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lundi 23 novembre 2015

Enon - Paul Harding

Lu en : V.F. (10/18)
Traduction : Pierre Demarty
Résumé : Enon, une bourgade de Nouvelle-Angleterre. Brisé par la mort accidentelle de sa fille unique, Charlie Crosby entame une longue descente aux enfers. Dans le chaos de ses souvenirs et de la drogue, une foule de fantômes l'assaillent : celui de Kate, mais aussi celui des autres morts d'Enon, couchés dans le cimetière paroissial ou Charlie erre nuit et jour, en quête de délivrance. Après les Foudroyés (prix Pulitzer 2010), Paul Harding signe un roman incandescent à l'écriture somptueuse : un chant d'amour halluciné, vibrant, féroce.


Je remercie les éditions 10/18 pour cette lecture !






French Touch : A sad and moving novel. An ode to mourning, a masterful writing and a touching character!



Chronique : Enon avait eu un bon accueil lors de la rentrée littéraire 2014, avec sa sortie poche c'est l'occasion de faire connaissance avec cet auteur américain incontournable !

Enon est une petite ville américaine qui a été le théâtre d'un drame : la mort d'une enfant, celle de Charlie, un père dévasté. Ce roman n'est pas fait pour les lecteurs en quête de rire : c'est une histoire terriblement triste, elle mélange le sentiment de perte et la descente aux enfers qui la suit. C'est l'histoire d'un père qui a tout perdu et qui se rappelle de sa fille et de tous les autres êtres ayant quitté sa vie.

Paul Harding a une écriture redoutable, elle incise le réel : c'est une ode aux sentiments du deuil, du regret, et du monde qui continue encore et malgré tout de tourner. La première partie est tellement  belle : on ressent la musique des mots, on est touché par ce protagoniste, on essaye de lui tendre la main pour qu'il se relève mais sans grand succès.

La deuxième partie du roman est un peu plus difficile à appréhender : c'est celle du chaos et de la drogue. Le lecteur aura du mal parfois à suivre les pensées de Charlie qui sombre petit à petit dans une forme de folie et s'abandonne aux substances et à la mélancolie... Cela n'en reste pas moins réaliste et la fin est vraiment émouvante.

En définitive,  un roman émouvant dont la première partie est plus réussie que la seconde.


dimanche 13 septembre 2015

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt



Lu en : V.F. (Livre de poche)
Résumé : Antoine, la quarantaine, est expert en assurances. Depuis longtemps, trop longtemps, il estime, indemnise la vie des autres. Une nuit, il s'intéresse à la sienne, se demande ce qu’elle vaut vraiment. Par une introspection sans concession, il nous entraîne alors au cœur de notre propre humanité, lui qui ne s’est jamais remis de son enfance, ballotté entre faux bonheurs et réelles tragédies.
Orchestré en trois mouvements, du nord de la France à la côte ouest du Mexique, On ne voyait que le bonheur explore aussi le pays de l'adolescence. Et montre que le pardon et la rédemption restent possibles en dépit de tout.

Je remercie les éditions Le Livre de poche ainsi que Madame Garnier pour cette lecture !





French Touch : A moving novel with engaging characters! I liked this narrative and this writing!


Chronique : Je voulais depuis longtemps découvrir la plume de Grégoire Delacourt et c'est maintenant chose faite grâce au Livre de Poche !
 
On ne voyait que le bonheur est un roman profondément humain, contant le moment où nous en arrivons tous à faire un bilan de notre vie : les regrets, les moments de bonheur, les succès et les échecs. Additionnons le tout et nous verrons si notre vie vaut quelque chose selon certains critères controversés... Antoine lui a l'habitude d'évaluer les vies, il est expert en assurances et peut vous dire combien vous valez (plutôt mort que vif ?). C'est ainsi qu'il est amené à faire un jour le même calcul pour lui...

Ce roman est vraiment touchant (un peu exaspérant pour la pointe dramatique exacerbée mais on aime cela de temps en temps : cela nous rappelle que notre propre vie n'est pas si mal que ça au final) du fait de ce personnage qui va ainsi faire un constat : son père était un coureur qui maintenant est en train de mourir d'un cancer, sa mère était terriblement malheureuse du fait de tragédies familiales et d'un mari volage, sa propre femme qu'il croyait être le grand amour le trompe et il se demande s'il ne réitère pas un mauvais schéma/exemple auprès de ses enfants. Bilan amer donc mais est-il possible d'aller de l'avant ?

C'est avec une écriture suave et agréable; trois parties originales et uniques et des protagonistes émouvants que Grégoire Delacourt écrit une histoire convaincante qui amènera sûrement les larmes à quelques lecteurs. J'ai vraiment aimé cette première expérience en sa compagnie et je la réitèrerai avec plaisir !

En définitive, un bon livre qui reflète les nombreuses questions inhérentes à l'existence...

Viva - Patrick Deville



Lu en : V.F. (Points)
Résumé : D'un côté, le révolutionnaire, l'exilé, le condamné, Léon Trotsky. De l'autre, l’égoïste, l’alcoolique, le désespéré, Malcolm Lowry. Au centre, le bouillonnant Mexique des années 1930, terre d’asile de nombreux artistes en quête d’inspiration et d'un peu de répit dans l'entre-deux-guerres. Mais quand on est pourchassé par Staline, ou par le génie littéraire, le répit est une chimère de peyotl.

Je remercie les éditions Points ainsi que Madame Elia pour cette lecture !









French Touch : An interesting but complex novel. There is a great deal of information and we can easily get lost between pages... An ambitious project which deserved of the pedagogy



Chronique : L'autre rentrée littéraire débarque sur le blog avec Viva, un roman fascinant et complexe sur deux grandes figures d'une époque révolue ! 

Lauréat du prix Transfuge Meilleur Roman français de la rentrée 2014, Viva mérite qu'on s'y intéresse du fait de sa qualité littéraire indéniable et des anecdotes originales livrées par Patrick Deville. Vous allez découvrir deux personnages historiques à la carrure et charisme antithétiques : d'une part Trotsky, un être savant, érudit, grand adversaire de Staline; de l'autre Malcolm Lowry : un alcoolique agressif, un -a priori- raté égocentrique.

Le lecteur va ainsi faire connaissance avec deux personnalités, deux destins. Il est indéniable que Patrick Deville est érudit : son roman bouillonne de connaissances. On peut voir citer dix noms différents sur une même page, apprendre deux choses qui n'ont rien à voir en une seule phrase, en apprendre plus avec moins de 300 pages de fiction de cet auteur qu'avec un essai théorique de  1000 pages. C'est impressionnant mais aussi à double tranchant...

En effet j'ai vraiment trouvé ce livre bon mais j'avais l'impression que l'auteur se basait sur le fait qu'on en savait tous autant que lui, on pouvait se perdre aisément dans les nombreux protagonistes, les enjeux divergents, c'est un livre d'une grande ambition qui aurait mérité une plus grande pédagogie à mes yeux. Le fait de rassembler deux hommes qui ne se sont jamais rencontrés dans un livre aussi court peu amener à des moments d'incompréhension ou d'incohérence.

En définitive, une lecture très intéressante, passionnante si on ne se perd pas entre les lignes...


lundi 29 décembre 2014

Canada - Richard Ford


Un grand merci aux éditions Points ainsi qu'à Monsieur Lambert pour cette belle lecture

Richard Ford a reconnu : « je n'ai jamais rêvé de devenir écrivain. Écrire n'est pas toute ma vie. Je peux arrêter demain sans problème », insistant sur sa passion pour la pêche, la chasse ou l'envie d'écrire des articles pour la presse. Concernant son style littéraire, il déclare : « J'ai dit, il y a longtemps, qu'à mes yeux écrire sur les choses les plus sombres était un acte d'optimisme. Je le pense toujours. Et puis j'aimerais qu'on reconnaisse que je sais imaginer autre chose que des histoires sombres. Dans mes livres, il est essentiellement question de rédemption, de résilience ».



Résumé : Canada de Richard Ford, éditions POINTS.

Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque. Pour échapper à l’orphelinat, il fuit au Canada. Dans la région sauvage du Saskatchewan, il se réfugie chez Arthur Remlinger, charismatique et mystérieux propriétaire d’un hôtel, qui le prend à son service. Au milieu d’hommes pour qui seule compte la force brutale, Dell enterre son innocence et part à la recherche de son nouveau destin.

(Sources Babelio et Wikipédia)

Gribouillis de Grybouille :

Dans les traces des grands auteurs Américains, aujourd’hui je vous invite à découvrir Mr Richard Ford. Si on additionne le fait qu’il se dit légèrement dyslexique et qu’il n’a jamais rêvé de devenir écrivain beaucoup d’entre nous doivent être au bord d’une grave dépression...
Mais il surenchérit le bougre : «…écrire des choses sombres est un acte d’optimisme… » Donc, merci à lui, il y a de l’espoir, courage nous autres !
En conclusion, si vous ne lisez pas ce livre ce ne sera pas à cause du style et des qualités rédactionnelles de l’auteur car nous sommes sur du haut niveau.

Votre lecture passera par trois temps forts:

·         Première partie : L’état des lieux avant, pendant et après les faits qui vont marquer cette famille qui menaçait déjà d’imploser
·         Deuxième partie : La vie de Dell adolescent en dehors du cercle familial, qui se cherche des repères
·         Troisième partie : Conclusion, la leçon de vie à l’âge adulte

Ce roman, vous l’avez compris, c’est une histoire à l’échelle d’une vie, à défaut d’un « road trip » ce sera un « life trip ». Bon, çà c’est fait, attaquons sérieusement la chronique.

Dell Parsons, 15 ans, est issu d’une famille dont le père Bev Parsons, né en Alabama, est un ancien pilote de bombardier ayant fait la seconde guerre mondiale.
En fin de carrière, il amorce une reconversion, ses armes pour réussir : Il est jovial et bel homme. Malheureusement, il passe de plans foireux en plans bancals.
A l’opposé sa mère Neeva, née Kamper, originaire d’une famille juive polonaise est professeur de math. C’est une femme minuscule, binoclarde qui refuse de s’intégrer sur les bases où est affecté son mari.
Dell a une sœur jumelle Berner qui ne lui ressemble pas mais avec qui il est très lié.
A Great Falls, là où s’est implantée la famille rien ne va plus.
Bev est tombé sur un os, voulant mettre en place la revente de viande volée il doit rembourser un de ses partenaires d’une somme que la famille ne possède pas… Silence, tension et colère, rien ne va plus à la maison !
Un projet nait, faire un « hold up » dans une banque pour rembourser.
Neeva se trouve entrainée, elle que les enfants croyaient la plus forte, la plus raisonnable jusque là, est faible et perd pied.
4 minutes passées l’arme au poing dans une banque et c’est toute une vie qui bascule. Ces « Bonnie and Clyde » d’un jour propulsent leurs enfants dans l’inconnu car 2 jours plus tard la police débarque au domicile des Parsons.
L’inévitable semblant se rapprocher, Neeva avait donné des consignes à sa seule amie Mildred Remlinger pour prendre en charge les adolescents et ainsi leur éviter l’orphelinat.
Entre temps, Berner qui a perdu toutes illusions sur les parents, quitte la maison abandonnant Dell.
« La vie va changer à jamais » ; « A présent vas-y…C’est une aventure qui commence. N’aie pas peur. Tu t’en sortiras » lui dit Mildred avant de le laisser à sa destination, Le Canada !

L’espoir qui va vous suivre pour la suite de votre lecture réside dans la force de Dell à appréhender son univers et à prendre conscience dès le début qu’assurer son avenir passe par les études.

Car trahi par ses parents, abandonné par sa sœur et instrumentalisé par un adulte légèrement timbré, Dell se raccroche aux bons conseils : Pratiquer la générosité, savoir durer, savoir accepter, se défausser, laisser le monde venir à soi- De tout ce bois en faire le feu de sa vie.

Mr Richard Ford m’a donné un grand moment de lecture à travers son beau roman et je me souviendrai toujours de « Lorsque les gens ne sont pas à leurs places des accidents surviennent et le monde avance et recule en vertu de ce principe ».

Grybouillistiquement vôtre,

Ah, oui, juste une petite chose, il est passé où l’argent du braquage ? Non mais dites donc, l’auteur l’a gardé pour lui ou quoi ?
Et puis avec tous ces bons livres des éditions partenaires je n’ai pas encore eu le temps de lire les livres que j’ai reçu pour mon anniversaire.. . Pauv’Grybouille.