vendredi 26 octobre 2018

La Grande Tueuse - Laura Spinney

























La Grande Tueuse
Laura SPINNEY
Traducteur : Patrizia Sirignano

Comment un virus H1N1, dont la source et le nom demeurent troubles, a-t-il pu faire plus de ravages encore que la Peste noire du XIVe siècle ?
À l’heure du 100e anniversaire de la pandémie de grippe espagnole, et alors que nous sommes à nouveau confrontés à de violentes épidémies – Ebola, SIDA, ZIKA –, Laura Spinney ravive la mémoire collective de cet événement inouï et adopte une approche narrative pour le restituer dans toute sa complexité.
Elle revient aux origines de la maladie, étudie sa composition et ses particularités génétiques, reconstitue étape par étape le déroulement de la catastrophe au fil de tragédies individuelles poignantes, révèle la surprenante virulence, l’extrême étendue et la foudroyante rapidité de l’infection, et considère son impact non seulement sur les sociétés de l’époque, mais aussi sur la naissance des futures politiques de santé. Cette enquête entraîne le lecteur bien au-delà de l’Europe déchirée par la Première Guerre mondiale, des États-Unis à l’Iran, de l’Inde à l’Alaska, de la Russie à la Chine, en passant par le Brésil et l’Afrique du Sud, à mesure que sont tirés de l’oubli les témoignages de personnages, célèbres comme anonymes, confrontés à la maladie.
À l’échelle du globe, avec ses 50 à 100 millions de morts, la grippe espagnole fit plus de victimes que les deux guerres mondiales réunies, et fut sans doute la plus grande pandémie que l’humanité ait jamais connue.

Laura Spinney ,
Journaliste, scientifique et romancière, elle collabore à de nombreuses revues scientifiques. Elle a notamment publié de nombreux articles dans National Geographic, Nature, The Economist et Daily Telegraph.

(Source les Éditions Albin Michel)



Grybouille,

C’est en voyant une interview de l’auteur que j’ai eu envie de lire ce  livre. Laura Spinney était très convaincante et surtout très intéressante en développant le sujet de son livre.

1918, c’est pour le grand public la fin de la première guerre mondiale, une bouffée d’oxygène pour tous les peuples qui ont souffert pendant quatre ans.
Une guerre à l’échelle industrielle, des millions de morts, des gueules cassées, des estropiés, des veuves, des orphelins, voilà ce que nous trouvons dans les livres d’histoire.
Et puis, en encart, une épidémie de grippe appelée « grippe espagnole »…

Le livre,

Le 9 novembre 1918, Guillaume II Abdique.
En même temps Guillaume Apollinaire, l’inventaire du mouvement « Surréaliste » n’est plus. Il est un des engagés volontaires de 1914. Il s’en est sorti, blessé, trépané, mais comme des  millions d’autres il sera terrassé par la grippe espagnole à 38 ans.
Des survivants de la sauvagerie de cette guerre, ils croyaient être sauvés pour mieux être emportés par la maladie…

Traitresse jusqu’en dans son nom « espagnole », elle est mondiale et en trois étapes et quelques mois elle va être plus meurtrière que les deux guerres mondiales réunies.
Le 1er cas recensé, le 4 mars 1918 et elle va être meurtrière jusqu’en 1920, cinq cents millions d’êtres humains vont être touchés, les morts vont représentés entre 2,5% à 5% de la population totale mondiale. Depuis la peste noire, c’est le plus grand raz-de-marée que l’humanité a connu, elle est une tragédie dans la conscience collective.
Appelée en France la « maladie 11 », en Espagne « le soldat Napolitain », au Sénégal « la grippe Brésilienne », au Brésil « la grippe Allemande », en Pologne « maladie Bolchevique », au Japon « grippe Sumo » et pour les Perses une maladie qui vient des Britanniques.

On la retrouve dans certaines œuvres comme « Le Cri » par Edward Munch.
Les grands laboratoires de l’époque vont y travailler, Pasteur en France, Kosch en Allemagne. Les grands principes d’hygiènes vont en découler…
Les premiers microscopes électroniques permettent de mettre en évidence les virus, éléments vingt fois plus petits qu’’une bactérie.
Mais à travers les cultures, les religions, les pays, les géographies rencontrées, la grippe ne se propage pas de la même manière. A certains endroits, la population de certains  villages est  rayée de la carte et à d’autres endroits la pandémie peut être maitrisée. La grippe est aveugle, les pertes sévères… et aucune justice n’est à attendre de la part d’un virus.

Il faut trouver un responsable… Les déplacements de populations qui sont dus à la guerre ?

Le travail de l’auteur,

Ce livre aurait pu être un banal recueil de statistiques, une longue litanie de faits mis bout à bout et bien, non !
C’est une enquête, où la grippe est le meurtrier que l’on pourchasse à travers la planète. C’est tout l’art et le jeu subtil d’écriture de Laura Spinney.



Le développement,

Les remèdes, « Bien que ce remède ne soigne ni ne soulage quiconque, il réconforte la famille et le patient. »
 A sa poursuite, « Comment est-elle arrivée à s’étendre au reste du monde ? Les travailleurs chinois du CLC qui sont affectés sur les différents fronts ? Les camps en Europe où les soldats étaient stationnés ? Plus à l’Ouest, le Kansas au camp de Funston où le premier cas a été déclaré ? »
Le retour à la normale, « Syndrome post-viral, encéphalite léthargique, famine… »
Une « génération perdue »

Vous savez ce que le grand Karl disait « Celui qui ne connait pas son histoire… », alors c’est le moment de combler les trous de la nôtre.
Surtout lorsque Laura Spinney nous propose un livre de cette qualité, qui nous fait faire le tour du monde de ce bon vieux 20ème siècle. Un état des lieux des peuples, des pays et de leurs modes de vie, des personnes connues et d’autres moins, superbe...

@ très bientôt chers Tous,
Bonnes lectures,



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