cette autobiographie répondait à un besoin pour moi d'en apprendre plus sur la réalité derrière la caméra.

Ainsi Tom Felton répond à toutes nos attentes à travers de nombreuses anecdotes, certaines sont hilarantes d'autres sont teintées de tristesse comme par exemple les références à Alan Rickman qui est décédé.

Mais en réalité j'ai été très agréablement surprise par cette lecture qui va aller au-delà de nos attentes et nous offre un portrait sincère de l'acteur. Tom Felton va ainsi se livrer totalement en n'hésitant pas à nous raconter des épisodes peu glorieux de sa vie (dont la scène d'ouverture) mais aussi des instants douloureux particulièrement vers la fin qui vont entrainer la transmission de certaines sagesses apprises par Tom Felton alors qu'il affrontait une addiction à l'alcool.

En définitive, ce titre est idéal pour les fans de Harry Potter mais c'est aussi un texte honnête et intéressant sur l'envers du décor. 

 


 

lundi 23 août 2021

Premier sang - Amélie Nothomb

 

Premier sang

Amélie NOTHOMB

 

 « Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »  Amélie Nothomb

Albin Michel

Dans Premier sang, Patrick, orphelin de père alors qu’il n’a que huit mois, est élevé par sa mère et ses grands-parents maternels. Ce n’est qu’à l’âge de six ans qu’il découvre l’autre pan de sa famille : le clan des Nothomb. L’autrice belge se met dans la peau de son père (décédé l’an passé), et nous compte le temps des conflits, de l’amour et d’une passion pour la diplomatie.

Source, Ouest France

 

 Amélie Nothomb

Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme une écrivaine singulière. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française.

 

Grybouille,

Ne lisant Amélie Nothomb que depuis peu, je ne peux qu’aller de découvertes en découvertes.

Et là, force est de constater que lors de ma lecture j’ai été transporté dans un univers familial où est proposé un parcours initiatique, sous la forme d’un parcours du combattant aux jeunes générations de la famille Nothomb.

 

Ma lecture,

« Mon père est un grand enfant que j’ai eu quand j’étais tout petit. »

Sacha Guitry

Le ton est donné, et il ne me lâchera plus jusqu’à la fin du livre.

L’histoire, celle du père d’Amélie Nothomb commence en 1937 depuis la mort de son père militaire à 25 ans dans l’exercice de ses fonctions  et  jusqu’au 24 novembre 1964 dans celles qu’il a choisi.

Sa mère, Claude « Jamais… Je ne me remarierai. André était et est l’homme de ma vie. »

Elle se réfugiera dans la mondanité, « Que vais-je porter ce soir. »

Autour de Patrick, Bonne-maman sa grand-mère maternelle qui est un ange pour lui, et Bon-papa son Grand-père maternelle un Général à la retraite.

Première étape, à quatre ans, « Cet enfant ne fréquente que des vieux. Qu’on le mette à l’école maternelle » dit Bon-papa.

Bonne-maman l’inscrit, la découverte de l’école et des autres…

« Les petites filles m’aimèrent. » Patrick

Deuxième étape, à six ans, « Cet enfant s’amollit, il est grand temps de le reprendre en main »

Bon-papa, en train, va l’accompagner.

« Le pauvre petit ! » Claude

Bonne-maman pleura.

Les vacances d’été chez les Nothomb, le Baron Pierre Nothomb, le grand-père paternel…

Arrivé à Pont d’Oye dans les Ardennes, « …en tant que premier fils de mon premier fils, tu es appelé à devenir le chef de cette famille. Un jour tu régneras sur ce château. » Le Baron Nothomb

« J’étais aussi terrifié que séduit. » Patrick

Découverte du peuple des enfants…

Et des valeurs de cette famille... 

 

Mon ressenti ?

Ce darwinisme pur et dur, qui fleure bon le :

« Ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort ! »

« Qui ose gagne ! »

En tant que lecteur,  j’ai ressenti ce passage que certains appellent « rite » depuis l’enfance jusqu’à l’âge de la maturité.

Dans son livre, Amélie Nothomb, a surement trouvé les mots justes pour tenter d’expliquer ce qu’est le parcours initiatique d’un enfant dans une certaine société, qui piqué au jeu, va se construire faisant face à l’adversité jusqu’à découvrir à l’âge adulte Sa voie.

C’est magnifiquement écrit, simple et sincère, une manière de rendre hommage au parcours d’un homme, de Son père.

Bonne lecture à tous et toutes,

Et à bientôt,

 



 

mardi 30 mars 2021

Quelques pépites 10/18

La maison d'édition 10/18 fait partie de mes maisons d'édition préférées, aujourd'hui je tenais à mettre en avant certaines de leurs parutions, des titres écrits par des écrivains déjà connus et reconnus, des titres incontournables pour tous les amoureux de la littérature.

Trois écrivains, une écrivaine, trois auteurs américains, une auteure anglaise, voici quatre parutions qui mettent en lumière tout un panel de genres littéraires : nouvelles, journal ou encore mémoires. À vous de trouver votre bonheur parmi ces différents titres.

 


 

Jim Harrison est un écrivain qu'on ne présente plus, un immense auteur qui fait partie du panthéon de la littérature américaine. Entre nouvelles et romans, il a marqué à jamais sa génération. Si vous êtes, comme moi, fan de son œuvre, il est temps de découvrir plus encore cet auteur en lisant ses mémoires. En marge (traduit par Brice Matthieussent) est un incontournable !

Je n'aime pas forcément les autobiographies ou les mémoires mais il arrive que certains auteurs arrivent à me captiver, à sortir leur épingle du jeu et à démontrer qu'on peut parfois avoir une vie aussi fascinante que les histoires qu'on raconte.

Jim Harrison possède une personnalité fascinante, c'est un être qu'on ne peut que regarder avec une certaine fascination. De son enfance à l'âge adulte, de ses inspirations à l'écriture, En marge révèle tout d'un homme qu'on admirait déjà par son talent d'écrivain. Si vous hésitez à vous lancer dans une telle lecture car vous n'êtes pas un adepte de la non-fiction, je vous garantie que Jim Harrison arrive aussi bien à nous conter son existence qu'à nous raconter des histoires. 

 


 

Autre monstre sacré de la littérature américaine : nous retrouvons Charles Bukowski avec Au sud de nulle part (traduit aussi par Brice Matthieussent).

La première fois que j'ai lu Bukowski, j'étais au lycée et on m'avait prêté un exemplaire d'un recueil de ses nouvelles. J'avais été à la fois captivée et en même temps un peu dubitative sur ma lecture. Quelques années plus tard, j'ai décidé de me relancer dans son œuvre et j'ai eu le sentiment de mieux l'appréhender, de mieux la comprendre et de pouvoir ainsi l'apprécier.

Au sud de nulle part est dans la lignée des autres recueils de cet auteur : c'est un mélange entre fiction et autobiographie, le lecteur se demande constamment où est la frontière entre les deux, certains événements qui paraissent réels semblent totalement improbables ou cocasses. L'humour est omniprésent, c'est un recueil rempli de vie, de moments abracadabrants, de réflexions qui n'hésitent pas à choquer. Comme toujours l'auteur se livre entièrement et ne cache rien de ce qu'il pense...

Alcool, sexe et rencontres hautes en couleur : ce recueil se lit d'une traite et montre une autre Amérique, l'Amérique de Bukowski et des laissés-pour compte, l'Amérique à la marge racontée par son porte-parole.

 


 

Continuons avec Larry Fondation, un auteur qui vous plaira si vous aimez Charles Bukowski. Les martyrs et les saints (traduit par Romain Guillou) est une œuvre à part entière. Il ne laissera aucun lecteur indemne : ça passe ou ça casse.

Tout comme le grand maitre susmentionné, Larry Fondation nous offre un livre à la croisée des genres, inclassable et unique : des histoires courtes et percutantes, hilarantes et déchirantes, des morceaux de vie et d'instantanés qui n'hésitent pas à nous montrer l'envers du décor.

Nous sommes à Los Angeles mais la cité des anges est loin, les stars ne courent pas les rues et la ville livre son vrai visage. Tous les êtres de ce recueil semblent laminés, détruits, dépravés ou encore brisés; certains par la guerre d'autres par l'alcool. La réalité les a frappés en plein visage et ce livre en fait autant avec nous.

Ne vous attendez pas à un livre cohérent, ce sont des fragments d'existence, des pensées, presque des poèmes bruts du moment présent. Le lecteur est perdu à l'image des êtres qui composent ce livre et ressort de cette lecture avec le sentiment d'avoir rencontré le digne héritier de Bukowski.

 


 

Enfin terminons ce tour d'horizon avec une grande dames des lettres anglaises :  Virginia Woolf.

Journal d'un écrivain (traduit par Germaine Beaumont) est une compilation d'extraits du journal de cette romancière incroyablement talentueuse.

Si on me demandait un jour quel(le) auteur(e) a la plus belle plume selon moi, je n'hésiterai pas : c'est Virginia Woolf. Sa plume est d'une fluidité rare, c'est une poésie pour les yeux et le cœur, on sent l'âme de l'auteure au travers de ses mots et je n'ai jamais lu une symphonie aussi harmonieuse et sublime.

Lire son journal et rentrer dans son intimité permet de mieux comprendre son œuvre. C'est un portrait sincère et personnel d'une femme ayant vécu des périodes extrêmement difficiles tout le long de sa vie, souffrant de dépression jusqu'à la fin. À l'image de ses écrits de fiction, son journal est tout aussi plaisant à lire et tout aussi fascinant. J'ai aussi beaucoup aimé en savoir plus sur le contexte d'écriture de ses différents romans.

Fragments de pensées intimes, de réflexions existentielles, d'observations philosophiques, Journal d'un écrivain est le journal d'une écrivaine incomparable. Je vous invite vivement à lire ce journal si vous aimez son œuvre et si vous ne connaissez pas encore ses livres, foncez en librairie vous les procurer pour ensuite lire son journal !

 

samedi 19 septembre 2020

Yoga - Emmanuel Carrère

 

Résumé : C’est l’histoire d’un livre sur le yoga et la dépression. La méditation et le terrorisme. L’aspiration à l’unité et le trouble bipolaire. Des choses qui n’ont pas l’air d’aller ensemble, et pourtant : elles vont ensemble.
 
 

Chronique : Yoga est sûrement le livre qui était le plus attendu de cette rentrée littéraire, ce n'était pas le titre que j'attendais le plus personnellement mais j'étais curieuse de voir ce qu'allait nous raconter Emmanuel Carrère. J'ai aimé certains de ses romans, j'ai été déçue par d'autres; j'ai commencé cette lecture avec intérêt et je l'ai fini dubitative...

Je sais que je ne suis pas une fan de l'autofiction, il est très rare que je tombe sous le charme d'un livre dans ce genre littéraire mais cela ne m'empêche pas d'essayer de trouver quelques pépites mais Yoga n'en fait pas partie à mes yeux.

J'étais pourtant plutôt confiante au départ car j'ai plongé rapidement dans cette lecture (un des avantages de ce genre littéraire), le style était très efficace, les "chapitres" ultra courts, cela manquait parfois de transition, d'un lien mais je suivais plutôt bien les réflexions intimes de l'auteur mais cela n'a pas tenu...

Si j'ai apprécié la première partie j'ai trouvé qu'elle était trop longue, toutes ces réflexions plus ou moins intéressantes sur le yoga, sur le but initial de ce livre qui va vite dévier, sur les questionnements existentiels en général deviennent assez vite ennuyeuses, je n'ai trouvé aucune émotion, cela paraissait même un peu trop "moi, je"...

La thématique de la dépression est un sujet qui me touche énormément, c'est d'ailleurs pour cela au départ que j'ai voulu lire ce titre pour voir comment cet auteur reconnu allait dépeindre cette maladie, la souffrance qui en est subséquente et j'ai été terriblement déçue de voir que cette partie était traitée de manière expéditive, en surface et avec encore une fois un manque d'émotion.

J'ai ensuite été déçue par la construction du livre, on passe d'un sujet à un autre, du yoga à la dépression, de la dépression à l'immigration. Il y a un côté très égocentrique qui est contrebalancé maladroitement par des sujets universels avec des messages faisant appel à l'ouverture et la tolérance. Cependant on a l'impression parfois que l'auteur n'a pas toujours pleinement conscience de la réalité, qu'il voit tout cela de haut...

En définitive, je n'ai pas du tout accroché à cette lecture où l'autofiction permet encore une fois à un auteur de se raconter, de faire sa catharsis en oubliant parfois tout le reste...