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lundi 28 mai 2018

Pour services rendus - Iain Levison

Lu en : V.F.
Traduction : Fanchita Gonzalez Batlle
Résumé : En 1969, ils étaient au Vietnam, embourbés dans la jungle et dans une guerre de plus en plus absurde. Fremantle, sergent aguerri, à la tête d’une section de combat, Drake, jeune recrue pas très douée. En 2016, ces deux-là se retrouvent, après quarante-sept ans… L’ancien sergent dirige sans enthousiasme le commissariat d’une petite ville du Michigan, et le soldat malhabile est un sénateur en campagne pour sa réélection. Ce dernier a raconté ses faits d’armes au Vietnam, version Disney Channel, pour s’attirer un électorat de vétérans, et il recourt à son ancien chef pour les valider. Ce ne sera qu’une petite formalité, une interview télévisée amicale, dans laquelle Fremantle ne devra pas vraiment mentir, non, il devra juste omettre de dire toute la vérité. Pas de quoi fouetter un flic…




Chronique : Iain Levison est un auteur à découvrir pour tous les amoureux de littérature américaine. Pour services rendus fait partie de ses meilleurs romans !

Pour services Rendus est un roman entre passé et présent, entre guerre et politique, entre amitié et manipulation, entre vérité et mensonge. Le livre commence et se clôture au Vietnam, tel un cycle qui se referme pour terminer en beauté un roman intime et universel à la fois.

Iain Levison ne dépeint pas des moments grandiloquents, héroïques et inoubliables; Iain Levison décide de se rapprocher de la vérité en parlant du mensonge, décide de nous conter une histoire qui a bien pu avoir lieu, une histoire qui laisse sa marque sur le lecteur.

J'ai adoré ce roman car l'auteur réussit à dépeindre toute une époque avec classe et sobriété. Il y a une certaine retenue dans ce roman, le romancier réussit à nous ouvrir les yeux, à nous faire prendre conscience de la politique, du mensonge et ce avec intelligence. Ce roman tisse sa toile pour nous imprégner de manière durable.

Le mensonge omniprésent imprègne tout le roman. Le mensonge nécessaire, le mensonge viscéral, le mensonge manipulateur, le mensonge malsain, le mensonge exécrable, le mensonge intéressé. Fremantle a passé sa vie post-Vietnam au service de la vérité, pour faire avouer les criminels. Une vie de flic intègre, un personnage aimé dans sa petite ville du Michigan. Sa confrontation avec le monde politique, avec son propre passé va le ramener sur ce questionnement du mensonge : le mensonge est-il parfois justifiable, nécessaire ? Et pour quelles raisons ?

En définitive, un très bon roman qui permet de s'interroger sur soi-même tout en prenant conscience du cadre historique et contemporain des Etats-Unis tout autant que de l'univers politique.




mardi 1 mai 2018

Le Fer et le feu - Brian Van Reet

Lu en : V.F.
Traduction : Michel Lederer
Résumé :  Avril 2003. Les forces américaines viennent de prendre Bagdad. Parmi les soldats se trouve Cassandra Wigheard. À dix-neuf ans, elle a quitté son Missouri natal pour risquer sa vie. Dans le monde masculin et machiste de l’armée, elle doit s’affirmer, prouver qu’elle mérite une place à l’égal des hommes, qu’elle est à la hauteur. Alors que son peloton supervise la surveillance d’un rond-point des environs de Bagdad, les choses tournent mal. Une explosion. L’attaque fait des ravages. Cassandra est capturée. Parviendra-t-elle à échapper à ses ravisseurs ? Il y a aussi Abou al-Houl, un moudjahid qui doit faire face à ses ennemis intérieurs et extérieurs, parmi lesquels une frange radicale de djihadistes ; et Sleed, qui se tire sans encombres d’un crime apparemment sans victime, mais aux répercussions bien plus tragiques que prévu. Ces trois personnes n’auraient pas dû se rencontrer, et pourtant : la guerre est là qui réunit les êtres dans la tragédie.



Chronique : C'est toujours un plaisir de lire un premier roman et de découvrir ainsi un auteur à suivre, un talent à l'état brut. Avec Le fer et le feu, les éditions de l'Olivier nous offrent une lecture passionnante.

Brian Van Reet. Retenez bien ce nom car les éditions de l'Olivier mettent en lumière un auteur très prometteur. On ne peut qu'être admiratif(ve) face au talent de ce romancier qui traite d'une thématique omniprésente au sein de la littérature américaine mais qui réussit à tirer son épingle du jeu, à apporter sa pierre à l'édifice, à renouveler le genre tout en respectant la difficulté d'un tel sujet. 

Brian Van Reet décide de nous conter une histoire terrible, intime et pourtant universelle et cela grâce à trois personnages inoubliables. Trois personnages très différents, dans des camps différents, avec des pensées, des peurs, des espoirs divergents. Si j'ai trouvé que l'auteur réussissait parfaitement à s'imprégner de la personnalité de chaque protagoniste et à nous faire ressentir une véritable empathie pour leur destin à chacun, je garde une préférence pour Cassandra Wigheard, il est rare de voir une héroïne dans ce type de roman et je me suis immédiatement attachée à elle.

Ainsi la force de ce roman repose sur les personnages, repose sur la thématique traitée de façon très intelligente par l'auteur mais la puissance de l'intrigue repose aussi sur le style traduit par Michel Lederer. Une écriture qui permet de s'ancrer dans l'histoire, dans la tête des personnages et dans le cadre spatio-temporel, dans les instants de pure violence et de guerre.

En définitive, un premier roman magistral, profond, émouvant et fort. Un premier roman à lire pour découvrir un romancier déjà incontournable.



dimanche 2 avril 2017

Abattoir 5 - Kurt Vonnegut

Lu en : V.F.
Traduction : Lucienne Lotringer
Résumé :« Ce n’est qu’une illusion terrestre de croire que les minutes s’égrènent comme les grains d’un chapelet et qu’une fois disparues elles le sont pour de bon. » Billy Pilgrim mène plusieurs existences à la fois. Il fait des sauts dans le temps et l’espace : il est tantôt un vieil opticien américain, tantôt un tout jeune vétéran qui revit sa lune de miel ou bien encore un humain que les Trafalmadoriens ont kidnappé pour l’exhiber dans un zoo sur leur planète. Et surtout, Billy est ce soldat américain prisonnier à Dresde dans un ancien abattoir au moment du bombardement et de la destruction totale de la ville en 1945.

Je remercie les éditions Points pour cette lecture !






Chronique : Kurt Vonnegut est un des grands maîtres de la contre-culture américaine, un auteur à découvrir absolument si on souhaite avoir une vision différente, originale de la littérature venant des USA.

Abattoir 5 est un classique incontournable, il est presque impossible de le caser dans un genre littéraire : cela pourrait être un pur roman s'il n'y avait pas une part de vérité, cela pourrait être une autobiographie si la fiction n'était pas présente, un recueil de nouvelles si ce n'était un ensemble indivisible. Bref Abattoir 5 est un OLNI : objet littéraire non identifié, c'est surtout un livre incontournable, le chef d'œuvre de Kurt Vonnegut.

Ecrire un roman sur la seconde guerre mondiale : un défi littéraire à relever mais pas impossible lorsqu'on est une des plus grandes plumes de son temps. Mélangeant la première et troisième personne du singulier, interpellant le lecteur, questionnant nos valeurs et certitudes, l'auteur décide de nous perdre sans jamais nous égarer dans une histoire terriblement addictive tant par le style que par l'intrigue.

Je ne pourrais expliquer précisément pourquoi j'ai dévoré avec avidité ce livre, ce que je sais par contre c'est que j'ai adoré. C'est sur la base de ses propres souvenirs qui donnent un côté très réaliste que l'écrivain décrit l'histoire de Billy un homme, un soldat qui voyage dans le temps et l'espace et qui va dès lors faire dériver ce livre vers du fantastique. Peut-être ce caractère irréel est le seul moyen de décrire l'insondable et l'horreur de la guerre, du bombardement de Dresde. C'est un plaidoyer contre la guerre, une revendication existentielle, métaphysique tout en conservant un ton fataliste...

En définitive, Abattoir 5 est un classique à mettre dans toutes les bibliothèques !




samedi 18 février 2017

Ma Mémoire est un couteau - Laurie Halse Anderson



Lu en : V.F.
Traduction : Marie de Prémonville
Résumé :

Cela fait cinq ans que Hayley Kincain vit en nomade, ne pouvant poser nulle part son bagage très longtemps, parce que son père, Andy, fuit les démons qui l’assaillent depuis qu'il est revenu de la guerre d’Irak. Les voilà de retour dans la ville natale de ce père torturé, qui souhaite tout de même que sa fille puisse reprendre une vie scolaire normale. Et voici que s’offre à Hayley les plus intoxicants des espoirs : vivre comme les autres adolescents de son âge, mettre enfin derrière elle ses propres souvenirs douloureux et, pourquoi pas, laisser une chance à son histoire avec Finn, le garçon canon qui lui tourne autour et semble partager avec elle le fardeau des secrets de famille. Ce fragile équilibre va reposer sur la capacité du père à guérir de son syndrome post-traumatique. Mais les monstres tapis dans la mémoire d’Andy sont assez puissants pour l’entraîner en enfer au moindre faux pas. Entraînera-t-il sa fille dans sa chute ? Quelle place doit-elle tenir dans ce combat ? Ma mémoire est un couteau est le roman le plus captivant de Laurie Halse Anderson, un suspense psychologique haletant se dégage de ce livre gorgé d’humanité, qui a connu un énorme succès aux États-Unis.




Je remercie La Belle Colère pour cette lecture !



Chronique : Je vous présente le meilleur roman publié à ce jour par La Belle Colère, un diamant brut au milieu des rubis littéraires déjà lus dans ce label éditorial, un des meilleurs livresque j'ai pu lire dans ma vie de lectrice !

Ma Mémoire est un couteau est un livre puissant, émouvant, sincère à l'image de son titre. Laurie Halse Anderson est l'auteure incontournable de La Belle Colère, une romancière à lire absolument pour ceux qui sont amoureux de la littérature jeune adulte : elle avait su m'émouvoir avec Vous parler de ça, me surprendre avec Je suis une fille de l'hiver, avec ce nouveau roman j'ai été bouleversée, touchée, secouée. 

Hayley, le personnage central, est sûrement une de mes héroïnes littéraires préférées : sans jamais tomber dans le pathos du fait d'un regard acéré sur la société et d'un humour sarcastique très efficace, elle nous raconte son histoire, son quotidien aux côtés d'un père traumatisé par les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Un père complètement détruit, désabusé, perdu et même parfois violent...  Après plusieurs années sur la route avec son paternel, la jeune adolescente va retrouver une vie "normale" en ville et au lycée. Elle va ainsi devoir traduire, comprendre, appréhender les codes de la vie tout en s'occupant d'Andy... Ce livre est poignant car il ne cherche pas à juger : on est en colère face à ce père qui se laisse aller mais on est aussitôt rattrapé par les expériences terribles vécues par ce dernier.

Heureusement Hayley va pouvoir compter sur Gracie, une jeune fille pleine d'empathie et Finn -un des protagonistes masculins les plus drôles et uniques de la littérature YA- un jeune homme excentrique et extrêmement intelligent. A trois ils vont vivre une dernière année de lycée, décider de leurs avenirs, affronter leurs propres démons familiaux : divorce, toxicomanie, traumatisme... J'ai tout particulièrement adoré Finn car il est vraiment tendre, fou et vraiment présent pour Hayley. Dans la lignée de Je t'ai rêvé, Tous nos jours parfaits, L'année solitaire : Ma mémoire est un couteau représente un grand classique et une merveilleuse pépite du genre.

En définitive, un très gros coup de cœur pour ce roman qui est un condensé d'émotions et qui traite d'une thématique extrêmement importante aux États-Unis : le suivi d'après-guerre des vétérans et les traumatismes qui perdurent... Hayley réussira t elle à se souvenir, à avancer, à voir au-delà du jour présent pour s'autoriser à espérer un lendemain meilleur ? A vous de le découvrir...


vendredi 28 octobre 2016

Pukhtu [Primo & Secundo] - DOA

Lu en : V.F.
Résumé : Le terme pukhtu renvoie aux valeurs fondamentales du peuple pachtoune, l’honneur personnel – ghairat – et celui des siens, de sa tribu – izzat. Dire d’un homme qu’il n’a pas de pukhtu est une injure mortelle. Pukhtu est l’histoire d’un père qui, comme tous les pères, craint de se voir privé de ses enfants par la folie de son époque. Non, plutôt d’une jeune femme que le remords et la culpabilité abîment. Ou peut-être d’un fils, éloigné de sa famille par la force du destin. À moins qu’il ne s'agisse de celle d’un homme cherchant à redonner un sens à sa vie. Elle se passe en Asie centrale, en Afrique, en Amérique du Nord, en Europe et raconte des guerres ouvertes et sanglantes, des conflits plus secrets, contre la terreur, le trafic de drogue, et des combats intimes, avec soi-même, pour rester debout et survivre. C’est une histoire de maintenant, à l’ombre du monde et pourtant terriblement dans le monde. Elle met en scène des citoyens clandestins.


Je remercie les éditions Gallimard/Collection Série Noire pour cette lecture !
  

Chronique : DOA, un mythe, un géant de la littérature française, un mystère... Avec le diptyque Pukhtu il nous livre sûrement une des œuvres littéraires majeures de notre temps !

Préparez-vous à un voyage incroyable, digne de La Griffe du chien de Don Winslow, préparez-vous à rencontrer des dizaines de personnages, tous différents, tous complémentaires; des paysages si différents, magnifiques, sublimes et parfois hostiles; des récits terribles, émouvants, déchirants; une plume, un univers, un auteur : uniques. Vous ne sortirez pas indemne de ce voyage mais après tout c'est pour cela que la littérature existe : nous ouvrir les yeux, nous transporter, nous réveiller à ce qui nous entoure. On s'évade pour mieux se retrouver. Pour comprendre.

Si le premier tome est celui qui pose, impose l'ensemble, nous présente concrètement les protagonistes, nous fait comprendre pourquoi et comment ils sont devenus ainsi, c'est surtout le tome qui explique le cadre spatio-temporel, on dirait presque le récit d'un journaliste omniscient sur le terrain. Le lecteur sera perdu au départ par tant d'informations mais on appréhende au fur et à mesure ce monde, notre monde. Celui que l'on ne voit pas à la télé, celui qui se vit au moment où vous lisez ces lignes mais dont vous n'avez pas réellement conscience. 

Le second tome est celui qui va approfondir véritablement les personnages, je dirai qu'il est celui de la pure émotion et du développement des êtres qui composent l'intrigue. C'est violent, poignant, dur et nécessaire. Il est encore meilleur que le premier qui était déjà un coup de cœur. On ne lit pas souvent des romans d'une telle qualité, ils nous accompagnent encore longtemps, nous font réfléchir et même parfois agir. J'aime ces deux livres parce qu'ils donnent une vision globale, parce qu'ils n'ont pas de parti pris, parce qu'ils nous livrent la vérité en pleine face. A toi, lecteur, le devoir de te relever.

DOA c'est un talent à l'état brut, un génie tout simplement. Deux pavés ? Non ! Une vraie encyclopédie romancée de ce qui fût, ce qui est. On s'attache aux êtres, on est bouleversé par les rebondissements. Mort, guerre, haine, vengeance, amour, espoir, désespoir... Tout y est car cela a été. Je peux vous dire qu'après avoir lu ces deux livres vous aurez du mal à trouver un équivalent. C'est une claque, un coup de poing littéraire.

En définitive, qu'attendez-vous ? Précipitez-vous chez votre libraire !!!


samedi 1 octobre 2016

Et tu n'es pas revenu - Marceline Loridan-Ivens & Judith Perrignon

Lu en : V.F.
Résumé : « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »
 Le 29 février 1944, Marceline Loridan-Ivens a quinze ans lorsqu’elle est arrêtée avec son père lors d’une rafle. Déportée à Birkenau, elle subit l’horreur des camps et parvient à survivre. Son père, lui, ne reviendra jamais d’Auschwitz. Soixante-dix ans plus tard, elle lui adresse une lettre, rédigée avec la journaliste et écrivain Judith Perrignon, où elle raconte sa captivité, son retour, sa vie d’après.

Je remercie les éditions du Livre de poche pour cette lecture !



Chronique : Voilà un livre qui aura marqué bon nombre de lecteurs!  Lauréat du Grand Prix des lectrices Elle dans la catégorie Document, Marceline Loridan-Ivens nous livre une histoire, son histoire au cœur d'une époque terrible, troublée et marquée dans nos chairs.

Il n'y aura jamais assez de livres, de témoignages, d'écrits pour faire comprendre et ressentir aux générations présentes et futures ce qui a pu se dérouler durant la Seconde Guerre Mondiale. Comment pouvons-nous appréhender l'horreur de cette époque ? Si les mots sont les meilleurs vecteurs d'émotions, nous ressentons, nous vibrons mais nous ne pouvons vivre ce qui a été vécu par autrui car chacun l'aura vécu d'une manière différente. Et tu n'es pas revenu est un livre d'une intensité peu commune et d'une intimité puissante.

Écrire à son père décédé, disparu, qui n'est pas revenu. Écrire à son père mais la publier pour tous, car nous sommes tous les destinataires de cette lettre. Nous ne pouvons pas faire comme si ce qui avait été n'est plus, car cela conditionne encore aujourd'hui notre présent. L'Histoire est notre mémoire et sans cette dernière comment éviter les erreurs déjà commises ? "Car la mémoire, bien qu'elle se réfère au passé, se vit toujours au présent". Avec une écriture d'une douceur incroyable mais aussi d'une tension spontanée, la lettre de Marceline Loridan-Ivens écrite avec l'aide de Judith Perrignon est tout simplement magnifique.

Courte et  intense, brève et sincère, déchirante et spontanée : une lettre comme on en lit qu'une fois dans sa vie. Préparez-vous au témoignage d'une survivante de Birkenau, d'une femme forte, d'une grande dame qui possède en elle la force de continuer, de parler sur un sujet qu'il ne faut et faudra jamais oublier. Ne pensez jamais qu'il s'agit d'un "énième témoignage sur cette thématique", dites vous que c'est une nouvelle voix d'une importance capitale.

En définitive, je suis encore émue par cette lecture et je ne peux que vous la recommander : c'est l'Histoire, notre Histoire.


lundi 11 juillet 2016

Le Sel de nos larmes - Ruta Sepetys

Lu en : V.F.
Traduction : Bee Formentelli
Résumé : Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte de la mer Baltique devant l'avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes... Tous partagent un même but: embarquer sur le Wilhelm Gustloff, un énorme navire promesse de liberté... Ruta Sepetys révèle la plus grande tragédie de l'histoire maritime, qui a fait six fois plus de victimes que le Titanic. Cette catastrophe méconnue lui inspire une vibrante histoire d'amour, de courage et d'amitié.

Je remercie les éditions Gallimard/Scripto pour cette lecture !




French Touch : This story is really important, I learned many things about WWII and I liked the main characters.



Chronique : Je voulais depuis longtemps découvrir l'univers de Ruta Sepetys, Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre est dans ma Wish-List depuis très longtemps, mais c'est avec Le Sel de nos armes que je vais enfin connaissance avec cette romancière renommée !

Le Sel de nos larmes est -à mes yeux- un roman incontournable et très important même s'il n'est pas un coup de cœur. Pourquoi ? Parce que Ruta Sepetys apporte à son lecteur un véritable savoir historique et parce qu'il y a un vrai devoir de transmission aux jeunes générations qui est effectué. Je trouve cela essentiel et j'ai vraiment apprécié ce livre car je ne connaissais absolument pas cette catastrophe maritime alors que j'avais lu de nombreux ouvrages sur cette guerre.

La construction du livre est un des gros points forts de ce roman (au-delà du gros travail documentaire) : on suit quatre personnages, très différents et qui permettent de suivre le récit sous des angles divergents. Il y a Joana, la courageuse infirmière Lituanienne qui force le respect par son charisme et son opiniâtreté; Emilia, la jeune Polonaise qui est de plus en plus surprenante au fil des pages; Florian l'Allemand spécialiste en art qui cache un précieux paquetage et enfin Alfred, un nazi couard imbus de son petit pouvoir. Ma préférence va à Florian et Joana qui forment un duo de choc très attendrissant !

L'histoire est donc passionnante mais aussi terrible, on vit la route jusqu'au navire, l'embarquement et aussi le naufrage. Le lecteur ne sera pas épargné et jusqu'au bout vous vous demanderez qui survivra et même si un seul des personnages va survivre. J'ai donc beaucoup aimé ce livre, le coup de cœur n'a pas été là car je m'attendais à une fin qui me prenne aux tripes comme Revanche ou Nous les menteurs mais cela n'a pas été le cas. Cela reste un roman très émouvant !

En définitive, une lecture incontournable et essentielle !