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mardi 30 mars 2021

Quelques pépites 10/18

La maison d'édition 10/18 fait partie de mes maisons d'édition préférées, aujourd'hui je tenais à mettre en avant certaines de leurs parutions, des titres écrits par des écrivains déjà connus et reconnus, des titres incontournables pour tous les amoureux de la littérature.

Trois écrivains, une écrivaine, trois auteurs américains, une auteure anglaise, voici quatre parutions qui mettent en lumière tout un panel de genres littéraires : nouvelles, journal ou encore mémoires. À vous de trouver votre bonheur parmi ces différents titres.

 


 

Jim Harrison est un écrivain qu'on ne présente plus, un immense auteur qui fait partie du panthéon de la littérature américaine. Entre nouvelles et romans, il a marqué à jamais sa génération. Si vous êtes, comme moi, fan de son œuvre, il est temps de découvrir plus encore cet auteur en lisant ses mémoires. En marge (traduit par Brice Matthieussent) est un incontournable !

Je n'aime pas forcément les autobiographies ou les mémoires mais il arrive que certains auteurs arrivent à me captiver, à sortir leur épingle du jeu et à démontrer qu'on peut parfois avoir une vie aussi fascinante que les histoires qu'on raconte.

Jim Harrison possède une personnalité fascinante, c'est un être qu'on ne peut que regarder avec une certaine fascination. De son enfance à l'âge adulte, de ses inspirations à l'écriture, En marge révèle tout d'un homme qu'on admirait déjà par son talent d'écrivain. Si vous hésitez à vous lancer dans une telle lecture car vous n'êtes pas un adepte de la non-fiction, je vous garantie que Jim Harrison arrive aussi bien à nous conter son existence qu'à nous raconter des histoires. 

 


 

Autre monstre sacré de la littérature américaine : nous retrouvons Charles Bukowski avec Au sud de nulle part (traduit aussi par Brice Matthieussent).

La première fois que j'ai lu Bukowski, j'étais au lycée et on m'avait prêté un exemplaire d'un recueil de ses nouvelles. J'avais été à la fois captivée et en même temps un peu dubitative sur ma lecture. Quelques années plus tard, j'ai décidé de me relancer dans son œuvre et j'ai eu le sentiment de mieux l'appréhender, de mieux la comprendre et de pouvoir ainsi l'apprécier.

Au sud de nulle part est dans la lignée des autres recueils de cet auteur : c'est un mélange entre fiction et autobiographie, le lecteur se demande constamment où est la frontière entre les deux, certains événements qui paraissent réels semblent totalement improbables ou cocasses. L'humour est omniprésent, c'est un recueil rempli de vie, de moments abracadabrants, de réflexions qui n'hésitent pas à choquer. Comme toujours l'auteur se livre entièrement et ne cache rien de ce qu'il pense...

Alcool, sexe et rencontres hautes en couleur : ce recueil se lit d'une traite et montre une autre Amérique, l'Amérique de Bukowski et des laissés-pour compte, l'Amérique à la marge racontée par son porte-parole.

 


 

Continuons avec Larry Fondation, un auteur qui vous plaira si vous aimez Charles Bukowski. Les martyrs et les saints (traduit par Romain Guillou) est une œuvre à part entière. Il ne laissera aucun lecteur indemne : ça passe ou ça casse.

Tout comme le grand maitre susmentionné, Larry Fondation nous offre un livre à la croisée des genres, inclassable et unique : des histoires courtes et percutantes, hilarantes et déchirantes, des morceaux de vie et d'instantanés qui n'hésitent pas à nous montrer l'envers du décor.

Nous sommes à Los Angeles mais la cité des anges est loin, les stars ne courent pas les rues et la ville livre son vrai visage. Tous les êtres de ce recueil semblent laminés, détruits, dépravés ou encore brisés; certains par la guerre d'autres par l'alcool. La réalité les a frappés en plein visage et ce livre en fait autant avec nous.

Ne vous attendez pas à un livre cohérent, ce sont des fragments d'existence, des pensées, presque des poèmes bruts du moment présent. Le lecteur est perdu à l'image des êtres qui composent ce livre et ressort de cette lecture avec le sentiment d'avoir rencontré le digne héritier de Bukowski.

 


 

Enfin terminons ce tour d'horizon avec une grande dames des lettres anglaises :  Virginia Woolf.

Journal d'un écrivain (traduit par Germaine Beaumont) est une compilation d'extraits du journal de cette romancière incroyablement talentueuse.

Si on me demandait un jour quel(le) auteur(e) a la plus belle plume selon moi, je n'hésiterai pas : c'est Virginia Woolf. Sa plume est d'une fluidité rare, c'est une poésie pour les yeux et le cœur, on sent l'âme de l'auteure au travers de ses mots et je n'ai jamais lu une symphonie aussi harmonieuse et sublime.

Lire son journal et rentrer dans son intimité permet de mieux comprendre son œuvre. C'est un portrait sincère et personnel d'une femme ayant vécu des périodes extrêmement difficiles tout le long de sa vie, souffrant de dépression jusqu'à la fin. À l'image de ses écrits de fiction, son journal est tout aussi plaisant à lire et tout aussi fascinant. J'ai aussi beaucoup aimé en savoir plus sur le contexte d'écriture de ses différents romans.

Fragments de pensées intimes, de réflexions existentielles, d'observations philosophiques, Journal d'un écrivain est le journal d'une écrivaine incomparable. Je vous invite vivement à lire ce journal si vous aimez son œuvre et si vous ne connaissez pas encore ses livres, foncez en librairie vous les procurer pour ensuite lire son journal !

 

vendredi 26 avril 2019

Ma vie sur la route - Gloria Steinem

Lu en : V.O. et V.F.
Traduction : Karine Lalechère
Résumé : Gloria Steinem, aujourd’hui âgée de 83 ans, est une icône féministe américaine, inscrite au Women’s National Hall of Fame. Journaliste, écrivain, elle a fondé le magazine féministe Ms. et, avec Jane Fonda et Robin Morgan, le Women’s Media Center, une organisation qui se bat pour rendre les femmes plus présentes et plus visibles dans les médias. Elle a également participé aux campagnes présidentielles de Hillary Clinton et de Barack Obama. Ma vie sur la route est le récit extraordinaire, profondément humaniste, d’une femme qui a passé sa vie à sillonner les États-Unis et à militer. Cette autobiographie en forme de road trip se lit comme la passionnante chronique de cinq décennies d’histoire américaine, depuis le discours de Martin Luther King jusqu’à l’évolution des droits de la communauté gay en passant par l’avortement ou la cause amérindienne. Une ode au nomadisme, à l’intranquillité qui nous pousse à partir à l’aventure et, avant tout, à la rencontre des autres.




Chronique : Ces mémoires sont sûrement les plus bouleversantes et les plus importantes que j'ai eu l'occasion de lire.

Ma vie sur la route est un livre qui a su me surprendre, qui a su m'émouvoir, qui a su m'apprendre énormément, qui a su m'ouvrir l'esprit, qui a su me faire voyager, qui a su me faire rire, me mettre les larmes aux yeux et qui a changé mon regard sur le monde.

Gloria Steinem est une femme incroyable, une femme qui s'est battue pour les droits des femmes, de toutes les femmes, de l'égalité. C'est une femme qui a affronté les préjugés, la haine, les mœurs rétrogrades, son époque. C'est grâce à des femmes comme elle que nos droits ont autant avancé mais l'enseignement le plus essentiel de ce livre est de se rendre compte que la lutte, le combat est loin d'être terminé.

Alors qu'elle aurait pu se mettre en avant tout le long de ce livre, Gloria Steinem fait preuve d'une très grande humilité en préférant les mémoires à l'autobiographie. Elle décide non pas de se raconter mais de raconter les événements auxquels elle a pu assister, les rencontres, les personnes qui ont croisé sa route. Au travers de toute cette vie se dessine un destin fascinant qui ne peut que susciter l'admiration.

Il est rare que je fasse durer un livre et encore plus que je le relise mais j'avais besoin de retrouver les mots de cette très grande figure féministe et je tiens à saluer la traduction de Karine Lalechère. Chaque page, chaque mot et chaque chapitre sont absolument formidables, j'ai vraiment eu la sensation d'être changée à la fin de cette lecture, d'avoir encore plus envie de m'ouvrir au monde et aux autres, de connaître ceux qui m'entourent, de comprendre et d'apprendre.

En définitive, un immense livre qui permet d'en savoir plus sur une icône incontournable du féminisme.



jeudi 29 novembre 2018

L'Espace du rêve - David Lynch

Lu en : V.F.
Traduction : Carole Delporte et Johan-Frederik Hel Guedj
Résumé : Dans ces mémoires uniques et hybrides, qui sont aussi particulières que l’homme lui-même, Lynch se confie pour la première fois sur sa vie, toujours en quête d’une vision singulière, et sur les nombreux chagrins d’amour et épreuves qu’il a affrontés pour mener à bien ses projets peu orthodoxes, parfois avec succès, parfois sans. Les réflexions lyriques, intensément intimes et sans aucun filtre de Lynch sont précédées de sections biographiques, écrites par sa proche collaboratrice Kristine McKenna et basées sur plus de cent interviews inédites avec des membres de sa famille, des acteurs, des agents, des musiciens et des collègues dans plusieurs domaines, qui ont chacun leur propre version de ce qu’il s’est passé.








Chronique : Qui se cache derrière la légende David Lynch ? Ce livre va t-il lever le voile sur l'homme derrière l'artiste ? 

L'Espace du rêve est un livre fascinant, un livre idéal à offrir pour les fans et adeptes du réalisateur mais c'est aussi un très beau livre à offrir car il est tout simplement unique.

À l'image de son sujet central, L'Espace du rêve est original et intriguant. On pense à une biographie du fait de la présence de Kristine McKenna pour apporter un regard extérieur (et admiratif) envers David Lynch, on pense à une autobiographie et à des mémoires face aux révélations de l'artiste, face à son franc-parler, à sa faculté à insérer en même temps du mystère et de la sincérité.

Alternant les points de vue, incluant des témoignages et des photos inédits, L'Espace du rêve est une véritable mine d'or, un moyen d'essayer d'appréhender ce phénomène, cette légende, ce mythe qu'est David Lynch.

Je n'ai pas lu ce livre d'une seule traite, j'ai préféré savourer, picorer des chapitres de temps en temps et à la fin je n'ai eu qu'une envie : revoir toute l'œuvre de ce grand Monsieur.

En définitive, un très bel ouvrage dans la forme et passionnant dans le fond !


vendredi 26 février 2016

La Vocation - Sophie Fontanel

Lu en : V.F.
Résumé : Traversant tout le XXe siècle, La Vocation raconte le destin d'une famille d'émigrants arméniens fascinée par l'élégance française. En 1923, Méliné a vingt-deux ans et fuit les persécutions subies par son peuple, une page de Vogue coincée dans sa manche. Elle rêve de mode. Quatre-vingts ans plus tard, sa petite-fille, Sophie, journaliste, est nommée au poste de directrice de la mode à Elle, accomplissant ainsi le destin familial. Qui fut la plus heureuse des deux ? Méliné, qui cousait elle-même ses robes et admirait les belles dames depuis un banc, boulevard du Montparnasse, à Paris, dans les années 1930, ou Sophie, placée au premier rang des défilés de mode, avec un titre rutilant et du pouvoir ? Et ou est l'élégance tant rêvée, au bout du compte ?

Je remercie les éditions Robert Laffont pour cette lecture ainsi que la romancière pour sa dédicace !



French Touch : This autobiography is the mix between passion and family story ! This story is so moving because it's real.


Chronique : Dans ce roman autobiographique, Sophie Fontanel nous conte sa passion pour la mode mais aussi la destinée de sa famille : un beau récit entre défilés et émotions !

Si au départ le cœur de l'histoire autour de la mode n'avait rien pour me plaire (je ne suis pas une grande adepte des vêtements) il n'en reste pas moins que ce livre ne raconte pas tant le quotidien dans cet univers, mais la vocation familiale dans une réussite finale au travers de Sophie. C'est une sorte de saga familiale qui m'a beaucoup émue et ce d'autant plus que le génocide arménien amenant la fuite de ce peuple vers d'autres contrées est un sujet qui me touche.

Ainsi il n'y a peut-être pas plus grande fierté que d'avoir réussie à accomplir le rêve familial tout en atteignant son propre objectif. Une sorte de revanche et d'espoir pour chacun. D'un côté Méliné qui fuit les persécutions contre les arméniens et qui arrive en France avec son magazine Vogue et de l'autre Sophie journaliste et directrice de la mode au sein de Elle. Quel parcours entre ces deux femmes, deux destins unis par le sang et par la plume, deux êtres qui sont liés par une passion commune. Je trouve que c'est d'autant plus fort que cela est vrai.

J'ai aimé ces chapitres courts, remplis de dialogues vifs, qui alternaient les deux vies, c'est une forme de comparaison sans jugement, plutôt un croisement, une évidence, une vocation. Je n'avais encore jamais lu un roman de Sophie Fontanel mais je sais à présent que je lirai les précédents et ceux qui suivront car il s'agit d'une plume incontournable de la scène littéraire française.

En définitive, une belle histoire de famille : si a priori la vocation de Sophie Fontanel était dans la mode, je peux dire que sa vocation est aussi dans l'écriture.


mercredi 13 janvier 2016

Partir avant les pluies - Alexandra Fuller

Lu en : V.F.
Traduction : Anne Rabinovitch
Résumé :De la Zambie au Wyoming, de la ferme africaine de ses parents aux paysages de l’Ouest américain, Alexandra Fuller revient sur ses vingt années de mariage, alors qu’elles touchent à leur fin. Elle décrit, avec poésie et humour, son déracinement et sa quête d’identité. Elle médite sur la place de l’écriture, qui lui a permis de tenir au fil des tragédies, et de chasser la solitude. Elle trouve refuge auprès de son père, un homme indépendant et courageux. Vivant sans regrets, il se contente toujours du minimum, même après avoir perdu plus que quiconque. Grâce à ses conseils, qui parsèment le livre, l’auteur trouve la force de se reconstruire et de « partir avant les pluies ».

Je remercie les éditions des 2 Terres pour cette lecture !





French Touch : A magnificent writing, an excellent translation, a moving story !



Chronique : Cela faisait très longtemps que je souhaitais découvrir Alexandra Fuller, c'est avec une autobiographie que je découvre sa plume et son monde...

Depuis Les Carnets de route de François Busnel et sa rencontre avec Alexandra Fuller, je voulais lire Une vie de cow boy, je commence pourtant avec des mémoires qui ne sont pas les premières de l'auteure. On ressent d'ailleurs cette idée car certains points sont passés plus rapidement en supposant que le lecteur a déjà lu les autres livres. 

Il s'agit d'un récit touchant et cela transparait du fait de l'intimité instaurée entre l'écrivain et le lecteur : on ressent vraiment chaque sentiment, chaque instant important. Il s'agit d'un véritable partage. Pour ma part je ne suis pas forcément sensible à ce genre littéraire mais Alexandra Fuller y apporte un souffle romanesque très intéressant. J'ai adoré les passages portant sur les États-Unis et on peut facilement constater la quête identitaire de l'auteure.

Ce qui est le plus plaisant c'est l'écriture, un style extrêmement bien traduit par Anne Rabinovitch qui a su trouver les mots pour retranscrire toute l'émotion sous-jacente. Cette plume est poétique, fluide, sincère : c'est vraiment un talent rare qui nous pousse à continuer notre lecture malgré quelques petits passages moins passionnants que d'autres.

En définitive, une bonne introduction dans ma découverte de cette auteure, ma prochaine escale : Une vie de cow boy


mardi 5 janvier 2016

Ailleurs - Richard Russo



Lu en : V.F.
Traduction : Jean Esch
Résumé : Un monde ailleurs : c'était le rêve de Jean Russo, femme fière, charmante, autoritaire mais fragile, brisée dans son désir d'indépendance par de violentes crises nerveuses. À chaque étape de la vie de son fils, de son enfance à Gloversville à son mariage, elle l'a suivi comme une ombre encombrante et intouchable. À cette mère fêlée, et muse, l'écrivain offre un vibrant portrait et saisit avec lucidité le lien singulier qui unit une mère à son fils.

Je remercie les éditions 10/18 pour cette lecture !





 

French Touch : A beautiful tribute : this is the portrait of a proud and moving woman.



Chronique : Je voulais depuis longtemps découvrir Richard Russo et c'est avec Ailleurs que je fais connaissance avec lui. Quoi de mieux pour cela qu'un récit intime, un hommage sensible à l'une des femmes de sa vie : sa mère.

Je ne suis pas une adepte des mémoires normalement : que ce soit celles de l'auteur lui-même ou de l'un de ses proches; mais ici Richard Russo fait œuvre de poésie pour délivrer l'un des plus beaux messages qui soit : un message d'amour pour la femme qui l'a élevé. Ce livre est à la fois l'histoire de Jean Russo mais aussi tous les sentiments, les pensées de l'écrivain envers elle.

Ainsi on ne peut que s'attacher à cette femme du fait du regard subjectif de son fils : elle est fière et courageuse, autoritaire et sensible. Elle était le tout : une personne idolâtrée par un enfant et qui révèle ses défauts à l'adulte, à l'enfant qui grandit. C'était un être avec un grand rêve, un être omniprésent : c'est le portrait d'une mère protectrice.

Richard Russo essaye de rester le plus fidèle, il ne cache ni les défauts ni les qualités de Jean : il en fait un personnage à part entière, quelqu'un qui aura été incontournable dans sa vie et dont la présence l'a aidé à se définir en tant qu'homme. Chaque personne reconnaitra le lien immuable d'un amour inconditionnel : celui d'un parent pour son enfant.

En définitive, j'ai trouvé ce livre très touchant et j'ai hâte de lire un autre roman de Russo !

"Mais en dépit de mes dons impressionnants pour l'amnésie, elle n'a pas voulu s'effacer de ma mémoire, et j'espère que c'est parce qu'elle est authentique dans ce qu'elle a d'essentiel"