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mardi 11 décembre 2018

Les Escales à l'honneur !


Les Escales à l'honneur !


Les Chants du large - Emma Hooper


Traduction : Carole Hanna
Résumé : Du haut de ses onze ans, à travers le brouillard, le vent et la pluie, Finn compte les bateaux de pêche, de moins en moins nombreux à Big Running, son village natal situé sur une île du fin fond du Canada. Il n’y a plus de poissons à pêcher, donc plus de travail. Peu à peu, les maisons se vident et les habitants quittent l’île.
Le jour où ses parents se retrouvent obligés de travailler un mois sur deux, chacun leur tour, dans l’Alberta, Finn est inquiet. Sa vie, telle qu’il l’a toujours connue, risque d’être à jamais bouleversée. Alors quand sa soeur elle-même, après avoir repeint toutes les maisons abandonnées de l’île aux couleurs de différents pays, finit par partir, il décide que c’en est trop. Avec les caribous, le lichen et le vent comme seuls compagnons, il échafaude un plan fabuleux pour sauver à la fois sa famille et son île.





Chronique : Après Etta et Otto (que j'avais adoré), voici le retour d'Emma Hooper avec Les Chants du large !

Une chose est indéniable : Emma Hooper a un style unique. Un style bref, concis, qui frappe juste et fort. Ici pas de descriptions à outrance, pas de réflexions philosophiques interminables, Emma Hooper va droit au cœur de son lecteur. C'est une écriture qui ne peut laisser indifférent, qui ne peut qu'intriguer, perturber ou plaire.

Au-delà de sa plume originale, Emma Hooper insuffle de magnifiques émotions dans son livre, c'est à la fois beau, poétique, humain, sincère, efficace. Une parcelle de vie dans chaque mot choisi.
Il y a une âme dans ce livre, Emma Hooper sait dépeindre avec brio une atmosphère, elle sait mettre en lumière les personnages, les paysages. On se laisse guider dans ce village, on s'imprègne des odeurs, des sons et du cadre spatial. On s'immerge dans l'univers de cette romancière.

C'est un roman qui se vit. Un roman qui mêle la prose et l'art de la poésie, un roman qui mêle l'humain à la nature, les émotions à la contemplation.

En définitive, j'ai beaucoup aimé cette lecture, je suis définitivement une adepte de cette grande écrivaine qu'est Emma Hooper.
















La Mère parfaite - Aimee Molloy


Traduction : Emmanuelle Aronson
Résumé : Nell, Francie et Colette font partie d'un groupe de jeunes mères de Brooklyn qui ont fait connaissance pendant leur grossesse. Le soir du 4 Juillet, pour échapper quelques heures à leur quotidien, elles décident d'organiser une virée dans un bar : un répit bienvenu en ce premier mois d'été caniculaire. Elles parviennent même à convaincre Winnie, la mère célibataire du groupe, de confier son nouveau-né à une baby-sitter. Mais lorsque Winnie rentre chez elle et découvre que son fils a disparu, la soirée tourne au drame.
Dans un Brooklyn étouffant, alors que l’enquête piétine et que la police accumule les erreurs, Nell, Francie et Colette se lancent dans une course effrénée pour retrouver l'enfant.
Jusqu'à ce que les médias s'emparent de l'affaire et fassent de leurs vies, en apparence si parfaites, le centre de toutes les attentions...







Chronique : Annoncé comme un très grand thriller, j'avais hâte de me plonger dans La Mère parfaite !

J'ai lu beaucoup de thrillers domestiques, si je pense que la reine du genre est Barbara Abel, je me régale à l'idée de faire de nouvelles découvertes dans ce genre. Ici rien de véritablement nouveau sous le soleil : une disparition d'enfant. Ce n'est peut-être pas original mais cela reste efficace pour nous plonger immédiatement au cœur de l'enquête.

Le fait que le point de vue, le schéma narratif se concentre sur les mères apporte des avantages et des inconvénients. Des avantages parce que cela amène à suivre le quotidien de ces femmes, cela aide à appréhender leur personnalité. Des inconvénients car cela empêche le rythme de prendre place, l'ensemble est assez lent à lire.

La Mère Parfaite n'est pas le thriller de l'année pour moi, c'est un thriller qui se lit de façon efficiente mais qui manque d'un petit plus : ce n'est pas le page turner attendu, les personnages manquent de charisme, ils ne sont pas assez approfondis. 

C'est une lecture qui a su me plaire car il a des atouts, parce qu'on sent le fort potentiel, le talent qui transparait. C'est un roman très intéressant et qui signe des débuts très prometteurs pour Aimee Molloy.

En définitive, je lirai avec plaisir le prochain roman de cette romancière même si je n'ai pas eu le coup de coeur pour ce premier roman.





jeudi 6 décembre 2018

Métailié à l'honneur !


Métailié à l'honneur !


Le bruit du dégel - John Burnside


Traduction : Catherine Richard-Mas
Résumé : Kate, étudiante à la dérive, fait des « enquêtes » cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce. Au cours d’une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats. Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire.
Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.









Chronique : J'aime beaucoup l'oeuvre de John Burnside, l'un des plus grands écrivains écossais de notre temps. Avec cette couverture magnifique, je trouve que c'est un roman idéal à lire cet hiver avec un plaid, une bonne tasse de thé (ou de chocolat chaud) en mode "cocooning".

La plume de John Burnside est à la fois d'une puissante fluidité et d'une profonde intimité, c'est à la fois de la poésie moderne et une prose qui nous captive.

Le bruit du dégel c'est l'histoire d'une rencontre. Cette rencontre qui change une vie, qui permet de faire le grand choix, de ne pas dévier, de se retrouver, une rencontre qui nous mène vers le haut, qui nous entraîne vers le meilleur de nous-mêmes, qui nous percute et nous bouleverse.

Le bruit du dégel c'est l'histoire d'une vie. Une vie riche, complexe, émouvante. La vie de Jean, une vie qui rencontre la grande Histoire, une vie où l'amour, la guerre, les espoirs et désillusions sont omniprésents, une vie qui suscite la fascination et qui va impacter sur la vie de la jeune Kate.

Le bruit du dégel c'est une lecture d'une grande douceur, d'une tendresse infinie. Une lecture entre le passé et le présent, entre le quotidien et l'Histoire, entre deux êtres dont les routes existentielles se croisent.

En définitive, Le bruit du dégel est un très beau roman qui confirme encore une fois que John Burnside est un grand romancier.













Moronga - Horacio Castellanos Moya


Traduction : René Solis
Résumé :

José Zeledón, ex-guérillero aux réflexes encore bien rodés, débarque à Merlow City, ennuyeuse ville-campus du Wisconsin. Guerrier désœuvré devenu chauffeur de bus scolaire, il tente de réprimer ses instincts d’homme d’action.
Erasmo Aragón, professeur d’espagnol paranoïaque et aigri, obsédé par les shorts trop courts de ses jeunes étudiantes, part à Washington pour consulter les archives de la CIA et tenter de résoudre l’énigme de l’assassinat du grand poète salvadorien Roque Dalton.
Ces deux survivants hantés par la guerre, inadaptés, solitaires, se désintègrent à petit feu dans un pays puritain obsédé par la surveillance perpétuelle et les armes, auquel ils ne comprennent rien.







Chronique : Je ne lis pas beaucoup de littérature latino-américaine (je suis trop focalisée sur la littérature nord-américaine je le sais bien...) mais grâce aux éditions Métailié je rattrape un peu mon retard!

Il y a José Zeledon et Erasmo Aragon, l'un est un ex-guérillo qui doit affronter l'ennui et la monotonie d'une petite ville américaine, l'autre est un professeur obsédé par le sexe. 

Deux êtres obsédés par des pulsions : des pulsions d'action, des pulsions physiques, des pulsions qui dirigent leur vie. Des fantômes du passé, des obsessions du présent qui viennent les hanter constamment.

Moronga est un roman qui mêle le portrait à vif des États-Unis à un style addictif. Horacio Castellanos Moya possède un humour, un univers, une écriture qui lui sont propres. Avec Moronga il signe un roman violent, puissant, unique. Un page turner terriblement efficace !
 
En définitive, Moronga est un roman d'action, un roman social, un roman qui dépeint un pays, une époque, un roman d'une grande modernité et qui met en lumière de nombreuses controverses contemporaines.


mercredi 5 décembre 2018

Zulma à l'honneur !


Zulma à l'honneur !


Mais leurs yeux dardaient sur Dieu - Zora Neale Hurston



Traduction : Sika Fakambi
Résumé :
Eatonville, Floride. Janie Mae Crawford est de retour. Il lui aura fallu trois existences et trois mariages – avec le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, avec le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, avec Tea Cake enfin, promesse d’égalité dans un élan d’amour – pour toucher l’horizon de son rêve d’émancipation et de liberté. Fierté intacte, elle revient et se raconte, seigneur des mots et des moindres choses…
Portrait d’une femme entière animée par la force de son innocence, esprit libre bravant la rumeur du monde, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un monument de la littérature américaine, aussi percutant aujourd’hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. C’est un roman culte. Et c’est un immense chef-d’œuvre.







Chronique : Un livre nord-américain salué par Toni Morrison en personne ? Il n'en fallait pas plus pour me convaincre de lire ce roman !

Je tiens à remercier les éditions Zulma car ce livre est une très belle découverte, un titre qui date de 1937 ! Heureusement les éditions Zulma ont permis de remettre en lumière cette romancière saluée par les plus grands et dont le livre est qualifié par Oprah Winfrey comme "le plus beau roman d'amour de tous les temps".

Pour moi ce livre est avant tout l'histoire d'une femme. C'est une magnifique histoire de liberté, de féminisme, de volonté, de courage, de quête de soi et d'émancipation.

Janie Mae Crawford fait partie de ces héroïnes inoubliables de la littérature, celles qui nous donnent des ailes et la force de continuer, de s'affirmer, de se battre. C'est une héroïne tout simplement inoubliable. 

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un grand roman, un roman qui frappe encore par son actualité, qui résonne en nous.

En définitive, voici une lecture incontournable pour tous les amoureux de littérature nord-américaine, dans la lignée de l'œuvre de Toni Morrison !















La Somme de nos folies - Shih-Li Kow


Traduction : Frédéric Grellier
Résumé :
Il arrive rarement qu’un déluge fasse de l’ombre à une éclipse solaire. Il n’empêche, cette année-là, par un curieux concours de circonstances, Beevi, vieille dame fantasque, volontiers revêche, terriblement attachante, hérite d’une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son orphelinat. Aidée de Mary Anne et de l’extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse – quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire – en bed & breakfast pour touristes égarés…
Le tout livré en alternance et avec force commentaires par la facétieuse Mary Anne et par Auyong, l’ami fidèle, vieux directeur de la conserverie de litchis, qui coulerait des jours paisibles s’il ne devenait l’instigateur héroïque d’une gay pride locale.







Chronique :  La Somme de nos folies est sûrement le roman le plus dépaysant que j'ai pu lire pour cette rentrée littéraire, un roman qui m'a permis de sortir de mes habitudes de lecture !

Je suis une adepte des grands espaces américains, me voici à présent à Kuala Lumpur. C'est toujours un plaisir pour moi de faire de nouvelles découvertes, de sortir des sentiers battus, d'aller voir ailleurs, la littérature est tellement riche qu'il ne faut pas hésiter à se laisser surprendre.

Ce qui est aussi très plaisant c'est le fait de découvrir un auteur à ses débuts. La Somme de nos folies est un premier roman qui signe les débuts prometteurs et talentueux de Shih-Li Kow !

C'est un roman qui a une âme, qui laisse transparaître une atmosphère qui lui est propre, qui nous permet de découvrir une culture, des mœurs, une ambiance. C'est un petit trésor de littérature à partager autour de soi.

En définitive, un très bon premier roman que je recommande !


mercredi 7 novembre 2018

Le Paradis blanc - Kristin Hannah

Lu en  : VO et VF.
Traduction: Matthieu Farcot
Résumé : Quand Ernt rentre du Vietnam, son fils Leni, dix ans, ne le reconnaît pas. Poursuivi par de terribles cauchemars, Ernt se montre violent envers sa femme Cora. Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue une masure en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux…













Chronique : C'est avec Le Paradis blanc que je découvre la plume de Kristin Hannah, j'ai eu le plaisir de lire ce roman en version originale et version française : un magnifique roman qui mérite amplement son succès !

A contrario de son titre et de sa couverture, Le Paradis Blanc est un roman dur, sombre. Un roman émouvant, terrible et profondément humain. 

Kristin Hannah nous raconte l'histoire d'une famille, une famille qui espérait un nouveau départ, faire table rase de la violence et du passé en Alaska. 

Alors que le paysage est magnifique, alors que la pureté du blanc semble omniprésente, les recoins sombres de l'âme humaine sont décortiqués et mis à nu sous la plume de Kristin Hannah. Ayant lu ce livre en anglais et français, je tiens à saluer la qualité de la traduction de Matthieu Farcot qui met en lumière la beauté du style de cette romancière.

Le Paradis blanc est un des grands romans de cette année, un roman fort, violent, puissant. Un roman sur les séquelles de la guerre, sur l'intimité familiale, sur les espoirs, sur la solidarité, sur la complexité de chaque être. C'est un roman qui frappe et qui reste ancré en nous.

En définitive, un sublime roman dont on ne peut ressortir indemne !