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dimanche 17 janvier 2016

Délivrances - Toni Morrison

Lu en : V.F.
Traduction : Christine Laferrière
Résumé : Dans son onzième roman, qui se déroule à l'époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.

Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge - à autrui ou à elle-même - et du fardeau de l'humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l'avenir avec sérénité.


Je remercie Price Minister pour cette lecture !




http://www.priceminister.com/



French Touch : A very good novel, I love Toni Morrison's writing and this amazing translation !


Chronique : Je participe à nouveau pour les matchs de la rentrée littéraire, une excellente idée de Price Minister. Mais voilà il est demandé de faire preuve d'originalité et pour une fois : je sèche. Ecrire une lettre, faire un poème, chanter ma chronique ? Au lieu de cela je décide de faire parler mon cœur, de vous conseiller ardemment la lecture de ce livre. Après tout c'est le plus important : donner envie, partager sa passion :)

Toni Morrison est un des grands monuments de la littérature américaine contemporaine, j'ai adoré certains de ses livres, j'ai été sceptique sur d'autres. Délivrances fait partie de ses romans les plus convaincants, merveilleusement traduit par Christine Laferrière qui nous transmet les mots de l'auteur en respectant son univers. 

L'auteure touche encore une fois à sa thématique préférée, à son combat personnel, à son histoire et son passé : la question de l'identité et du regard des autres, la couleur de peau, la tolérance, le racisme et les préjugés. Ce livre est à la fois un roman d'apprentissage, un conte philosophique, une étude sociale. Il y a une morale mais l'auteure ne juge jamais son personnage : elle raconte de façon poétique cette vie entre réalisme et magie.

On fait la connaissance de Bride, une femme magnifique qui a tout réussi et qui va faire l'objet d'un revers de fortune suite au départ de son compagnon. Un message laissé derrière soi va la faire douter d'elle : elle n'est pas la femme qu'il voulait. Que lui manquait-il, elle qui avait tout : le physique, le succès... 

En définitive, une très bonne lecture qui montre encore une fois tout le talent de ce prix Nobel de la littérature ! 



dimanche 3 janvier 2016

L'Infinie Comédie - David Foster Wallace

Lu en : V.F.
Traduction : Francis Kerline
Résumé : L’Amérique, dans un futur proche.
Les U.S.A., le Canada et le Mexique ont formé une fédération surpuissante, et la Société du Spectacle a gagné : les habitants ne vivent plus qu’à travers la télévision, les médicaments, l’ultra-consommation et le culte de l’excellence. Parmi eux, la famille Incandenza, avec les parents James et Avril et leurs trois fils – dont Hal, un tennisman surdoué promis à un brillant avenir. Mais de dangereux séparatistes québécois, en lutte
contre la fédération, traquent cette famille singulière pour mettre la main sur une arme redoutable : L’Infinie Comédie, une vidéo réalisée par James Incandenza, qui suscite chez ceux qui la regardent une addiction mortelle…


Je remercie les éditions de l'Olivier pour cette lecture !





French Touch : A must-read ! This is a very original and complex novel, I'm very impressed by the translation !



Chronique : Voici une des sorties que j'attendais le plus, un challenge pour les éditions de l'Olivier : publier un classique américain de plus de 1300 pages et trouver un traducteur à la hauteur du défi ! Pari réussi !

Tout d'abord il faut souligner l'incroyable travail qu'il y a derrière cette sortie : cela fait des années que l'on attendait une traduction française de ce titre extrêmement connu Outre-Atlantique et c'est maintenant chose faite. Un grand bravo à Francis Kerline : cette traduction est une belle prouesse! J'ai trouvé le style de l'auteur respecté et on ressentait vraiment la complexité qui se cache derrière chaque formulation utilisée.

En dehors de cet aspect, L'Infinie Comédie est un roman dense, long, il n'est pas fait pour tout le monde. Il faut déjà aimer le côté très atypique de l'histoire et de l'univers de David Foster Wallace, il faut ensuite apprécier les romans imposants -et réussir à le transporter- mais cela vaut la peine ! D'une part parce que c'est un incontournable pour tous les amoureux de la littérature américaine, parce qu'on a de quoi être fier de tourner la dernière page (il faut se l'avouer) et d'autre part parce que ce livre regorge d'originalité !

Ce roman est une dystopie hors du commun, une suite de portraits de protagonistes étranges, une flopée de dialogues complexes et de descriptions extrêmement précises. Il y a bien sûr des passages assez longs mais toute la morale sous-jacente est extrêmement intéressante.

En définitive, c'est un roman complexe à lire mais il s'agit surtout d'un incontournable du genre ! 



mardi 10 novembre 2015

& Fils - David Gilbert

Lu en : V.F.
Traduction : Clément Baude
Résumé : C’est à l’enterrement de son meilleur ami qu’Andrew N. Dyer est soudain saisi par l’imminence fatale de sa propre mort. Aussi le grand romancier culte, semi-reclus au prestige intact, décide-t-il de réunir ses deux fils adultes et éloignés pour leur confier solennellement leur plus jeune (demi) frère, garçon fantasque aux origines troubles auquel il voue une dévotion plus trouble encore. Racontée depuis la lisière des choses par Philip Topping, le fils du mort jamais aussi complètement adopté par les Dyer qu’il l’aurait espéré, cette histoire de famille potentiellement atomique explore avec un humour féroce et une liberté radicale les ramifications de l’amitié et de la transmission, les enjeux littéraires de la vérité, et notre insatiable besoin d’éternité. Autour de ce vieil écrivain qui tente de renouer les liens brisés avec ses fils, David Gilbert déploie un grand roman familial furieusement new-yorkais qui interroge l’élasticité du réel, l’endurance des faibles et la ténacité des rêves. Avec ce magistral & Fils, il signe un classique instantané


Je remercie les éditions Actes Sud pour cette lecture !


French Touch : An ambitious, complex and fascinating novel! The characters are moving, the story is interesting and the writing is very beautiful.



Chronique : &Fils faisait partie des romans incontournables à mes yeux pour cette rentrée littéraire ! Actes Sud sait toujours très bien choisir ses sorties étrangères et ce livre ne fait pas exception.

C'est un roman pour les amoureux de la littérature américaine : c'est un livre complexe, un projet littéraire ambitieux tant dans l'histoire que dans l'écriture. J'en profite pour saluer la très bonne traduction de Clément Baude pour ce roman ! Ce livre parle de nombreux sujets : amour, famille, adolescence, doute, peur, joies et peines, fiction et réalité. Ce livre contient de nombreux personnages : père et fils, personnages secondaires qui se croisent et défilent.

Ainsi ce livre est dédié aux lecteurs opiniâtres, à ceux qui aiment les défis d'écriture mais aussi de lecture : il faut passer au-delà du style très recherché et de l'abondance d'informations pour apprécier réellement ce livre; mais lorsqu'on arrive  à passer ses épreuves : on se régale ! C'est l'histoire d'un père, un grand romancier qui décide de se consacrer enfin à sa famille suite à la révélation de son mort à venir. Même les plus grands ne peuvent échapper à la Faucheuse !

Vous allez ainsi découvrir sous le regard acerbe et subjectif du narrateur (Philip), des personnages qui n'auront pas réussi à se faire une belle place sous le soleil : un drogué par ci, un raté par là. David Gilbert cherche à donner une consonance intimiste à un livre qui est bien plus qu'une simple histoire familiale : c'est un portrait de la désacralisation de la cellule familiale, de la perte de valeurs aux USA, de la chute des rêves...

En définitive, une lecture complexe mais aussi très riche : un roman d'une grande ambition et d'une profonde humanité ! 



dimanche 8 novembre 2015

Nous, Louis, Roi - Eve de Castro

Résumé : 20 août 1715. Devant le bassin de Latone, dans le fauteuil à roues qu’il ne quitte plus, Louis XIV jette de la brioche à ses carpes. Ces poissons dorés sont immortels, l’émissaire du Japon le lui a juré. Pour la première fois, il songe qu’ils lui survivront.  Depuis le début du mois, il a effroyablement maigri, et malgré la chaleur, il grelotte. L’enflure de son pied gauche a gagné le mollet, les élancements le taraudent. Les médecins ont diagnostiqué une sciatique, ils ne parlent pas de gangrène, mais au fond de lui, Louis sait. Le compte à rebours a commencé. Il lui reste dix-sept jours. Dix-sept jours pour faire le bilan. Solder les comptes. Avec les hommes. Avec Dieu.
 
Chronique de : Scarlett

Merci aux éditions de L'Iconoclaste ainsi qu'à Madame Siourd pour cette lecture !


Chronique : « Et moi ? Moi je flotte dans le silence et les douleurs. Je flotte et tâche à brider mes pensées qui battent la campagne, je flotte sur les plaines inondées quand les Flamands pour arrêter mes armées ont ouvert leurs écluses, je flotte sur les marécages de Versailles où les terrassiers pataugeaient dans la boue et les fièvres. Je dois monter des digues contre la crue qui me met les larmes aux yeux ».


Après l’excellent Animarex ou l’on côtoyait la naissance de l’astre que fut le roi soleil, là on se glisse doucement dans la chambre du roi au crépuscule de sa vie.

On découvre un homme qui a tenu le destin d’un peuple et d’un pays pendant des décennies avec une volonté d’acier, avec une idée de sa position de roi très profonde, prioritaire sur tout le reste et qui conditionnera tant ses actes d’homme que de politique.

Durant les dernières journées de sa vie on suit ses réflexions, ses »flash back » et le lecteur prend conscience de l’extraordinaire discipline que s’imposait le monarque. On découvre aussi ses regrets parfois devant des décisions antérieures, le choix qu’il avait très souvent de guerroyer pour étendre son pouvoir et son aura de roi soleil. Louis a du effacer l’homme au profit du monarque et cela demandait une discipline incroyable sur ses sentiments ; «  Je suis rentré en religion d’état ».
J’ai croisé au fil de ma lecture les femmes d’Apollon si importantes, les Maintenon, Montespan, la Reine, La Vallière et puis bien sur Marie, Marie Mancini son premier et grand amour. J’apprends l’attachement qui le liait à son musicien Lully, à son merveilleux jardinier Le Nôtre.
Le récit d’Eve de Castro est velouté, poétique et exprime parfaitement ce que furent certainement les réflexions de fin de vie de cet illustre roi. 

C’est un roman doux du soir d’un grand homme. L’ouverture de ce roman nous fait découvrir un Louis rétif à l’idée de sa maladie et surtout à l’idée de devoir laisser la gouvernance à son trop jeune arrière petit-fils et puis au fil de notre lecture on perçoit le lâcher prise de Louis XIV et l’acceptation de l’inexorable . Au-delà de ses immenses souffrances qu’il tait devant sa cour et ses médecins avec un flegme royal impressionnant, il fait comme beaucoup d’autres surement un « état des lieux » de sa vie, de son règne. C’est émouvant, attachant.
Merci Madame  de Castro pour ce beau moment passé avec Louis 14e du nom.

« Les rayons du jour neuf joueront sur les ors de  ma cour, ils seront musique et danse. Je danserai avec eux. Je passerai par-dessus mes toits qui seront comme des vagues. Au loin, l’eau de mon canal sera lumière rosée. Dieu fait toute chose belle au moment venu, dit la voix. Quant mon moment viendra, j’ouvrirai grand mes yeux ».



lundi 2 novembre 2015

Une autre idée du silence - Robyn Cadwallader



Lu en : V.F.
Traduction : Perrine Chambon & Arnaud Baignot
Résumé : Angleterre, 1255. À seulement dix-sept ans, Sarah décide de devenir anachorète. Dévouée à Dieu, elle vivra recluse dans une petite cellule mesurant neuf pas sur sept à côté de l’église du village. Fuyant le deuil de sa sœur adorée, morte en couches, et la pression d’un mariage imposé, elle choisit de renoncer au monde – à ses dangers, ses désirs et ses tentations – pour se tourner vers une vie de prière. Mais petit à petit elle comprend que les murs épais de sa cellule ne pourront la protéger du monde extérieur.

Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture !





French Touch : The main character is incredible, fascinating and amazing ! An ode in the delicacy, the freedom and the femininity!


Chronique : Une autre idée du silence est une ode à la délicatesse littéraire, à la féminité et aux caractères indomptables.

Lorsque j'ai commencé cette lecture, je venais de terminer celle du dernier roman de Carole Martinez et j'ai trouvé le clin d'œil du lien entre ces deux romans assez amusant. Pour ce livre, l'auteure signe une histoire réellement émouvante sur un passé lointain et qui au travers des réflexions de son personnage va permettre une résonance avec notre époque. 

En effet la force de ce livre est sa capacité à -d'une part- nous plonger dans un roman historique dépeignant une période fascinante, nous faire oublier notre quotidien et -d'autre part- réussir à forger un pont avec la vie d'une femme au XXIème. La volonté de liberté et d'égalité reste la même : il faut se battre pour ses idées et pour assouvir cette soif.

Sarah est une jeune femme qui ne pourra laisser personne indifférent : son caractère est vraiment unique et on ne peut que saluer son courage et sa force de persuasion. J'ai trouvé cela étrange, contradictoire de voir une adolescente souhaitant être libre décider de s'enfermer pour prier; mais en réalité on comprend réellement cette finalité au fur et à mesure de cette belle aventure.

Il faut savoir que ce livre combine deux points que j'adore : l'Histoire et le portrait d'une femme rebelle. C'est donc un livre que je recommande chaudement !

En définitive, un régal pour tous les amoureux de l'Histoire et des personnages inoubliables !